CHAPITRE SEIZIEME. CSg
fermer pendant vingt ans et demi dans les prisons de Senlis pour avoir été témoin des sales amours du crapuleux tyran, le Sardanapale des François. Il a été relâché par l'Assemblée constituante. Vous trouverez parmi les pièces l'adresse de Favier, de son fils et de sa fille, de son procureur. Ne seroit-il pas bon de les faire paroîlre?.... Au reste, c'est à vous de juger s'il ne seroit pas nécessaire que nous eussions un entretien avant le commencement du
procès Il faut que vous voyiez Blache aussitôt
possible. Il sera bon aussi de faire paroître le nommé Augustin, son postillon, renfermé avec ses domestiques à la Force, mais sans l'en prévenir, de crainte qu'il ne soit endoctriné par ses camarades, outre qu'il est aristocrate lui-même. C'est lui qui étoit le courrier journalier entre elle et Brissac à Orléans. »
Blache qui, sous le manteau de professeur de français, espionnait pour le compte du comité de salut public, à Londres, Blache qu'il est instant de voir, Blache dont Greive sollicite trois fois la déposition dans sa liste des témoins nécessaires, déposait en ces termes à quelques jours de là (1) :
Premier fait. — Dépose avoir vu
la Dubarry, lors de son voyage à
Londres, le lendemain de son arri-
convenue du fait, véc, monter cu voiturc avec la femme
Galonné, le nommé Forth, espion
(1) Extrait de la déposition du citoyen Blache. Tribunaux révolutionnaires, dossier du Barry. W IG.
anglois qui, lors de la guerre d'Amérique, vint à Paris avec milady Barimore pour la prostituer au ci-devant comte d'Artois, à seule fin de faire par ce canal former une diversion entre la France et l'Amérique; que, dans ce premier voyage, la Dubarry prit un logement chez un nommé Grenier, que ce Grenier avoit été cuisinier de d'Orléans à Paris, que ce Grenier étoit à Londres, depuis son établissement, l'agent, le maître d'hôtel de d'Orléans.
Deuxième fait. — Le second voyage de la Dubarry se fit à Londres peu N'a rion répondu, de tcmps après son retour en France. Elle fut loger dans Marguerite Street Oxford ; que là elle recevoit tous les émigrés de la haute classe et continua ses relations avec la femme Galonné.
Troisième fait. — La Dubarry repassa en France. . . vers octobre 1792.
Saint-Phar, frère putatif du duc d'Orléans, venoit de louer un hôtel garni en Boulton-Street, Barckle- Square pour Bouille. Celui-ci n'arri- Convenue du fait, vant pas, l'hôtcl fut cédé par Saint- Phar à la Dubarry, qui occupa cette maison avec 1° Saint-Phar, 2° la