Marquise de Las Cases, née Biencourt
KNFANCE ET JEUNESSE 85
La vie de ce château se compose de tout ce que la sociabilité a de plus doux; la conversation, de plus amusant, et la fortune, de plus agréable. On cause, on fait de la musique, on monte h cheval, ou bien Ton se promène en calèche. A côté du salon, on trouve une grande bibliothèque et tout ce que l'on veut de livres nouveaux ou de gazettes et de publications de tout genre. Un désir de se plaire toujours alimente à Tinfini toutes les conversations. Quelquefois on se dispute avec fureur, tout le monde crie à la fois, et puis on rit un moment après.
Voilà comment se passe notre temps. Je vais pourtant quitter Mouchy pour retrouver à Paris un ami dont la vie a été bien agitée depuis quelque temps. Vous avez vu l'horrible article dirigé contre lui. J'espère que vous en aurez été indignée. Ce sentiment a été général, et ses anciens ennemis eux-mêmes ont voulu qu'on sût bien qu'ils étaient incapables de cette basse attaque. Mandezmoi si vous avez vu le discours * qui a allumé cet incendie. Ceux qui méditaient de troubler le repos d'un homme qui ne demande au monde que ce seul bien ont pris soin de répandre avec profusion des copies d'un discours qu'il avait enseveli dans le plus profond oubli. Ensuite ils lui ont fait un crime de leur méchanceté et ont fondé sur cette noirceur toutes leurs persécutions. J'ai été bien tourmentée de cette affaire qui paraît à présent s'apaiser un peu.
Après avoir passé quelques jours à Paris, je ferai mon voyage de Bruxelles, j'irai voir mon amie, M"* de la Tour du Pin ^ la nièce de M. d'Hénin, M"*** de la Tour du Pin, si belle, si aimable, dont vous avez entendu raconter le voyage en Amérique pendant la Terreur. Son mari avait acheté une petite ferme dans le tour de New-York près d'Albany, et ils vécurent là deux ans, uniquement livrés à tous les travaux de la campagne. M"** de la Tour du Pin, belle comme le jour et âgée de vingt ans, trayait les vaches et faisait la cuisine. Son mari labourait la terre, et le soir, ils faisaient la lecture ensemble pour se délasser de leurs travaux...
Je suis sûre que vous savez tout cela par cœur, et je ne comprends pas ce que vous me dites que je ne vous ai pas parlé de cette amie que j'aime depuis quinze ans [1796] et dont l'amitié fait le charme de ma vie.
Ecrivez-moi donc, ma chère Rosalie, à \ Hôtel de la Préfecture à Bruxelles t département de la Dyle.
\. Discours pour T Académie.
2. Frédéric-Stïpaphin, marqui.sdola Tour du Pin, né à Paris, 6 janvier 1759. morl à Lausanne. 26 février 1837 ; marié 15 mai 1787 à UenrieUe-Lucy DiUon, morte !•' avril 1853.
Mes filles sont bien gâtées, comme vous pouvez croire, dans cette maison. J*aî eu du plaisir à les montrer si grandes et si embellies. Une fois de retour de Bruxelles, nous ne pensons plus qu^aux maîtres dont, après une si longue absence, on a grand besoin. Enfin... enfin... voilà trois grandes pages où je ne vous ai parlé que de moi, car mes amis sont comme moi. Parlons-en encore, chère Rosalie, en parlant de vous, de vos inquiétudes dont je suis occupée ; de votre pauvre amie malade, — que je voudrais savoir guérie ; — de votre voyage d'Ussé, que vous ferez certainement, si ma volonté y peut quelque chose...
