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CHAPITRE QUATRIÈME

l'insigne honneur de ce souper. A ces marques éclatantes de faveur données au parti du Barry, on opposait des symptômes de discrédit de Choiseul. On le représentait arrivant à la tête d'un groupe qui, dans le tour de promenade que les invités faisaient dans le parc en attendant le souper, se fondait presque pour se joindre au groupe hostile de la maréchale de Mirepoix et de madame de Flavacourt, en sorte qu'à la fin le ministre se promenait seul. On parlait de la concentration d'esprit du ministre pendant le souper, qui fut très-gai ; on parlait de son front soucieux pendant le whist du Roi (1).

Devant l'influence conquise par la maîtresse, le duc de Choiseul essayait la manœuvre dont Fleury avait abusé avec tant de succès lorsqu'il voulait forcer la main aux volontés de Louis XV : il s'éloignait de la cour et allait à Chanteloup. Mais à son retour, s'il retrouvait son crédit entier, les bonnes grâces du Roi au même point, il retrouvait aussi la faveur de madame du Barry singulièrement grandie auprès du Roi qui lui donnait Luciennes (2), et le

(1) Anecdotes sur madame la comtesse du Barri. Londres. 1775.

(2) Ce château venait d'être remis au Roi par le duc de Penthièvre, qui, ayant eu le malheur d'y voir mourir son fils, le prince de Lamballe, l'avait pris en dégoiit. Voici l'acte de donation :

<< Brevet de don du pavillon de Louvetiennes en faveur de madame la comtesse du Barri.

« Du 24 juillet 1769.

« Aujourd'hui, vingt-quatre juillet mil sept cent soixante-neuf, le Roy, étant k Corapièg^e, voulant donner à la dame comtesse du Barry une marque de la bienveillance dont Sa Majesté l'honore, lui a accordé et l'ait don du pavillon de Louvetiennes, jardins et dépendances dont I.t

cercle de ses relations étrangement étendu. La favorite avait fait de telles recrues et à tous les étages de la cour, elle était déjà si entourée, qu'elle avait pu remercier ma:dame de Béarn (1). L'émulation des bassesses commençait à se donner carrière, et l'on racontait le billet du bossu plaisantin, du duc de Tresmes à la favorite : Le sapajou de madame la comtesse du Barry est venu pour lui 7'endre visite. Il ne

jouissance avoit été déjà accordée par Sa Majesté à la comtesse de Toulouse, et après elle à Mp'' le duc de Penthièvre, qui en a donné sa démission, pour, par ladite dame comtesse du Barry, jouir pendant sa vie dudit pavillon et dépendances tels qu'ils se poursuivent et comportent, conformément au plan déposé à la Direction générale des Bâtimens de Sa Majesté, laquelle mande et ordonne à M. de Marigny, lieutenant-général des provinces d'Orléanais..., de tenir la main à Texécution du présent brevet, et d'en faire jouir ladite dame comtesse du Barry. Et, pour assurance de sa volonté, Sa Majesté a signé de sa main le présent brevet et fait contresigner par moi, sous-secrétaire d'Etat et de ses commandemens. Signé LOUIS, et, plus bas, signé Phei.ypeaux. » (Archives nationales. Registre des Brevets.)

On remarquera que la donation est viagère, à la différence de la donation faite à madame de Pompadour, aux Champs-Elysées, qui lui est faite de manière à en disposer comme d'une chose à elle et en toute propriété.

(1) Les Anecdotes parlent d'une somme de 100,000 livres payées à la comtesse de Béarn pour la présentation de madame du Barry. L'assertion des Anecdotes est-elle exacte? Quoi qu'il en soit, la comtesse de Béarn semble continuer à se trouver dans une position de fortune assez misérable. Dans une lettre-missive du 4 juillet 1771, on lui écrit de la maison du Roi : « Vous devez être persuadée. Madame, de tout le désir que j'ai de pouvoir vous rendre service, et quoique les circonstances ne soient guère favorables pour obtenir des grâces pécuniaires, je ne manquerai pas de parler au Roy ainsi qu'à madame la comtesse du Barry de la situation dans laquelle vous vous trouvez et du besoin que vous avez que S. M. vienne à votre secours. » Dans une autre lettremissive du 25 juillet 1772, on lui donne avis de faire présenter par un avocat au conseil une requête qui contienne les raisons qui la mettent dans le cas de demander la grâce qu'elle sollicite. (Archives nationales. Lettres-missives, O* 413, 414.)

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