XIV NOTICE BIOGRAPHIQUE
n'hésitera pas à accompagner son époux. Elle partagera ses fatigues, ses dangers à travers un pays ravagé par les armées, livré au fanatisme le plus violent. Elle le suivra en frère d'armes,
« Quelles sinistres décorations la guerre jetait € sur ces contrées jadis si riantes et si pai- « sibles! » nous dit-elle.
Madame Junot faisait partie de l'entourage intime de la famille de l'empereur. Elle a connu madame de Beauharnais; sa fille, la « ravissante sylphide » qui devint la reine Hortense. Les belles princesses, sœurs de Napoléon, ont été ses compagnes d'enfance. Elle a fréquenté tous les souverains, tous les diplomates, tous les savants, tous les artistes de son temps. Elle a joué aux barres à la Malmaison avec le premier consul, qui trichait pour atteindre le but. Elle a assisté à toutes les fêtes, partagé toutes les splendeurs de la cour impériale. Elle a vu tomber, le jour du couronnement, une toute petite pierre détachée des voûtes de Notre-Dame, qui est venue frapper l'empereur pendant la cérémonie. Sa maison a été une des plus fréquentées, des plus luxueuses de la société impériale.
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L'empereur comblait ses lieutenants de çloire et de fortune, mais il entendait que les h*uts dignitaires de sa cour eussent une représentation en rapport avec leur rang. Madame .lunot nous parle de ses robes brodées d'or et de saphirs, de ses manteaux de cour lamés en plein, dont le poids était si lourd que les jeunes femmes fléchissaient sous leur parure. Elle a vu couler les larmes silencieuses de l'impératrice Joséphine lorsque la résolution de divorcer fut arrêtée dans l'esprit de Napoléon ! Elle nous peint sa douleur, sa dignité dans Texil de la Malmaison, ce lieu si cher par les déchirants souvenirs du bonheur perdu. L'arrivée en France de la jeune archiduchesse Marie -Louise accompagnée de son petit chien, de ses oiseaux dont elle n*a pu se résoudre à se séparer. La naissance du roi de Rome. 11 y a des pages adorables sur la tendresse que l'empereur montrait à son fils, cet enfant beau comme l'Amour, qui apportait toues les ivresses, toutes les douleurs de la paternité à ce cœur de héros.
Le récit des actes de Napoléon pendant les Cent-J ours, par madame d'Abrantès, est l'un des plus dramatiques qui aient été faits sur cette