J'ai parlé de vous avec Adrien et Mathieu [de Montmorency], qui ont passé bien du temps chez moi. Que vous dire du Portugal Vous savez les nouvelles de ce pays ; on ne sait rien que par les gazettes. Ce qui est éternellement triste, c'est d'avoir les objets de sa tendresse à 800 lieues de soi, comme nous, ou à 600, comme les mères et les femmes de toute l'armée de Russie. Elles ne sont pas toutes comme M"® de Grillon qui écrivait l'autre jour à son fils, dans la plus affreuse inquiétude, le sachant aide de camp d'un général blessé à mort. Elle se livrait à toute sa douleur, et son papier était inondé de ses larmes ; elle lève la tête pour les essuyer, et elle voit son fils devant ses yeux. Vous jugez de ce qui se passa dans le cœur à une telle surprise. Le fils et la mère restent un petit moment à se regarder, puis ils se jettent dans les bras l'un de l'autre avec les transports de joie qu'on peut imaginer, — et avec cette jolie histoire, chère Rosalie, mon papier finit, et ma lettre.
Adieu. Écrivez- moi. Parlez-moi de vous et croyez à ma tendre amitié.
Madame de La Tour du Pin à Madame de Duras.
Bruxelles, le 6 octobre 1811.
Vous aurez lu, chère amie, dans le Moniteur, l'éloge de Chénier et le petit coup de patte du second alinéa pour votre ami. Après cet éloge, il ne tiendrait qu'à nous de l'estimer, si nous en avions envie ; mais je ne pense pas que nous nous en avisions. Puisque je parle de journaux, vous aurez lu aussi l'indigne paragraphe de celte vieille malheureuse de M"® du Deffand, et la réponse de M. de Lally. Eh bien! chère amie, vous croyez bien que je n'aime pas cette réponse, que je la trouve longue, diffuse, délayée, sans un mot qui parle au cœur. Quand un iils parle du
supplice de son père, il faut qu'il fasse pleurer, ou qu'il se taise, et je suis certaine qu'il n'aura pas coulé une larme des deux cent mille yeux des cent mille lecteurs dont il parle trois fois dans cette longue lettre; la prétention au sentiment, lorsqu'on manque le but, est encore plus ridicule que la prétention à l'esprit; car dans cette dernière, on en a toujours un peu en voulant en avoir beaucoup; au lieu que le défaut de sentiment, quand on annonce le projet d'en avoir, laisse le lecteur froid comme la glace quand elle ne lui donne pas envie de rire... Les points d'exclamation sont d'une grande ressource d^ns ces occasions-là ! J'en ai fait une douzaine en recevant le croquis du château de Ghenonccau et j'ai ri en lisant vos précautions' décrire «prairie et rivière». En vérité, vous vous défiez trop de mon intelligence. Ah ! que ne suis-je à Ussé avec M. Underwood! Que j'aurais fait de progrès! Mais au lieu de cela, j'ai été dans les grandeurs. J'ai eu les petites entrées, j'ai appris à aimer l'Impératrice dans son intérieur; elle n'a pas vestige de hauteur; elle est douce, bonne, obligeante; sa timidité est extrême et sied bien à son âge. Tout ce qui l'entoure l'adore. Elle ne dit jamais un mot de reproche à personne ; elle trouve toujours tout bien, tout bon, et elle a une naïveté singulière. Voulezvous savoir, chère amie, comment elle était mise à la fôte que la ville lui a donnée ? Elle avait une robe d'étoffe blanche unie avec uneguirlande d'épis de diamants en bas et les coutures de la taille recouvertes de gros diamants, les manches rayées de même, et, autour de la taille, une frange de diamants