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CHAPITRE QUATRIÈME

manquait donc plus rien à madame du Barry de la cour d'une favorite : elle avait des amis, des courtisans, des valets, des bouffons. Elle n'attendit pas longtemps des hommes de lettres; dès le commencement de 1769, l'un d'eux avait le courage de lui envoyer son livre avec cette dédicace :

M Madame,

« La nature vous prodigua ses dons les

plus rares, la destinée la plus heureuse semble présider à votre carrière, et l'affabilité, la bienfaisance, bonheur de caractère bien plus essentiel encore, feront sans doute applaudir au concours avantageux ; vous vous livrerez, Madame, à tout ce que ces estimables qualités vous inspireront de plus favorable, vous honorerez les sciences, les arts et tout ce qui vous paraîtra digne d'une distinction marquée, et vous montrerez par là ce discernement et ce mérite réels toujours indépendans des circonstances, et bien supérieurs à ces surfaces frivoles sous lesquelles la fausse grandeur croit trop souvent dérober sa petitesse à nos regards.

« Je suis avec respect,

« Madame,

« Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

« Le chevalier de la Morlière (1). »

(1) Le livre avait pour titre : Le Fatalisme", ou Collection d'Anecdotes pour prouver l'influence du sort sur l'histoire du cœur humain, par le chevalier de la Moi-lière, 1769. La dédicace valut au chevalier la vente de

Tandis que la société de la favorite commençait à se former, son parti faisait une importante recrue : il acquérait définitivement l'homme créé par Ghoiseul chancelier de France en 1768, sous la promesse de perdre d'Aiguillon dans son procès évoqué cette année

son volume et une invitation à souper de la favorite, qui lui faisait » un accueil distingué ».

D'autres hommes de lettres imitèrent le chevalier de la Morlière, et parmi les volumes que la bibliothèque de Versailles possède des livres portant les armoiries et la devise de la du Barry, quatre ouvrages ont en tète des dédicaces à la favorite.

Le premier porte pour titre : Le Royalisme, on Mémoires de du Barry de Saint-Aunet et de Constance de Cezelli, sa femme, anecdotes héroïques sous Henri IV, par AL de Limairaç. L'auteur, dans son épitre dédicatoire, annonce à la favorite que les traits d'héroïsme qu'il développe sont puisés dans sa maison.

Le second ouvrage, dont les paroles sont de Douin, capitaine d'infanterie, dont les fleurs sont dessinées et gravées par Chevalier, lieutenant d'infanterie, dont le texte est gravé par Drouet, ancien soldat d'infanterie , est un almanach minuscule publié par Blaisot, à Versailles, contenant 50 planches et 48 devises, et autant d'horoscopes pour tous les états et tous les âges. Cet Almanach de Flore pour 1774 a en tête, imprimé en rouge, avec un portrait de madame du Barry, un tournesol regardant le soleil.

L'astre est constant, La fleur est fidèle.

Le troisième ouvrage est intitulé : Contes moraux et nouvelles Ldylles, de D*** et Salomon Gesner. Meister, le traducteur des idylles, s'adresse dans ces termes poétiques à la maîtresse de Louis XV ;

De la beauté, les talents et les arts Chérissent tous l'aimable empire.

Que réglogue au naïf sourire Arrête un instant -vos regards!

Comme vous, belle sans parure, Elle doit tout aux mains de la nature. Comme vous, elle a quelquefois, Sous l'air d'une simple bergère.

Charmé les héros et les rois.

Enfin le dernier ouvrage est un recueil poétique contenant deux opéras

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