‹ La Duchesse d'AbrantesChapitre 5 sur 8 · XVI NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

XVI NOTICE BIOGRAPHIQUE

courte période marquée par des triomphes inouïs, par les plus terribles revers.

Après la mort de Junot, après la chute de TEmpire, la duchesse d'Abrantès vit sa fortune déchner. Des habitudes de grand luxe, qu'il est toujours difficile d'enrayer à temps, une certaine insouciance dans l'administration de ce qui lui restait, de grandes charges de famille amenèrent progressivement une situation fort embarrassée qui alla jusqu'à la gêne. La duchesse d'Abrantès habita pendant plusieurs années TAbbaye-au- Bois où se trouvait madame Récamier, son amie intime. Toujours très entourée, elle conserva toute sa vie l'attrait d'un esprit séduisant et tout à fait supérieur.

La duchesse d'Abrantès eut de nombreux enfants. Plusieurs moururent en bas âge. Sa fille aînée Joséphine, la filleule de l'impératrice, était née en 1802; mariée à M. James Amet, elle avait hérité des grâces de sa mère et écrivait avec talent. Sa seconde fille Constance, née en 1804, avait épousé M. Aubert. Son fils aîné Napoléon était né en 1807. Par une fatahté remarquable son second fils, Alfred d'Abrantès, né sur le champ de bataille en 1809, pendant la campagne

NOTICE BIOGRAPHIQUE. x^ii

d'Espagne, fut tué en 1859 à la bataille de Solferino. Il avait épousé successivement les deux filles du général baron Lepic. Sa veuve fut nommée dame d'honneur de la pnncesse Clotilde, au moment de son mariage avec le prince Napoléon. Le duc n'ayant laissé que deux filles, le nom de Junot est éteint.

Napoléon III releva le titre de duc d'Abrantès en faveur de M. Le Ray, secrétaire d'ambassade et conseiller général de la Mayenne, qui a épousé mademoiselle Jeanne Junot, la fille aînée du duc, et qui vit noblement, suivant la juste expression des anciens ouvrages héraldiques. La seconde fille du duc a épousé le vicomte de Laferrière, neveu du premier chambellan de Napoléon III.

La fille de madame Amet, la petite-fille de madame la duchesse d'Abrantès, auteur de ces Mémoires, est la charmante comtesse de Mouy, la femme du diplomate distingué qui fut ambassadeur à la cour d'Italie et à la cour de Grèce. La duchesse d'Abrantès mourut à Paris, rue de Navarin, en 1838, âgée de 54 ans.

Ses Mémoires parurent en 1831, après la Restauration, sous le gouvernement de Juillet, à

Page 1