comme la frange de soie autour d'un spencer, un bouquet d'épis de môme, et la tôte couverte de même. Cela n'était-il pas joli ? Ce détail est dédié à Félicie. Elle saura de plus que Charlotte était très bien mise et que sa jolie taille a été remarquée. Nous avons eu ici Talma, M"* Duchesnois, etc. On a joué Àndi^omaque divinement, mais nous ne savons pas à Bruxelles ce que c'est qvCAndromaque, et il y a bien des gens qui croient qu'Hector a été tué dans la guerre de Sept Ans. J'ai pris mon parti, chère amie, sur l'ennui de mes lettres : vous les aurez comme je pourrai les écrire ; si elles sont longues, diffuses, prolixes, n'en accusez que vous-même ; vous les voulez, et vous les aurez. Ce pauvre M. de Montrond est au château de Ham : il avait un passeport pour aller voir sa mère à Besançon ; au lieu de cela, il est revenu d'Aix-la-Chapelle à Anvers, et puis bien d'autres choses; et puis, le voilà en prison en compagnie des souvenirs d'une vie corrompue, immorale par calcul : c'est un homme qui a toujours mal fait sans être entraîné par aucune passion. Son âme, parfaitement froide et impassible, aurait pu devenir celle d'un homme distingué, si, au lieu d'entrer dans le mauvais chemin, il avait pris le bon. Son dernier exploit a été de ruiner un
pauvre jeune homme, à Aix, à qui il a gagné 80.000 francs; cette somme a été payée par toute la famille qui se trouve sans pain et qui regrette sans doute qu'on ne l'ait pas enfermé deux mois plus tôt. Vous avez, de Cécile, une beaucoup meilleure opinion qu'elle ne mérite, elle chante bien, mais pas divinement, comme vous dites. Nous avons ici un Italien qui la tient dans la bonne méthode : elle solfie très bien et fait i portamenti avec une grande facilité. D'ailleurs, elle a régulièrement son maître trois fois par semaine, et je n'entends pas raillerie sur les maîtres : il ne faut ni être dérangée, ni que la leçon soit de deux minutes moins qu'elle ne doit être ; tous ces soins ne feront que des éducations fort ordinaires, mais j'avoue que Charlotte me récompense déjà de mes soins; elle est la raison même, s'entend au ménage, et, si j'étais malade, elle mènerait la maison peut-être mieux que moi ; elle est fort modeste, sérieuse, appliquée, pieuse; c'est une bonne fille qui porterait le bonheur dans le ménage où l'on aurait le bon esprit de la choisir.
J'ai un grand bonheur, chère amie. C'est que mes enfants me remercient tous les jours du bonheur que je leur donne. Humbert m'écrivait l'autre jour : « Si on avait vécu dans votre intérieur comme moi, ah î que vous trouveriez de gendres! » Il y en a bien un ici qui vit dans notre intérieur et qui me conviendrait : il est tout petit et très gentil, et il aura 100.000 livres de rentes : c'est l'auditeur attaché à la préfecture : il se nomme Liedekuerque . N'en parlez pas, je vous prie, à personne, et pas même à Pauline : il a 22 ans. Si nous restons encore ici trois ans, je ne serais pas sans espérance de voir cette bonne affaire se faire. Malheureusement, en le voyant beaucoup chez nous, on en a tout de suite parlé dans la ville, et je ne puis découvrir d'où le bruit est venu, quoiqu'il m'impatiente. Adieu, chère amie. Je vous aime beaucoup et voudrais bien vous voir, si vous venez à Paris cet hiver. Assurément vous pourriez bien venir passer un mois avec moi, si vous vouliez.
Bruxelles, ce 17 janvier [ISlâ].
