‹ La Du BarryChapitre 107 sur 154 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

réel de vous entretenir de ma reconnoissance et des sentiments avec lesquels.... (1).

Greive n'était pas homme à lâcher sa victime. Il écrivait son pamphlet qu'il publiait le 31 juillet 1 793. Le désorganisateur du despotisme dans les deux hémisphères disait dans ce pamphlet : « Si les patriotes de Luciennes ont paru donner de l'importance à cette femme dans l'adresse qu'ils ont faite à la Convention nationale, cette trop grande célébrité n'est due qu'à l'intervention aussi singulière que peu convenable de certains administrateurs du district, à l'activité peu ordinaire avec laquelle l'un d'eux a volé par-devers madame la comtesse afin de parer les coups qui menaçaient sa tête à demi sacrée.

(1) Le dossier de madame du Barry contient une copie de cette lettre sur laquelle on lit en tête : « Lettre écrite, à ce qu'il parait, à quelque membre de l'ancien comité de sûreté générale de la Convention, après que ce comité a eu la coupable complaisance de la renvoier par-devant ses amis et protecteurs, les administrateurs de VersaiUes, ensuite de sa première arrestation par les sans-culottes, au commencement du mois de juillet. La Bondie est neveu du ci-devant chevalier d'Escourt, écuyer de Brissac, et détenu à la Force. La Bondie, ci-devant chevalier et suspect d'émigration, est de Cahors, où ses biens sont saisis. C'était un des habitués du château et impudent aristocrate. C'est lui qui intriguait près du comité pour elle. 11 doit être en prison, sinon il demeure hôtel de Suède ou du Bouloi. ■- A la fin de la lettre, on lit : « Cette lettre était adressée à Delainville, dont elle prétend ignorer la demeure. Ce Delainville était son défenseur officieux auprès de l'ancien comité de sûreté. Il est à présumer que cette lettre était écrite à Bazire, ou à Alquier, ou à Julien de Toulouse. » Dans une note de l'Égalité controuvée, Greive dit : « Cette femme éhontée a eu l'audace de faire faire une adresse à la Convention, signée d'elle et de son défenseur officieux Delainville, où elle traite de libelle diffamatoire les faits articulés contre elle, où elle se donne pour un phénix de patriotisme, où elle prétend avoir rompu toutes ses liaisons avec ses anciens amis depuis la révolution. Quelle impudence!... »

C'était pour faire rougir d'autres administrateurs qui seraient tentés de se mettre entre elle et l'exécution de la loi, qu'ils ont bien voulu soumettre à la nation entière un petit nombre de chefs faits pour prouver que les soupçons d'aristocratie et d'incivisme tombant sur elle, sinon connus par malheur des administrateurs de Versailles, sont du moins d'une assez grande notoriété dans les lieux qu'elle habite. C'est pour tranquilliser les consciences diffl- •ciles des adorateurs des grands noms que les sans- -culottes de Louveciennes veulent bien déclarer que dans la démarche qu'ils ont faite ils n'ont eu pour but que le salut de la patrie, et qu'en demandant le décret du "2 juin au département de Seine-et-Oise, loin de toute personnalité, ni d'en vouloir en particulier à l'ancienne distributrice des grâces et faveurs de la cour, ils l'ont regardée du même œil que sa femme de chambre, avec la différence près de ses cinquante mille écus de rente, et qu'ils ont déployé la même fermeté républicaine en exécutant la loi envers Gouy son concierge, Prétry son conseiller privé, Morin son entremetteur politique auprès des autorités constituées, et le chirurgien Devray.» Suivait la reproduction des Adresses à la Convention, de la réponse du président, une sorte d'historique du procès qu'il poursuivait contre madame duBarry, empoisonné de notes mortelles, de dénonciations intimes, de propos rapportés, de paroles semblables à celles que Greive mettait dans la bouche de la princesse de Rohan-Rochefort, reprochant

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