‹ La douleur du mal de PottChapitre 13 sur 34 · V. — Les Douleurs Fulgurantes · texte numérisé non relu

V. — Les Douleurs Fulgurantes

Les douleurs fulgurantes réalisent deux aspects

Trois malades se plaignent de douleurs fulgurantes spontanées : :

Obs. L 8 Pott-D 11-- D 1€ he De PotteDe T2 E"LET

Obs. L 22 Pott L3 - L4

Ce sont des algies brutales, en éclair, d'un instant, d'une ücuilé affective extrême, qui immobilisent le malade, La qualité même de ces douleurs les re nddifficilement localisables. Dans les trois cas observés, elles semblaient à point de départ rachidien el se propagaient dans un membre inférieur. Ces douleurs fulgurantes ont pu être considérées, par les neurologistes, comme d'origine radiculaire. Cependant, depuis longtemps, certains s'étaient accordés à leur reconnaitre une étiologie cordonale. Dès 1870, Charcot et son élève Michaux étaient formels sur ce point : « À cette altération qui est fréquente, peut s'en ajouter une autre plus rare. Nous voulons parler de la sclérose des cordons postérieurs offrant la même disposition que dans l’ataxie locomotrice, comme nous l'avons observée chez un de nos malades. On s’explique, dès lors, le caractère fulgurant des douleurs perçues dans les parties qui reçoivent leur nerf du segment médullaire ainsi altéré ».

De même, Lannelongue et Ménard rappellent « les sencsetions anormales périphériques qui semblent plutôt liées à la compression de la mæœælle elle-même... telles les douleurs qui parcourent subitement le trajet des nerfs, comme une étincelle électrique, et qui rappellent les douleurs fulgurantes de l'ataxie locomotrice ».

Plus récemment, des travaux de Barré, de Færster, de Garcin, les observations d’Alajouanine, Thurel, Guillaume et de Martel se sont attachés à définir la pathogénie des douleurs fulgurantes. Ces derniers auteurs, en particulier au cours d'interventions de neuro-chirurgie, ont déterminé d'une façon quasi expérimentale l'étiologie cordonale de ces douleurs. Nous-mêmes, avons pu les retrouver au cours d’une dénudation de la mœælle pour paraplégie scoliotique.

La douleur cordonale antéro-latérale siège du côté opposé à la lésion médullaire qui l'engendre.

La douleur cordonale postérieure provoque des douleurs homolatérales.

Quoiqu'il en soit, il semble bien que la localisation douloureuse n'ait qu’une valeur topographique restreinte. La nature inême de cette douleur a bien plus d'intérêt. Elle est au rachis ce que l’angor est au cœur : l'expression même de la douleur médullaire, Cependant, sa valeur diagnostic doit être ramenée à de Justes limites, qui peuvent s'étendre à toute atteinte médullaire, aussi bien qu’au tabès.

Cinq malades se plaignent de douleurs en éclair, provoquées par les chocs, les secousses :

CPR ARS POULE DA COLLE Pot D 122 LA OLA Pot LELS Ir 2 Obs. L, 9 Pot 11: D 12 OS ODEPOEBMO D11

Un choc de voiture, une secousse de bicyclette, le choc du pied buttant contre un obstacle sont ressentis douloureusement sur tout 1 erachis. C’est une douleur proprement rachidienne, ayant un caractère en éclair, et s’'accompagnant parfois de pâleur, d'étourdissement et de lipothymie. C’est pour l’éviter que le malade parfois marche avec précaution, en amortissant.

Si, dans certains cas (L 1), cette douleur provoquée par son acuité évoquait une origine cordonale, dans d’autres cas, elle ne nous a semblé que, le réveil de l'endolorissement par des secousses. Une malade nous l’a rapprochée nettement de celles qu'elle éprouve en toussant, en riant, en éternuant. Un autre nous la décrit comme l’exagération par la secousse des douleurs préexistantes ; il avait d’ailleurs un Pott L 2 - L 3 (Obs. L 20).

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