V. Durée. — Lorsque, soit par imprudence, soit par
ignorance, ou pour toute autre cause, on n'intervient pas, la douleur peut persister 24 ou 48 heures. Elle peut durer bien davantage et se manifester après la disparition de la douleur pelvienne, à tel point qu'un médecin a pu être appelé pour un rhumatisme de l'épaule ou une crise hépatique.
L'intervention la fait disparaître instantanément.
Le plus souvent elle se manifeste deux ou trois heures après la rupture.
Dans les observations 5, 6, 32, etc. la douleur fut, pourrait-on dire, presque initiale. En revanche, dans l'observation 14 elle n'apparaît que le quinzième jour, dans l’observation 9, le dix-neuvième jour et dans l'observation 11 le trente-et-unième jour.
Pour Laffont, son intensité et sa précocité sont le plus souvent fonction de l'importance de l’hémorragie et semblent être en rapport direct avec sa rapidité et la quantité de sang épanchée:
Mais cette question d'interprétation sera étudiée plus loin.
. Enfin, chose à remarquer, elle peut, dans des cas exceptionnels, réapparaître, et cela plusieurs jours après l'opération.
Ce phénomène est dû tout simplement à ce que la cause qui la provoquait a reparu, ainsi qu'il ressort très nettement de l'observation 9 (Laffont).
Un nouveau suintement sanguin s'était, en effet, produit nécessitant une colpotomie qui cette fois fit disparaître complètement la douleur.
D'ailleurs, dans le chapitre suivant, nous reviendrons sur l'explication de ce phénomène.
INTERPRÉTATION ÉTIOLOGIE — PATHOGÉNIE
Il ne nous suffit pas de constater la présence dans un grand nombre de cas de cette douleur élevée. Il faut maintenant essayer d'interpréter le phénomène et de lui trouver une explication rationnelle.
Si nous analysons attentivement les observations au cours desquelles nous avons noté l'existence de la douleur tardive élevée, nous constatons qu'il s’agit généralement d'inondation ayant dépassé la sphère du petit bassin.
Lorsque nous avons eu affaire à une rupture intraligamentaire, à un accident de minime importance localisé à la trompe, la douleur a pu être très vive, mais elle est presque toujours restée localisée. S'il y a eu quelques irradiations douloureuses, elles se sont : le plus souvent propagées dans le voisinage : vers les aines et vers la racine des cuisses.
La douleur élevée est habituellement la signature d’une inondation péritonéale étendue.
Pouvons-nous essayer de donner l'explication et la preuve de ce qui vient d’être dit?
Deux faits paraissent découler de l’analyse des
observations :