CHAPITRE DEUXIEME
toutes les dépenses du ménage, tant pour la nourriture que pour les loyers ou appartements qu'ils occuperont, gages de domestiques, linge de table, ustensiles de ménage, entretien d'équipages, nourriture (le chevaux et toutes autres dépenses quelconques sans exception, tant envers ledit seigneur futur époux, qu'envers les enfants à naître dudit mariage, qu'elle sera tenue d'élever et de faire éduquer à ses frais, à la charge par le seigneur futur époux, ainsi qu'il s'y oblige, de payer à ladite demoiselle future épouse la somme de 6,000 livres de pension, pour tenir lieu de sa moitié dans lesdites dépenses et entretien de ménage, par chaque année de six mois en six mois et toujours d'avance, en sorte que les six premiers mois seront exigibles le lendemain de la célébration du mariage.
« C'est ainsi que le tout a été convenu et arrêté entre les parties promettant, obligeant, renonçant.
« Fait et passé à Paris en la demeure dudit seigneur, comte du Barry, futur époux susdésigné» l'an 1768, le 23 juillet après midi; et ont signé :
J. GOMARD DE VaUBERNIER, LE CHEVALIER DU BaRRY,
Gruel, le comte du Barry-Geres, a. Bécu, G. -F. du Barry, Rançon (1).»
Et n'oublions point, dans ce divertissant et honteux simulacre d'union par-devant notaires, l'apport de la mariée, ce trousseau pour l'entrée en ménage
(1) Mémoires de la Société des sciences morales, des lettres et des arts de Seine-et-Oise , vol. V, 1859.
estimé trente mille livres, « résultat des gains et des économies de la demoiselle », dont il est fait réserve dans la double feuille de papier à lettre jointe au contrat. Jeanne Bécu apporte un collier de diamants fins évalué huit mille livres ; une aigrette et une paire de boucles d'oreille en girandoles estimées huit mille livres; elle apporte trente robes et jupons de différentes étoffes, de soie, or et argent de toutes saisons , évalués trois mille livres ; elle apporte des dentelles d'Angleterre, de Bruxelles, de Valenciennes, d'Arras et autres, tant en garnitures de robes qu'en manchettes, bonnets et autrement, évaluées six mille livres ; elle apporte six douzaines de chemises fines en toile de Hollande, garnies de manchettes de mousseline brodée, douze déshabillés complets de différentes étoffes de soie et autres, deux douzaines de corsets, et plusieurs autres linges et effets à l'usage de ladite demoiselle, évalués deux mille livres. Rien ne manque à cette mariée mise dans ses meubles, qui apporte encore le lit complet, avec les rideaux, dossier, bonnes-grâces de damas vert, une tenture servant de tapisserie de pareil damas, huit chaises, quatre fauteuils, et deux rideaux de damas vert, évalués trois mille livres, et complétant l'apport des trente mille livres.
Un mois après le contrat, le mariage était célébré (1). Le mari repartait pour Toulouse. Madame
(1) « Le !"■ septembre 1768, après publication de trois bans sans empêchement, en cette paroisse Saint-Laurent et en celle de Saint-Eustache, les 24, 25 et 31 juillet dernier, vu la procuration donnée par la