DE LA DOULEUR EN GÉNÉRAL AU COURS DES GROSSESSES TUBAIRES
Au cours des grossesses tubaires, on peut noter. cliniquement, trois catégories de douleurs bien distinctes, suivant qu'on se trouve en présence d’une grossesse, avant la rupture, pendant la rupture, ou après la rupture. ;
1° La douleur avant la rupture.
Dès l'instant qu’un œuf se greffe en dehors de l’utérus et, plus particulièrement dans la trompe, on peut assister à l'apparition de phénomènes douloureux plus ou moins précoces.
Il n’est pas rare de noter, lorsqu'on interroge avec soin les femmes atteintes ou ayant été atteintes de grossesse tubaire, des douleurs plus ou moins vives localisées du côté de la trompe gravide. Douleurs de distension ou de fissures de la trompe, mais aussi contractions douloureuses d’un organe anormalement habité. Ces douleurs sont parfois très précoces. On peut les observer, dans certains cas, dès les premiers jours qui suivent la fécondation.
Le plus souvent il s’agit de douleurs qui apparaissent beaucoup plus tard, et nous connaissons bien ces crises douloureuses si pénibles qu'éprouvent si fréquemment les femmes atteintes de grossesse tubaire
qui évoluent jusqu'à terme. Toutes ces douleurs tubaires sont connues en clinique courante et nous n'insisterons pas sur leur description.
De son côté, l'utérus peut être le siège dès les premières semaines de douleurs dües aussi à des contractions. Il s’agit plus particulièrement dans ces cas de crises douloureuses, déclanchés par le passage des caillois sanguins ou de la caduque, simulant à nous y tromper un avortement de quelques semaines. Choyau en a rapporté d’intéressantes et nombreuses observations. Al |
Lorsque la grossesse arrive à terme ou au voisinage du terme, l'utérus et la trompe peuvent enfin être le siège de douleurs rythmiques, dues à l'apparition d’un faux travail qu’il ne faut pas confondre avec des accidents de rupture. Ce faux travail est surtout caractérisé par des douleurs abdominales intermittentes, s’accompagnant d'un suintement sanguinolent et quelquefois d’une véritable hémorragie. Le col s’entrouvre légèrement, mais il ne se produit aucun phénomène d’effacement ni de dilatation. :
Si nous voulons, dans ce cas, étudier attentivement les caractères de. la douleur, il nous faut appliquer la main sur la tumeur fœtale au moment où elle se produit, nous voyons qu'on ne perçoit pas de contraction : le plus souvent les phénomènes douloureux du faux travail sont dus à des contractions de l'utérus. Au bout de quelques heures le fœtus succombe, ses mouvements, après avoir été rapides, convulsifs, disparaissent, la femme éprouve quelquefois à ce moment des douleurs assez vives. |
Le plus souvent ces phénomènes de faux travail ne
se produisent pas. Toutefois dans certains cas, lorsque se prolonge la rétention du fœtus mort, ils peuvent se renouveler pendant plusieurs mois.
2° La douleur pendant la rupture.
Elle est bien connue, et les auteurs classiques Pont décrite avec suffisamment de précision pour que nous n'y insistions personnellement pas.
«Tout d'un coup, dit J. L. Faure, en pleine santé, la femme sent dans le bas-ventre el presque toujours dans un des côtés du bas-ventre, une douleur violente qui lui arrache un cri et parfois la couche par terre ou la force à s'étendre, Bientôt cette douleur s'étend, et irradie vers les reins, les cuisses et le périnée. En même temps la malade pâlit, ‘parfois même tombe en syncope.
» Dans l’hématocèle commune, enkystée, les phénomènes de début sont les mêmes, mais ils éclatent d'ordinaire avec beaucoup moins d'intensité, la douleur peut encore être très vive et presque syncopale, mais les signes d’hémorragie interne sont beaucoup moins nets. » F
Sur le même sujet, Pozzi écrivait : « Ordinairement c'est dans le cours du deuxième ou du troisième mois que surviennent les accidents suivants : douleur vive au niveau d’une des fosses iliaques pouvant aller jusqu’à la syncope, accidents péritonitiques et hémorragiques. »
Cette douleur à début si dramatique pourrait passer pour caractéristique de l'affection qui la provoque. Cependant il n’en est rien et bien souvent elle conduit, par Sa nature même, à une erreur. C’est ainsi que