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CHAPITRE DOUZIÈME

vente des' loges de Nantes et ne pouvait l'effectuer. A peu près vers le même temps, dans ce court moment de panique et de raison, elle se décide à de plus grands sacrifices. Voici un état dressé pour son notaire, Lepot d'Auteuil, de toutes les belles choses dont elle veut se défaire et faire argent : c'est le meilleur et le plus précieux de son musée de Luciennes. Outre les Pollemburg, les Ostade, les Teniers, les Jacob Xavery, et les tableaux achetés à Rome par M. de la Borde, il y a les Quatre Heures du jour de Vernet, les deux grands tableaux de Casanova, les quatre grands tableaux de Vien décorant le salon ovale de Luciennes, et de Greuze les tableaux connus : l'Enfant caressant un épagneul, l'Enfant en chemise jouant avec un chien, une Femme en Polonaise, une Femme en chemise, la Cruche cassée et l'esquisse de la Prière à l'Amour; puis les Enfants de Drouais ; puis quatre belles tapisseries des Gobelins fabriquées par Cozette, et encore les figures de marbre sur piédestaux dorés du salon, et les vases de porphyre avec bas-relief d'or moulu du salon du milieu, et les quatre torchères de marbre blanc de la salle à manger (1).

(1) État des tableaux , statues , groupes et autres effets qui peuvent former la masse des objets à vendre. Comptes manuscrits de madame du Barry, Bibliothèque nationale, Supplément français, 8157 à 8158. — Les objets étaient livrés aux enchères , mais seulement en 1777. La vente, qui était une vente de réunion et qui ne porte pas le nom de madame du Barry, avait lieu à l'hôtel d'Aligre le 17 février 1777. Un Intérieur villageois d'Ostade, provenant du cabinet Choiseul, se vendit 7,250 livres ; une Guinguette de Teniers , provenant du cabinet de M. Lempereur, 6,500 livres ; un vase de Jacob Xavery, 803 1.; une Vénus

Échappée à ces ennuis, madame du Barry retombait dans les tristesses de Saint-Vrain. Avec l'automne, le peu de monde qui lui venait des châteaux d'environ l'abandonnait. Les fièvres se levaient des prairies marécageuses du parc(l). Dans le château, madame du Barry tuait le temps de son mieux. Un document conservé aux Archives nationales nous la montre, esclave de son service, tiraillée entre les perpétuelles indigestions d'une de ses femmes de chambre et les continuelles grossesses de l'autre, poussant l'indulgence et la bonté jusqu'à se cacher à peu près des deux malades pour chercher une troisième femme. L'âge, la disgrâce, ne l'ont pas plus mûrie qu'ils ne l'ont aigrie : elle reste à Saint-Vrain ce qu'elle était à Versailles. Elle a, dans ce maussade exil, les folies, les amourspropres, les amusements et les entêtements de l'enfance; elle passe les journées, elle tâche d'user un peu de la nuit aux cartes, au Trou-Madame, jouant sans compter, perdant follement avec des amis assez discrets pour ne point lui réclamer

endormie, de Polemburg, 2401.; les Greuze atteignaient de grands prix. L'Enfant en chemise jouant avec un chien, provenant du cabinet Choiseul, se vendait 7,200 livres ; l'Enfant caressant un épagneul, 2,612 livres; la Prière à l'Amour, réduction du tableau qui était chez le duc de Choiseul, 1,950 livres; la Femme en chemise, 2,599 livres; la Femme en Polonaise était retirée à 500 livres. Enfin, deux tapisseries d'après Boucher, par Cozette, sous glace (H. 48 pouces, L. 70 pouces), atteignaient le prix de 2,660 livres. Les tableaux de Vien , de Drouais , les vases de porphyre, les torchères de marbre blanc, etc., n'étaient point mis en vente.

(1) Mémoires historiques de Jeanne Gomart de Vaubernier, comtesse Dubarry, par Favrolle. An XI, t. III.

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