CHAPITRE TREIZIÈME
ajoute : « Peut-on faire un crime à une femme malade d'avoir été prendre les eaux et le faire retomber sur son père?» Enfin, dans une autre lettre toujours envoyée de l'étranger et datée du 20 juin, la duchesse de Mortemart, parlant toujours de son père, écrivait presque rassurée à madame du Barry : « Je vous rends un million de grâces , madame, des nouvelles que vous avez eu la bonté de me donner. Comme votre lettre a été retardée , je ne l'ai reçue qu'avec des nouvelles de mon père de sa propre main, ce qui m'a fait grand plaisir ; j'ai su depuis qu'il avoit été interrogé et n'étoit plus au secret. Le voilà aussi passablement que possible pour un prisonnier... ^iolgré son innocence reconnue, je crains que les procédures ne soient longues »
Le vol de la nuit du 10 janvier 1791. — Deux mille louis à gagner, dia niants perdus. — Les U'ois voyages de madame du Barry en Angleterre. — Lettre de madame du Barry sur les confitures de Luciennes. — Annonce de l'arrestation de la propriétaire de Luciennes par le Courrier François. — Madame du Barry interrogée par l'abbé Fauchet, président du comité de sûreté générale.
Ce sang de Brissac, que la presse révolutionnaire jetait à la face de la du Barry, la marquait pour la morl. Et cependant la mort allait avoir tant à faire, que peut-être la maîtresse de Louis XV eût été oubliée parmi la foule des victimes sans un vol arrivé dans la nuit du 10 au H janvier 1791, pendant un de ses séjours à l'hôtel Brissac (1). Ce vol fut la
(1) Ce n'était pas la première fois que madame du Barry était volée Le 20 avril 1776, trois filous, dont l'un portait la croix de Saint-Louis, s'introduisaient chez elle, et, la menaçant d'un pistolet, lui dérobaient un riche écrin. Dans une lettre de sa nièce , madame de Boissaison, datée du 24 août 1788, il est question d'un vol considérable de linge exécuté par des voleurs qui devaient parfaitement connaître les êtres de la maison. Sur le vol de la nuit du 10 au 11 janvier 1791, voici les détails donnés par Motin dans son interrogatoire de frimaire an II (18 décembre 1793) : Un Suisse rouge devait faire la garde extérieure uendant toute la nuit, et un jardinier devait coucher dans l'antichambre, d'après « les ordres » donnés par madame du Barry. Néanmoins, en raison de la difficulté d'établir un lit dans cette antichambre, Morin