‹ La douleur du mal de PottChapitre 12 sur 34 · IV. — Les Douleurs des Membres · texte numérisé non relu

IV. — Les Douleurs des Membres

Six malades nous ont semblé présenté des douleurs radiculofeniculaires authentiques :

Obs. L 10 Pott L 2 - L 8 Topoalgie L 2 - L 8.

Obs. L 15 Pott D 11 - D 12 Topoalgie L 5 - S 1 - 2 - 8.

Obs. L 5 Poti L1-L2? Topoalgie L 1 - L2 - L 8.

Obs. L 19 Pott L 4 - L 5 Topoalgie S 2 - S 3.

Obs. L 12 Pott L 2 - L 3 - L 4 Pathologie L 2 - LS.

CD Re PO L SES 1% Topoalete. L 5: 5.4;

Un malade avait une paraplégie : Obs. L 15 Pott D 11-D 12.

Nous avons appliqué dans l'étude et la définition de ces algies les données classiques. Elles ont été précisées par Dejerine, Lévy-Valensi, André Thomas et Sicard. Plus récemment, par Dechaume, Garcin, Schæfïfer, Alajouanine et Barré.

Ces algies radiculo-funiculaires se définissent et ne doivent se définir essentiellement que par leur topographie radiculaire:

On s’est efforcé de distinguer les douleurs radiculaires des douleurs funiculaires.

On a insisté sur la présence des points de Valleix, des douleurs à l’élongation des nerfs dans les funiculites. Sur leur absence, dans les radiculites. On a fait état de l’exagération des douleurs radiculaires, par la toux et par l’éternuement.

« Quant à l’exagération et au réveil de la douleur à la toux et à l'éternuement, il serait tout aussi bien expliqué par le choc de la masse intestinale sur les troncs funiculaires, que par le coup de bélier du L. C. R. sur les rameaux malades ? ». Sicard.

Pour notre part, nous avons noté que toutes les douleurs Pottiques, quelles que soient leurs origines, étaient exagérées par la toux et par l’éternuement : c’est-à-dire la fragilité de ce symptôme.

Or, sur les cinq malades observés

Deux fois, il nous a semblé reconnaître un syndrome indiscutablement radiculaire (Obs. L 15-L 19), et ceci, à cause de ses caractères, à cause de sa topographie.

Deux fois, nous avons un syndrome du trou de conjugaison (Obs. L 10-L 12).

Une fois, il était difficile d'avoir une opinion (Obs. L 5:.

C'est l'étude de la topographie douloureuse qui nous à permis, nous semble-t-il, de préciser les phénomènes en cause.

Dans les observations L 10 et L 12, l'explication semblerait facile à donner : la douleur funiculaire est le fait d'un processus inflammatoire, voir conjestif, au niveau du trou de cosjuge.son, à la hauteur de la lésion.

Dans les observations L 19, L 15, les phénomènes douioureux semblent ectopiques.

Pour une lésion en D 11-D 12, la topographie douloureuse intéresse L5 - S 1 - 82 - S 3. Pour-une lésion en L£4 5, {opographie douloureuse intéresse $ £ - S 3.

Ces douleurs eetopiques ne peuvent être expliquées que par des phénomènes d'irritation, d'abcès ou de pachyméningite au niveau du eul-de-sac dural. Mme Sorel-Dejerine à nettement précisé ces syndromes du cône terminal.

Dans le cas de l'observation L 15, la chose ne fait pas le moindre doute. En procédant par élimination, c'est la seule interprétalion plausible.

Dans le cas de l'observation L 19, il s’y adjoint une notion pratique considérable. ll s’agit en effet d'un Pott ancien, apparemment guéri avec cal solide. Mais il s'accompagne de scoliose. assez marquée. La discussion s'imposait done de savoir si is

phénomènes douloureux qui faisaient entrer la malade à lhôpital étaient à mettre sur le compte d'un trouble mécanique, ou, au contraire, d’un réveil du processus tuberculeux initial. Le fait d’une radiculalgie ectopique plaidait plutôt en faveur d’un réveil infortieux bacillaire. Quoiqu'il en soit, par déduction, ce: deux ohservations pouvaient évoquer la possibilité de raduculalgies du cône terminal.

La cinquième observation semble entrer dans une troisièine catégorie de fait. Il s’agit d'un Pott greffé, s’accompagnant d'une inflexion latéro-scoliolique marquée. Là encore, le territoire douloureux correspond à peu près au siège de la lésion. Mais ce quinous à paru anormal, c'est le siège de la radiculo-funiculalgie du côlé de la convexité de la scoliose. Ce seul fait élimine la diminution de calibre du trou de conjugaison, dont le processus à été invoqué pour expliquer les douleurs des scolioses. Par ailleurs, le rôle d’un processus infectieux ne nous a pas paru évident dans ce cas. Mieux vaut impliquer un phénomène de stase circulatoire, voir la congestion, l'œdème des racines, plus ou moins tiraillées au © té convexe dans leur traversée des trous de conjugaison.

En somme, si les douleurs radiculo-funiculaires des membres s'observent fréquemment, nous avons remarqué que leurs caractères classiques ne peuvent êlre mis en défaut, bien qu'aucun signes n'ait semblé avoir une valeur discriminative entre les radiculalgies. Nous croyons cependant qu’au cours du Mal de Potl, la stase circulatoire des plexus veineux rachidiens, l'æœdème des trous de conjugaison, aient un rôle prédominant dans leur mécanisme.

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