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CHAPITRE DEUXIEME

du Barry prenait possession du logement de Lebel (1), puis de l'appartement de madame Adélaïde, reléguée dans l'appa^rtement de la dauphine. Cet appartement était situé au deuxième étage de Versailles, tout proche de l'appartement du Roi. Et Louis XV pouvait s'y rendre à toute heure, sans être vu, soit par un escalier aboutissant au balcon de la cour des Cerfs, soit par la bibliothèque située au-dessus du grand cabinet dont une porte ouvrait sur un petitpalier donnant entrée dans un des deux cabinets placés de chaque côté de la chambre à coucher de madame du Barry (2).

Installée dans Versailles, madame du Barry faisait tout d'abord éclater ses goûts de luxe et de

mère de l'époux à M. Jean Gruel, négociant à Paris, rue du Roule, auquel elle donne pouvoir de, pour elle et en son nom, consentir au présent mariage; vu pareillement la procuration des beau-père et mère de l'épouse, donnée à messire Jean-Baptiste Gomard, prêtre, aumônier du Roi, auquel ils donnent pouvoir de les représenter lors de la célébration de ce mariage, les fiançailles célébrées aujourd'hui, ont été par nous mariés messire Guillaume, comte du Barry, ancien capitaine, et demoiselle Jeanne Gomard de Vaubernier, âgée de vingt-deux ans, fille de Jean- Jacques de Vaubernier, intéressé dans les affaires du Roi, et d'Anne Bécu dite Cantigny. »

(1) Tout cet automne de l'année 1768, madame du Barry fut la maîtresse très-incognito du Roi, car. Sa Majesté étant en grand deuil de la Reine, il ne convenait pas, disent les Anecdotes, qu'Elle affichât publiquement ses plaisirs.

(2) Presque aussitôt {22 décembre 1768), l'intendant de la maison de Tiadame du Barry passait un bail au nom de sa maîtresse pour un hôtel, eue de l'Orangerie, destiné à loger les équipages et les gens de la favox-ite. Au bout de peu d'années, la maison de madame du Barry devenait si considérable, que ses équipages et ses gens ne pouvaient plus tenir dans la rue de l'Orangerie ; la favorite était obligée de louer l'hôtel de Luy-

magnificence. La courtisane, à laquelle le damas vert suffisait hier, commençait à s'entourer de toutes les belles et agréables choses qu'elle devait plus tard réunir à Luciennes, comme dans le boudoii des arts du mobilier. Dans ce logis de sa nouvelle fortune, dans cette suite de petites chambres basses, qui gardent encore aujourd'hui, dans le demi-jour de leurs volets de bois fermés, le souvenir d'une voJupté mystérieuse, la maîtresse du Roi entassait les objets d'art, les raretés, les bronzes, les marbres, les porcelaines. La cheminée du salon portait une magnifique pendule à colonnes, dans lesquelles se jouait un monde de figures de porcelaine. Au milieu du salon se dressait une table garnie de

iies et achetait bientôt sur Tavenue de Paris, pour y faire construire un grand hôtel, un joli pavillon bâti pour Binet, le valet de chambre et le parent de madame de Pompadour. Ledoux y faisait des agrandissements considérables. Il y élevait mêmg une chapelle, pour laquelle il y eut un aumônier en titre.

En 1770, on préparait à Versailles un autre logement pour madame du Barry ; mais l'appartement était donné définitivement au duc de Cossé-Brissac, et madame du Barry restait dans son ancien appartement, qu'un plan de Gabriel : Plan des changements et augmentations à faire à l'appartement de madame la comtesse du Barry (22 juillet 1770), nous montre complètement modifié en le compai'ant à l'ancien plan. Cet appartement se compose d'une bibliothèque existant déjà du temps de madame Adélaïde, d'une arrière-bibliothèque, etc., d'un cabinet-salon, d'un grand cabinet-salon, de la chambre où l'on voit dans Talcôve la [lorte deTescalier qui conduit chez le Roi. En juin 1772, Gabriel créait une grande pièce de bain qui manquait dans l'ancien appartement, et dont le devis monte à 14,950 fr., en même temps qu'il construisait à la favorite de nouvelles cuisines. En 1774, Tappartement de madame du Barry devenait l'appartement du vieux Maurepas : Louis XVI voulant avoir sous la main son ministre, ainsi que Louis XV avait eu sa maîtresse. (Archives nationales, plans manuscrits des maisons royales. O', 1773.)

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