Chère amie, j'avais une longue lettre écrite pour vous. Je reçois la vôtre, et je déchire la mienne avec chagrin et en ayant le cœur bien oppressé de tout ce que vous me dites et plus encore de quelques phrases dans une lettre de Pauline. Ah ! mon Dieu, que vous êtes avancée depuis mon départ, et que vous avez une mauvaise tête I Votre lettre, ma chère, est le langage de la passion depuis un bout jusqu'à l'autre. Ne vous faites pas illusion, ne vous retranchez pas derrière ce nom de « frère » qui ne signifie rien ; ne
me parlez pas de quelques soins que vous donnez à vos enfants, et dont vous vous vantez comme de ce qui peut me faire le plus d'impression. Je vous déclare que cela ne m'en fait aucune, et que quelques leçons données à la hâte, avec distraction, avec ennui (et vous êtes trop vraie pour le nier), ne me prouvent aucunement que vous n'ayez pas dans le cœur un sentiment coupable, oui, ma chère, coupable et très coupable ; l'amitié ne ressemble pas du tout à ce que vous ressentez. Fuyez à Ussé, ma très chère, et évitez les adieux. Voici la phrase de Pauline*; je la transcris mot à mot en croyant bien que vous n'êtes pas capable de le lui dire, quoique Texaltation de votre tête ne vous laisse que bien peu de faculté de savoir ce qu'il faut dire et ce qu'il faut taire : « Claire nous quitte dans la semaine de Quasimodo, désolée de partir avant la grande réception. Elle est heureuse, passionnée, et ne se l'avouant pas, et goûtant tout le charme d'un sentiment exalté sans y mêler une seule inquiétude, ni un seul reproche ; c'est un aveuglement qui la sauve de tous scrupules, et cette profonde ignorance assure à la fois son repos et son bonheur. »
Gomment trouvez-vous cela ? Peut-on parler d'une passion en meilleurs termes, et plus clairs ? Et ce qu'elle dit, tout le monde le dit, sans doute, je le présume du moins ; et vous prenez si peu de soin de cacher vos sentiments, vous en avez si peu le talent, que si on ne les voit pas, c'est qu'on ne veut pas les voir, et à Paris Ton veut toujours tout ce qui est de la malice et de l'amusement, aux dépens des autres. Partez-en, ma chère amie, et calmez votre cœur. Si vous le pouvez, repoussez la pensée de cet homme qui fait votre tourment ; je ne suis pas assez insensée pour vous dire : n'ayez pour lui que de l'amitié ; car je sais que cela n'est pas possible; mais comme je crois en même temps que votre tête est plus exaltée que votre cœur n'est coupable, j'attends beaucoup du temps. Occupez-vous de vos enfants dont, quoi que vous en disiez, vous ne vous êtes guère souciée pendant votre séjour à Paris ; et croyez qu'elles ne sont pas assez enfants pour ne pas s'apercevoir de ce qui vous distrait ; je ne doute pas qu'elles ne l'aient vu, et quelques mots échappés un jour à Clara ne me permettent pas d'en douter. Eh ! qui ne le verrait pas ? Hélas! je voudrais qu'il n'y eût que moi. Je renfermerais ce secret dans le fond de ce cœur tout à vous, que vous accusez de froideur et qui le mérite si peu. Ah ! croyez, chère amie, que tout ce que je suis susceptible de ressentir de tendresse, je le sens pour vous, et que c'est pour votre repos et pour votre gloire que je
i. Comtesse de Bérenger. et non M»» de Cossé, comme il est noté dans l'ouvrage de M. Bardoux, et dans les articles de critique.
veux VOUS arrêter sur le bord du précipice où vous oies tout près de tomber. Et quand vous auriez succombé, croyez-vous que je vous aimerais moins ? Hélas ! non, mais cela me rendrait si malheureuse que je vous demande, par pitié pour moi, d'éviter ce malheur par la fuite la plus précipitée. Ah ! laissez-le, ma chère, à cette Nathalie. Elle est digne de lui, puisqu'il s*en accommode si bien. Pourquoi voudriez-vous qu'il ne fût pas à elle ? Quel mal cela vous fait-il ? Et que de noirceurs ne vous ferait-elle pas, si elle savait que vous l'aimez comme je le sais. Adieu, ayez soin de mon bonheur : il est entre vos mains.
La vivacité de Tavant-dernière phrase jeta M°*® de Duras dans un trouble profond : non pour la menace des « noirceurs » auxquelles tout lui disait que sa chère Nathalie était incapable de s'abaisser ; mais pour la sorte de déloyauté qui éonsisterait à disputer un cœur à une parente et amie, qui était en possession de ce cœur bien avant elle, et qui lui avait fait connaître Chateaubriand, sous son propre toit, à Méréville.
