‹ La douleur du mal de PottChapitre 14 sur 34 · VI. — Les Douleurs Nocturnes · texte numérisé non relu

VI. — Les Douleurs Nocturnes

Ce phénomène fréquent au cours des tuberculoses osseuses a été observé six fois dans notre documentation. Ce sont les observations :

Obs-1:13 Pott D 11 - D'12 Gb) Pot DA1.-D 12: LA Obs: LD 5 Pot lit DE Obs. L 19 Pot L3-L4-L5 Obs. L 20 Pott D 10-D12 Obs. L21 Pot L4-LS

dans lesquelles trois malades décrivaient des douleurs lombaires brutales, deux autres, des douleurs des mebres inférieurs, un

autre enfin, des localisations tantôt lombaires, tantôt des membres inférieurs. Dans un seul cas, ces douleurs accompagnaient une paraplégie.

Quelles que soient les régions dans lesquelles elies apparaissent, ces douleurs sont loutes réunies par un même caractère : elles surviennent la nuit, en général, au moment où le malade s'endort. Elles le réveillent,

A ce sujet, Ombrédanne écrit, dans son remarquable . précis de Chirurgie infantile : « Il semble qu'à ces douleurs doit être rattaché le cri nocturne de Ménard, signe dont on a exagéré la fréquence et mal interprété la valeur ».

Et à propos de la coxalgie, il ajoute : « C’est ce qui arrache à l'enfant un mouvement intempestif exécuté pendant le sommeil, alors qu'est relâchée la contraciure de surveillance qui bloque l'articulation ».

C'est une notion en effet assez répandue, qui considère ces douleurs nocturnes des luberculoses osseuses comme résultant du relâchement de la contracture de vigilance. Ceci implique une pathogénie qui ne nous a pas semblée absolument exacte.

Normalement, le passage de l'état de veille au sommeil, chez un sujet normal, implique toute une modification de la vie de relation. Avant d'atteindre la résolution musculaire absolue, inhérente à un sommeil profond, les museles doivent modifier leur tonus statique, dû au réflexe proprioceptif, pour obtenir un tonus dit résiduel, considéré par les neurologistes comme purement végétatif. Or, c’est un fait d'expérience que ce passage, cette détente musculaire, s'accompagne de secousses cloniques. Sans vouloir entrer plus avant dans cette pathogénie, on peut encore noter avec Piéron, que ces secousses cloniques sont d'autant plus abondantes, que l’intoxication par la fatigue est plus marquée.

Nous croyons que ce sont ces soubresauts musculaires qui, lorsqu'ils surviennent sur des muscles douloureux, en raison de leur contraclure, réveillent le malade. EL leur répétition est fonciion de la fatigue musculaire.

Ueci explique le polymorphisme de ces douleurs de soubresauf, qui sont en rapport, non pas lant avec les tissus au voisinage du foyer infectieux, qu'avec les muscles douloureux par contraclure ou par funiculo-radiculalgie. C’est ainsi que, dans ces observations, nous avons relevé trois douleurs de soubresaut lombaires où les muscles étaient contracturés, deux douleurs de soubresaut des membres inférieurs où les muscles participaient à des funiculo-radiculalgies.

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