TRAITEMENT DE LA DOULEUR POTTIQUE
L'algie Potlique relève de conditions pathogéniques extrèmement variées. Au cours de nos recherches dans l'étude de nos observations nous nous sommes également efforcés d'établir les données d’une action thérapeutique.
Dans la règle, le Pottique vient consulter parce qu’il souffre. Le diagnostic posé, la sanction thérapeutique commande l’immobilisation. Or, c’est un fait d'expérience que la mise au repos d’un mal vertébral, l'application du lit dur, impose au malade une période extrêmement pénible.
D'une part, l'adaptation au cadre rigide nécessite quelques jours ; d'autre part, le décubitus des premiers jours provoque indubitablement de l’insomnie et une exagéralion des phénomèïes douloureux. C’est la période dite de décontracture. Elle nécessite près d’une dizaine de jours, si l'autorité du médecin est suffisante, si la docilité et la patience du malade se prêtent à cette regle.
Une phase d’assouplissement lui fait suite et les phénomènes douloureux disparaissent peu à peu. Cependant, il est des cas où le malade supporte difficilement cette recrudescence douloureuse, où i incrimine un traitement mal conduit, et où il n’observe pas le décubitus absolu qui s'impose. C'est alors qu'on peut assister à une persistance anormale des phénomènes douloureux, de la myalgie et des contractures en particulier.
C’est done à cette période d'adaptation que nous nous sommes efforcés d'apporter une thérapeutique qui puisse permettre: une mise en train plus facile de l’immobilisation dans un cadre et dans une coquille.
Le Pottique, nous l'avons vu, souffre au premier chef des myalgies de contractures : ce sont ces myalgies qui s’exaspérent, avant de céder à l’immobilisation.
Nous croyons devoir leur appliquer une thérapeutique sédative locale et générale.
Dès que le malade est immobilisé, nousfaisons injecter, sui-
vant les cas, un ou deux centig. de chlorydrate de morphine par 24 heures. Parrallèlement, injection de la novocaïne à 1/200 à l'union des portions tendineuses des muscles contraclurés el douloureux.
Dans le Mal de Pott lombaire, nous avons été amenés à injec- {er ainsi
les masses sacro-lombaires, à la hauteur des épines iliaques.
le tendon d'insertion des muscles de la sangle, par trois injections superposées, au bord externe des masses sacro-lombaires.
le tendon du psoas, par une injection profonde traversant la masse des adducteurs, et atteignant le Petit Trochanter, par voie interne, sous le plancher de l'auto musculaire.
Nous avons infiltré les gouttières rachidiennes dans les Potts dorsaux.
.Nous n'avons pas eu l’occasion d'infiltrer, au cours du mal vertébral cervical les muscles des torticolis. Nous l'avons fait cependant, dans d’autres éliologies, avec succès.
Cette thérapeutique locale amène un soulagement immédiat des myalgies.
Les injections de morphine maintiennent cette cédation et évitent dans la règle le retour des myalgies. Elles apportent un calme salutaire à une adaptation physiquement et moralement pénible.
En pralique, nous croyons qu'il est ainsi possible de décon- {raeturer un malade en quelques heures et d'appliquer rapidement un appareillage plâlré.
Cette thérapeutique, qui à une action certaine sur les myalgies, provoque une accalmie des phénomènes névralgiques el pseudo-névralgiques. L'immobilisation fait progressivement le reste. En un mois, un Pottique, immobilisé strictement, ne doit plus souffrir.
Les visctralgies, les crises gastriques d'intolérance, nous ont paru bénéficier de l’atropine et des compresses chaudes abdominales.