‹ La douleur du mal de PottChapitre 17 sur 34 · I. — LES ALGIES POTTIQUES, D'ORIGINE DORSALE · texte numérisé non relu

I. — LES ALGIES POTTIQUES, D'ORIGINE DORSALE

Le Mal de Pott dorsal de l'adulte présente un aspect clinique tout différent du mal vertébral lombaire : il est moins fréquent ; les déformations y sont beaucoup plus accentuées : « Les Potliques portent leur bosse dans le dos » dit Ménard ; et il nous à semblé que les manifestations douloureuses y étaient plus discrètes, plus tardives.

Notre documentation nous a permis de relever ?? types de manifestations douloureuses, subjectives ou objectives ; certaines nous ont paru analogues à celles du Pott lombaire : nous les étudierons rapidement. D’autres lui sont propres ei méritent une étude plus approfondie. Ce sont :

les dorsalgies,

les douleurs intercostales,

les sensations dysesthésiques des membres,

les douleurs fulgurantes,

les douleurs gibbeuses.

|. — Les Dorsalgies De même que les lombalgies, les dorsalgies réalisent deux aspects cliniques.

Une fois, nous avons noté, au début d'un Pott, des crampes dorsales, matinales, du réveil

Obs. D 3 Pott D 5 - D 6 La nature de ces douleurs est entièrement superposable aux

lombalgies. Il s'agissait de crampes, que le malade dérouillait le

malin.

Deux fois nous avons observé des courbatures vespérales de fatigue :

Obs Da Potr D) 607 Obs. D 2 Pot D4-D5-D6

Ces courbatures sont entièrement comparables aux lombalg'es vespérales : elles aparaissent dans le cours de la journée ; ciles sont exagérées par l'effort et par la fatigue. Elles n'entrainaient pas d’insomnie, et semblaient se distinguer des lombalgies par lour Lénignité affective.

La nature myalgique de ces douleurs, de même que celles des lombalgies, ne nous a pas semblé devoir être mise en doute.

Cependant, un fait surtout nous a paru devoir être distingué c'est leur topographie : dans les deux cas que nous avons observés, ces douleurs dorsales avaient une diffusion affective toute différente,

Dans la première observation, il s'agissait d’un Pott D 5 D 6. La myalgie prenait naissance un peu plus bas, de chaque côté, dans les goutières rachidiennes et remontait jusqu’à l'occipital, où elle s’exacerbait .

Dans la deuxième observation d'un Pott D 6 - D 7, la myaigie, au contraire, descendait de chaque côté dans les gouttières rachidiennes, jusqu'aux commissures sacro-iliaques.…

Ce fait parait avoir quelque importance parce qu’il souligne la concommitance de la myalgie et de la contracture, et leur développement par rapport à la statique vertébrale.

Le sommet de la cyphose dorsale normale passe en effet à la hauteur de la 5° dorsale, à peu près. Il nous a semblé que toute iésion Pottique qui tend à incurver le rachis en avant, ait un retentissement musculaire à propagation cervicale au-dessus, à propagalion lombaire au-dessous des 4°, 5° dorsales. Nous croyons devoir rapprocher ce phénomène de la physiologie de la paroi abdominale dans laquelle on décrit l'ombilic comme centre de résistance vers lequel convergent toutes les forces musculaires de la paroi abdominale (Traité d’Orthopédie-Physiologie du Rachis - G. Huc). Il pourait en être de même pour la 5° dorsale.

Ces notions ont quelque importance, car elles peuvent expliquer certains phénomènes paradoxaux. Nous lui attribuons uné certaine valeur pratique dans l'interprétation des myalgies de

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contracture, pour savoir si elles agissent dans le sens statique vertébral, permetant un diagnostic avec certaines contractures viscérales, celles des tumeurs médullaires en particulier.

Il. — Les douleurs intercostales ;

Trois fois, nous avons observé des douleurs intereoslales funiculo-radiculaires :

Obs D 4e Pot-D:8- D Obs Pott D 6 =D 7 CPEAD Polti) 6 D.7

Ces douleurs intercostales se topographient exactement sur un ou deux métamères intercostaux. Leur siège : la douleur ob- Jective à l'émergence des nerfs, les rapprochent en tous points des douleurs en ceinture et surtout des douleurs radiculo-funiculaires des membres, décrites dans le Pott lombaire. Comme dans ces Cas, elles nous ont paru incriminer au premier chef le funicule et des phénomènes cireulatoires du trou de conjugaison.

Nous avons noté que les émergences intercostales pouvaient être particulièrement douloureuses à la pression. Mais elles peuvent ne pas l'être toutes : l'émergence antérieure ou postérieure, ou une seule de celles-ci, participant à la douleur objective.

Nous avons noté également que, seules, les émergences nerveuses, puvnt êtr doulouruses, à défaut de toute topoalgie en ceinture.

Dans le cas de l'observation D 2, cet endolorissement par ilôts aux émergences élait caractéristique. Il précèda, de longtemps, l'apparition de la douleur en ceinture, réalisant une zone douloureuse interscapulo-vertébrale gauche, très localisée à l’émergence poslérieure, et une hyperalgésie sous mamelonnaire gauche, caractéristique du dermatome de D 6.

L'algie intercostale peut être parcellaire, localisée aux émergences postérieures, moyennes et antérieures ; il faut la reconnaître : elle a la même valeur de diagnostic.

Une seule fois, nous avons noté des douleurs intercostales pseudo-névralgiques en ceinture, elles nous ont paru surtout constrictives. À cause de leur maximum postérieur, de leur irradiation en avant, de leur affectivité très atténuée, nous les avons rattachées à la pathogénie symathique ou ostéo-articulaire, en tous cas, somato-rachidienne ou prévertébrale.

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