Toujours droite et franche, même au milieu de la passion, elle soumit aussitôt ses scrupules au cher frère, si étranges qu'ils fussent, surtout lancés à cette adresse.
L'absolu de la réponse n'est pas moins curieux que celui de la demande. Chateaubriand lui répond : « Quelle folie ! chère sœur. M"^ de Mouchy [Nathalie] sait que je Taime, que rien ne peut me détacher d'elle... Sûre ainsi de moi. M"® de Mouchy ne me défend ni de vous voir, ni de vous écrire, ni même d'aller à Ussé, avec ou sans elle. Si elle me le commandait, sans doute elle serait aussitôt obéie, comme je vous Taî dit cent fois. Vous ne le trouvez pas mauvais. Vous m'en estimez davantage. »
La franchise et la simplicité en tout, sans en excepter les choses du sentiment, telle était la règle invariable de M"** de Duras. Il s'en faut qu'on ait le droit d'en dire autant de René, du moins en fait d'amour ; car ses passions ne furent pas toujours successives. M"* de La Tour du Pin, qui ne mâche pas le mot, va tout à l'heure parler d'un « sérail » à propos de lui.
Madame C. de Duras à Rosalie de Constant.
Ussé, 25 janvier [1812].
Chère Rosalie, vous savez l'histoire de l'enfant prodigue, il resta bien des années hors de la maison, mais il revint, et le père
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de famille tua le veau gras et se réjouit. — Me voici. Me pardonnez-vous ? Je vous aime toujours, je ne vous ai point oubliée. J'ai pensé à vous. Vos petits dessins sont là autour de moi, à côté de tous les souvenirs de ce que j'aime. Pardonnez-moi, — et écrivez-moi. Mais vous, ne m*avez-vous point oubliée ? Tant d aqnées déjà se sont écoulées depuis que nous ne nous sommes vues, chère Rosalie. — Vous aimiez une Madame de Duras que votre imagination a créée ; si vous me voyiez, peut-être que vous ne m'aimeriez pas du tout. Mais je vous fâche quand j'ai ces mauvaises pensées ; n'en parlons donc plus. Je voudrais avoir de vos nouvelles, les miennes ne valent rien. Je suis triste et contrariée de ne point aller à Paris, nos affaires nous y obligent, et ce que je sais le moins, c'est de me soumettre à la nécessité. Je suis donc là, rongeant mon frein, ennuyée, contrariée, de mauvaise humeur, dégoûtée de la campagne, et toute prête à prendre Ussé en aversion. Et voilà l'état où je suis en vous écrivant. Convenez, chère Rosalie, que ce n'était pas la peine de rompre ce long silence. — J'ai eu du monde tout l'été, — Adrien, sa femme, tous ses enfants ^ Nous avons parlé souvent, lui et moi, de Lausanne. Vous savez l'exil du pauvre Mathieu ?
Je plains votre voisine, et jamais je n'ai eu tant d'envie de faire connaissance avec elle. Mais, — ma chère Rosalie, jamais, jamais je ne retournerai dans votre Suisse; je suis liée, garrottée de cent mille liens, et, si vous ne venez pas me voir, nous ne nous retrouverons que dans l'autre monde.
J'ai un voisin qui est un peu fou et qui fait des systèmes. 11 en a un qui me plaît. Il prétend que toutes les âmes de la même trempe se réuniront après la mort et habiteront la môme planète. Ces êtres donc qui s'attirent ici-bas, qui se plaisent, qui s'entendent, qui sont, comme on dit en anglais, congenial, se trouvent unis intimement ; et on sera tout à coup débarrassé de tous ces esprits de travers et de ces gens qui, bien que les plus honnêtes gens du monde, n'ont pas le plus léger rapport avec vous. Cet arrangement ne vous convient-il pas ? C'était pour vous dire, ma chère Rosalie, que nous nous rencontrerons un jour dans le même lieu et que je trouve cette espérance fort douce. Ma lettre serait trop longue si je vous contais toutes les belles preuves