‹ La Du BarryChapitre 30 sur 154 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

la cohue, qu'un jour Walpole, venu à l'exposition pour voir les deux portraits de Drouais, devait y renoncer (1).

Le jour où madame du Barry, accompagnée d'un cortège de peintres et de sculpteurs, se rendait; au Salon, on faisait sortir tout le monde d'après les ordres de M. de Saint-Florentin, qui prescrivait pour la réception de la nouvelle favorite le même cérémonial que pour madame de Pompadour.

En présence de tous les éclatants témoignages de faveur donnés cette année à madame du Barry par le Roi, plus amoureux de jour en jour, devant la force croissante de l'association de Richelieu, de d'Aiguillon, de Maupeou, de Maillebois, de Broglie, sentant la sourde défection de grands noms qu'il croyait à lui et d'illustres dames à qui tardait l'heure d'imiter l'exemple de la duchesse de Mirepoix, percevant enfin dans l'air de la cour les symptômes d'une domi-

ment répétée par la sculpture que par la peinture. Pajou faisait son buste, ce buste qui eut un si grand succès au Salon de 1771, ce buste officiel reproduit par le plâtre. Et ce buste , il le reprenait et le modifiait dans l'attitude, l'ajustement, la coiffure, jusqu'à cinq fois, ainsi qu'on peut le voir dans son Mémoire donné à l'appendice. Caffieri lui fit en 1770 ce délicieux buste en plâtre plein qui est à la Bibliothèque de V'ersailles, sculpture bien supérieure à la sculpture de Pajou, qui a donné un type bourbonien et inintelligent à la maîtresse; tandis que Caffieri a rendu l'espièglerie, la gaminerie , Teffronterie de ce visage de nymphe, a rendu jusqu'au mutin croquant de ce bout de nez qui frémit.

Il y eut un buste de Lemo^'ne que Sèvres modelait en biscuit et d'autres encone.

(1) Lettre du 30 aoiît 1769. Lettres d'Horace Walpole. Didier, 1872.

nation sérieuse et durable de femme aimée qui se fonde, Choiseul avait jugé à propos de plier. Le ministre était venu déclarer au Roi son respect pour les volontés de son maître et pour les désirs de celle qui avait sa faveur ; il le priait de ne point le rendre responsable du ton de hauteur qu'affectaient avec madame du Barry sa sœur et sa femme, auprès desquelles il affirmait avoir tout employé pour les amener à des témoignages tout différents. Mais Richelieu, Vcmii à pendre et à dépendre, disait à la du Barry qu'il fallait se défier, que le duc de Choiseul faisait contre mauvaise fortune bon cœur. Et madame du Barry, qui, au commencement de sa faveur, avait fait dire au duc que s'il voulait se rappi^ocher d'elle, elle ferait la moitié du chemin, trouvait les avances trop tardives.

Cet acte de soumission de M. de Choiseul ne lui avait pas rendu les bonnes grâces de Louis XV. Il se voyait très-rarement nommé ou appelé pour les soupers des cabinets. La favorite, quand il était son partner au whist, ne lui épargnait plus les grimaces, les moqueries, les haussements d'épaules, toutes sortes de petites vengeances de pensionnaire qui, s'ils n'entamaient pas son crédit dans ses départements, « faisaient brèche à sa considération près des sots» (l). En ce temps le ministre, tout-puissant il y avait un an, demandait pour le vicomte de Choiseul la place de capitaine-lieutenant des chevau-

(1) Lettres de la marquise du De/fand à 'Walpole. Treuttel, 1872, t. I.

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