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CHAPITRE SEPTIEME

Hoi pour obtenir un peu d'argent, obligé de solliciter pour continuer à être employé comme lieutenant général, position qui lui donnait 37,000 francs d'appointements. Et le superbe ménage, qui avait débuté par braver le Roi, finissait par lui demander l'aumône (1).

Ainsi du ménage Beauvau, ainsi des autres ménages de la cour, réduits, domptés, asservis par la question d'argent.

L'intimidation du monde, des salons, des femmes ainsi obtenue, la séduction était employée avec les princes du sang, vainement invités par lettres de cachet au mariage du comte de Provence, pour amener leur désertion dans l'affaire du Parlement et les ramener à la cour. Dans cette négociation, Maupeou montrait une science de l'humanité, une connaissance de ses plus intimes secrets, un discernement dans le choix des agents chargés par lui de les exploiter, un art enfin tout à fait extraordinaire de manieur d'âmes et de corrupteur d'hommes.

Au prince de Condé, que la mort du comte de Clermont abandonnait à son caractère flottant et indécis et ne maintenait plus dans ses velléités d'opposition, il faisait luire l'éblouissante perspective d'un mariage de Mademoiselle avec le comte d'Artois. Des conseillers, gagnés par Maupeou, insinuaient au

(1) Lettres de la marquise du Deffand à Horace Walpole. Treuttel, 1812, t. II.

prince de Condé qu'il fallait se rapprocher de la cour, échauffer, avant qu"il ne fût question d'une princesse étrangère, la passion naissante du prince pour sa fille. Le prince de Bourbon, le chancelier l'entraînait à la suite de son père avec Tappât médiocre du cordon bleu, dont le jeune prince avait été frustré à l'âge où les princes du sang en sont habituellement décorés : ce qui amenait des plaisants à dire, lors du premier voyage des deux princes à Versailles, « que le Père et le Fils étaient allés cherche)^ le Saint-Esprit » .

Après les lettres de soumission de la maison de Condé, le chancelier ne tardait guère à obtenir les lettres de soumission de la maison d'Orléans. Avec le duc d'Orléans, Maupeou utilisait l'ambitieux désir qu'avait madame de Montesson de devenir duchesse d'Orléans, de s'élever à la dignité de première princesse du sang. S'adressant directement à la femme, il la persuadait, avec sa parole irrésistible, que décider le prince d'Orléans à revenir à la cour était le meilleur moyen de gagner à la réussite de son pro • jet madame du Barry, dont la volonté faisait la volonté du Roi (1). Pour le duc de Chartres, on avait amorcé son désir d'être quelque chose par la possibilité de succéder au duc de Penthièvre dans la charge de grand amiral.

(1) Le prince pressant plus tard madame du Barrj- d'obtenir du Roi qu'il permît publiquement son mariage avec madame de Montesson, à ses instances la favorite répondait : « Gros père, épousez-la toujours, nous verrons à vous contenter mieux ensuite... •

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