‹ La Douleur Tardive Élevée Dans La Rupture TubaireChapitre 10 sur 16 · DES · texte numérisé non relu

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3° La douleur après la rupture.

C'est la douleur signalée par Laffont, sous le nom de «Douleur tardive élevée», que nous décrivons ici en détail. Nous étudierons successivement son siège, sa fréquence, son intensité, son moment d'apparition, sa durée, et nous verrons ensuite quelle peut être sa cause et quelle doit en être l'interprétation.

I. Siège. — Son siège nous apparaît comme assez variable. Dans les observations 8, 9, 28, 24, elc., on la trouve fixée avec une ténacité désespérante à l’extrémité antérieure de la dixième côte. Laffont la trouve

également sur la ligne médiane, dans la région inter-

scapulaire (observations 15, 16, 17, etc.), dans la région rétrosternale et d’une violence extrême à ce niveau (observations 13 et 14). Enfin, chose plus curieuse encore, on la voit s'étendre à toute la base de la nuque (observations 15, etc.) et se manifester avec une grande acuité sur la région deltoïdienne et sur la moitié supérieure du bord externe du bras.

On l’observe également à l'épigastre.(observations 6, 26, 27, 88) et dans les régions scapulaires (obs. 15, 16, ‘etc.), et, plus fréquemment, dans les régions lombaires. Mais nous n'insisterons pas sur ces dernières irradiations douloureuses qui se confondent aveg les irradiations de la douleur tubaire.

Autre constatation curieuse : cette douleur qui souvent est médiane ou siège du côté correspondant à la rupture peut se manifester dans certains cas du côté opposé. Les observations sont des plus précises sur ce point. (Obs.:19, 21, 22, 30, 31.) C’est la douleur croisée.

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Il. Fréquence. — Cette douleur n’est pas constante, Virgil Ionescu a publié une petite statistique. L'ayant recherché systématiquement dans tous les cas de rupture tubaire observés, il l’a trouvé 7 fois sur 11. Personnellement dans la série de femmes que nous avons examinées il nous a paru exister dans la moitié environ des Cas. ;

Done symptôme assez fréquent sinon constant et dont on peut dire, pour le moins, qu'il ressemble en cela à la plupart des symptômes connus. À ce propos et pour ne citer qu'un exemple de l’inconstance des symptômes les plus classiquement élablis, Laffont rappelle les difficultés que l’on éprouve parfois ‘dans l'interprétation du pouls des hémorragies péritonéales dans la rupture tubaire. «Combien de fois, éerit-il, ne nous sommes-nous pas trouvés dans un doute anxieux et n’avons-nous pas été déconcertés par la tenue et la valeur du pouls battant 80 et frappant fort, dans des hémorragies non douteuses? Je ne crois pas être loin de la vérité en avançant que le signe du pouls hémorragique, avec tous ses caractères si bien décrits par les classiques et sur lesquels on table si souvent, ne sem. ble pas plus constant dans la rupture tubaire que le: signe de la douleur tardive élevée. »

En conclusion disons qu'un signe que l’on retrouve dans plus de 50 p. c. des cas (7 fois sur 11 pour Virgil lonescu) est un signe fréquent et qu'à ce titre le signe de Laffont mérite d’être pris en considération.

I. Intensité. — L'intensité de la douleur est très variable. Disons d’abord que dans certains cas le point douloureux est tellement faible qu'il-passe inaperçu, et seul l’examen approfondi et l’interrogatoire minu-

Et lo tieux permettront de le dépister. Fréquemment les malades, après la crise, en perdent le souvenir (voir Ionescu). Cependant il y a des femmes qui signalent spontanément la douleur élevée et qui en souffrent au point de n’insister que sur ce symptôme douloureux. La douleur dans ce cas est si vive qu’elle attire à elle seule tout l'intérêt de l'examen, Si l’on-n'aiguille pas son attention vers la sphère génilale, on peut porter les diagnostics les plus variés et les plus erronés. Dans l'observation 1 la douleur persistait avec une telle violence au point vésiculaire qu’elle nous avait fait songer à des coliques hépatiques. Patel, Mathieu et Guibal ont observé des cas analogues (Obs. 30); Thomas (Strasbourg) a pu penser à des crises de coliques néphrétiques (obs. 10).

Dans ces crises violentes la douleur élevée est tellement vive qu'elle efface tous les autres symptômes pelviens et abdominaux.

Les erreurs de diagnostic signalées sont les suivantes, en dehors des coliques hépatiques et néphrétiques: gastralgie, perforation d’ulcère de l'estomac, névralgie intercostale, arthrite ou névralgies cervico-scapulo-humérales (Laffont).

Dans certains cas la douleur acquiert brusquement une intensité considérable; dans d’autres cas, au con-

. traire, elle s'établit d’une façon lente et progressive.

IV. Moment d'apparition. — La douleur «tardive », comme son nom l'indique, apparaît après la douleur pelvienne. Il y a entre ces deux douleurs un décalage qui peut varier de quelques minutes à quelques heures ou même quelques jours.

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