‹ La Du BarryChapitre 83 sur 154 · CHAPITRE DOUZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIEME

Puis les lettres se font plus caressantes. Ce sont iCS premières étapes du Tendre : attentions et petits soins.

« On a dit depuis loyigtemps que les petits soins entretiennent l'amitié, » c'est la première ligne d'un de ces billets.

Bientôt viennent les jolies prévenances , l'envoi « d'une pièce de monnaie prodiguée fort mal a propos au mince jeu de loto; elle est du temps de Louis quatorze. M. Seymour est grand admirateur de ce siècle si fegont en mei'veille, en voilà un diminutif que les dames de Louvecienne lui eyivoient. C'est avec plaisir quelle lui en font l'homage; elles s'en pin'vent parce quelle savent bien que M. Seymour sentira le prix du sacrifice et cera bien pei^suadé que les dames voudres trouver des ocations plus essentielles a lui marquer leur amitié. »

Le jour arrive où l'amour grandit et éclate, s'abandonnant, se livrant tout entier, débordant d'aveux, de tendresses, ému, brûlant et doux :

« Les assurances de votre tendresse, mon tendre ami, fon le bonheur de ma vie, croyez que mon cœur trouve ces deux jours bien long, et que s'il éloit en son pouvoir de les abréger, il naures plus de peine ; je vous attands samedi avec toute l'impatiance d'une ame entièrement avons et j espère que vous ne désirerais rien. Adieu, je suis a vous.

« Ce jeudi a deux heures (1). »

(1) Nous trouvons dans un catalogue d'autographes (5 février 1855, une lettre distraite de cette correspondance amoureuse de madame du Barry, et sans doute écrite bien peu avant ou bien peu après celle qu'on

Puis viennent, selon le cours fatal des alTections humaines, les incertitudes, les troubles, les craintes, les gronderies, douces encore comme des caresses :

« Vous n'aurez quun mot de moi et qui cerais de reproche si mon cœur pouvez vous en faire^ je suis si fatigué de quatre qrande lettre que je viens déc7'ire que je nai la force que de vous dire que je vous aime. Demain je vous dirai ce qui ma empêché de vous donner de mes nouvelles, mais croyez, quoique vous en disiez, vous serais le seul ami de mon cœur. Adieu, je nai pas la force de vous en dii^e davantage.

" Vendredi a 2 heure. »

A la dernière lettre, l'amour est mort chez lord Seymour ; madame du Barry lui écrit :

« Ce mercredi a minuit.

<( Il est inutile de vous parler de ma tendresse et de ma sensibilité, vous la connoisé. Mais ce que vous ne connaisses jms ce son mes peines, vous navez pas daigné me rassurer sur ce qui affecte mon ame. Ainsi je croit que ma tranquillité et mon bonheur vous touche peu, cest avec regret que je vous en pjarle, mais cest pour la dernière foit. Ma tête est bien, mon cœur souffre. Mais avec beaucoup d'attantion et de courage, je parviendrai a le

vient de lire : « ... Mon cœur est à vous sans partage, et si fai manqué à ma promesse, mes doits sont seule coupable. J'ai été' très-incomodée depuis que vous m'avés quitté, et je vous assure que je n'avés de force que pour pencer à vous. Adieu, mon tendres amis, je vous aimes, je vous le répète, et je crois être heureuse, je vous embrace mille foit, et suis à vous. Venés d-j bon hem . >•

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