‹ La Duchesse d'AbrantesChapitre 2 sur 8 · X NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

X NOTICE BIOGRAPHIQUE

surnommé ses camarades, devenu le frère d'armes de son général, partageant avec lui les modestes ressources qui sont la base de leur existence commune, et lui vouant dès lors cet attachement fanatique qui eut une si grande influence sur sa destinée. A la suite d'une dénonciation de Salicetti et de quelques autres de ses compatriotes corses, persécuteurs de sa famille, le général Bonaparte est déclaré suspect, emprisonné, traduit à la barre du comité de salut public. Junot veut partager sa captivité; et l'emprisonnement alors c'est presque toujours la mort obscure et ignominieuse. Bonaparte lui ordonne de rester libre afin de le servir plus efficacement. Puis, lorsque par l'autorité de sa parole le jeune général a surmonté la haine de ses adversaires, qu'il est remis en liberté, qu'il va pouvoir enfin organiser cette admirable expédition d'Egypte par laquelle il cè\e d'abattre la puissance grandissante de l'Angleterre en Orient, Junot devient son premier aide de camp. C'est là, parmi cette légion de jeunes héros, qu'il s'immortalise au glorieux combat de Nazareth.

Après la période où Junot étant gouverneur

NOTICE Biographique. xi

de Paris, sa jeune femme « madame la gouverneuse », ainsi que se plaisait à l'appeler Napoléon, faisait les honneurs de THôtel de ville, c'est en Portugal comme ambassadrice que la duchesse d'Abrantès prend une part personnelle à la carrière politique de son mari : ce sont des fêtes élégantes, des relations intimes nouées avec le corps diplomatique étranger ; des observations fines et pittoresques sur ce beau pays livré au fanatisme, dont le gouvernement chancelle et va s'écrouler sous le souffle puissant de celui qui transforme l'Europe à son gré.

Les détails de son mariage, la demande de Junot, les présents, la corbeille, le cérémonial des fêtes et des présentations en usage à cette époque, tout cela est raconté avec un charme plein d'intérêt ; l'apparat que les femmes mettaient alors dans les préparatifs de leur toilette, le soin avec lequel certains usages étaient observés et qui devenaient comme la consécration des grands événements de la vie. Tous les détails en étaient réglés à l'avance et la duchesse d'Abrantès nous apprend qu'une jeune femme bien née ne pouvait se dispenser, en 1800, de

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