CHAPITRE QUATORZIÈME. 24î
d'affaires, la faisait hppeler devant le comité de sûreté générale de la Convention. Elle subissait un interrogatoire auquel elle répondait de manière à satisfaire les gens de ce premier comité, en lesquels restait encore un peu d'humanité. Et l'abbé Fauchet, qui présidait le comité, pris de pitié pour la femme, lui disait qu'il était dangereux peut-être que son nom se trouvât compromis dans l'interrogatoire de ce scélérat, et, sur l'assentiment de ses collègues, il prenait une plume et raturait devant elle quelques lignes de la déposition de d'Angremont (1).
(1) Déposition manuscrite de Blache, huitième fait que ne mentionne pas la déposition orale devant le tribunal révolutionnaire. Dossier du Barry, Archives nationales, VV 16.
Lettre de madame du Barry à Lebrun, relativement à son quatrième voyage à Londres. — Dîner à Londres avec le duc de Choiseul. — Les scellés posés à Luciennes pendant son absence. — Greive, factieux et anarchiste de premier ordre, et désorganisateur du despotisme dans les deux hémisphères. — Sa dénonciation contre madame du Barry, dont l'arrestation est suspendue par Boileau. — Adresse de Greive à la Convention. — Arrestation de madame du Barry, relaxée quelques jours après. — Lettre éplorée de madame du Barry aux. administrateurs du département de Seine-et-Oise. — Attendrissement du républicain Lavallery. — Dernières amours de madame du Barry avec Rohan-Rochefort.
Trois voyages en Angleterre n'avaient pu encore ramener la rentrée de madame du Barry en possession de ses diamants. Elle était obligée de retourner à Londres une quatrième fois dans le mois d'octobre 1792 (1). Dans la gravité des circonstances et sous
(1) Note de madame du Barry sur son quatrième voyage : « Depuis ce temps (25 août 1792), je suis restée à Luciennes jusqu'au 14 octobre 1792, que je repartis pour Londres munie de passe-ports et de lettres du ministre des affaires étrangères ; j'y suis arrivée le 22 , et mon procès ayant été jugé le 27 février dernier, jour du terme du tribunal, je suis repartie de Londres le 3 mars, et suis arrivée à Calais le 5, où j'ai été retenue jusqu'au 18, "pour attendre de nouveaux passe-ports du pouvoir exécutif, ainsi que le prouve mon passe-port de la municipalité de Calais et le certificat de résidence que j'y ai faite. »