‹ La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits;Chapitre 24 sur 88 · Baptême du duc de Bordeaux, !•' mai · texte numérisé non relu

Baptême du duc de Bordeaux, !•' mai

AHBA88ADES DB CHATEAUBBIAND 193

J'aurai bien des choses à vous dire ce soir. Je serai chez vous ce soir à neuf heures.

Mardi, 19 [juin 18211.

n me sera impossible de vous voir ce matin. Je suis obligé de courir de tous côtés pour rallier nos amis et en venir à une résolution. Je n'ai rien appris hier au soir chez M"® de Gontaud, mais j'ai parlé assez longtemps à Monsieur. J'ai aussi causé avec Pozzo. Mais M. d'Orglande est venu se mettre en tiers et a tout gâté. Revenez vite.

Jeudi matio, 21 juin 1821.

# Je viendrai chez vous, dimanche. Je ne puis aller à Andilly. Nous sommes en négociations. Vous avez la paix des champs et un bon soleil. Vous êtes bien heureuse.

Vendredi, 29 [juin 1821].

Je suis un peu mieux ce matin, et je vais à la Chambre, mais je me suis levé tard et n'ai pu aller vous voir. Si mon rhume me permet de sortir ce soir, j'irai chez vous à 7 heures. Je ne sais rien de nouveau, et je ne crois pas que ce qui se passe aux Chambres avance l'affaire des ministères royalistes.

Dimanche malin.

Je viens d'envoyer chercher le médecin; mon rhume a redoublé. Quand vous souffrez, vous ne permettez pas qu'on doute de vos maux, mais les maux de vos amis vous ennuient. Votre billet est un chef-d'œuvre de déraison et d'injustice. Que puis-je entre la Chambre des Pairs et la fièvre ? Je ne sais plus un mot d'affaires depuis que je suis dans cette position. Si le médecin me permet de sortir, j'irai chez vous, mais j'en doute.

[Fin juin 18il|, samedi, 3 lieures.

Quels détails voulez-vous que je vous donne, quand je n'en sais point? Je viens de voir Corbière ; il a été cordial et très ému en me parlant ; mais le secret (s'il y en a un) ne pourra (^trc su que demain, et peut-être pas demain. Je ne sais s'ils restent ou s'ils partent ; je pencherais maintenant à croire qu'ils s'en vont. Je n'irai point à Andilly dans cet état de perplexité. Je serais trop maussade, et puis nous avons Chambre des Pairs après-demain . Venez, et ne grognez pas.

[Juin ISâlJ. dimanche soir.

Oui, oui, souhaitez qu'ils s'en aillent; c'est ce qu'il y a de mieux. Avec de pareils hommes, un replâtrage est ce qu'il y a de pis. Je ne sais rien et je crois qu'il n'y a rien. A demain.

Samedi soir, 8 heures, 14 juillet [4821].

Les deux magots [Villèle et Corbière] ont eu hier une conversation avec le Duc [de Richelieu]. Ils devaient donner leur démission. Il n'y a rien de conclu. Pendant ce temps-là, M. Pasquier m'avait écrit qu'il voulait me voir ce matin. J'y suis allé. II m'a déclaré qu'il fallait partir pour Berlin. J'ai répondu que mes amis sortant, je sortirais avec eux. Il m'a répété qu'il fallait absolument un ministre à Berlin. J'ai dit qu'alors il était bien le maître d'envoyer qui il voudrait à ma place, puisqu'il était si pressé. Le tout en est resté là. Me voilà démis provisoirement.

Je crois que Pasquier a été trop vite. Je crois à une intrigue indépendante du sot Duc. Ma position est très bonne. La démission n'est pas venue de moi ; elle m'a été demandée. Je n'ai dit ni oui ni non positivement. Maintenant, je laisserai faire. Je ne dirai pas un mot de cette singulière aventure. Je les laisserai venir. Pasquier était furieux au fond de l'âme. Je ne sais ce qu'il avait.»

Croiriez-vous que les deux magots ne m'ont seulement pas fait dire ce qui s'est passé entre eux et Richelieu, quoique je leur eusse écrit que Pasquier me demandait ? Gardez le silence le plus profond sur tout cela. Brûlez ce billet. J'aurais été vous voir ce soir si je n'attendais quelques personnes. A demain matin*.

1. Villèle écrivit dans son « carnet » : « U juillet [iS21]. M. de Chateaubriand envoie sa démission de Tambassade de Prusse. »

Lundi. 6 heures et demie [juillet 1821]

J'ai été enfermé ces deux jours pour écrire mon discours ; il est fait, et, je crois, très bien *. Je n'ai vu personne. Je ne sais rien ; j'ai reçu un billet de Julie, qui m'assure, aujourd'hui à 3 heures, que tous les bruits sont faux, et qu'il n'y a aucune n<^gociation sur pied. Ces bruits sont répandus par les ministériels pour ralentir l'attaque contre la Censure. Corbière, hier au soir, à onze heures et demie, jurait qu'il s'en allait, même avant la fin du Budget. Je ne sortirai pas ce soir, je suis horriblement fatigué. Vous voyez que je ne crois à rien.

Vendredi, 11 heures [20 juillet 1821].

Je suis un peu affaibli par les sangsues. Je ne pourrai sortir aujourd'hui : ainsi, je ne vous verrai que demain.

On est venu me conter la séance chez Piet : il en résulte que Villèle et Corbière se sont déclarés à peu près ministériels et qu'ils entraînent uae partie de la droite. Ainsi, tout est fini, et nous voilà perdus encore une fois par ces deux petits hommes.

Lundi, 23 [juillet 1821].

Je ne parle point par énigme : je ne sais rien. Même hier à Saint-Cloud où tout devait finir, rien n'a fini. C'est-à-dire qu'on ne sait toujours s'ils restent ou s'ils s'en vont. On croit généralement qu'ils s'en vont. Cette incertitude est odieuse.

Vous seriez mieux ici par ce mauvais temps qu'à Andilly. Nous avons Chambre des Pairs toute cette semaine. Je ne puis faire un pas, attendant à chaque instant mon sort.

Mardi matin.

Non, je n'ai rien su de cette horreur. J'aime mieux être sourd, puisqu'il me reste une oreille pour vous entendre. Je serai chez vous à midi. Hier, le Duc m'a annoncé une sous-préfecture

1. Opinion prononcée à la Chambre des Pairs le 24 juillet 1821.

que je demaudais pour un arrière-neveu. On veut être bien avec moi.

Mercredi.

Une carte de moi? C'est une folie. J'ai été savoir à votre porte si vous reveniez bientôt, et voilà tout. H me sera impossible d'aller vous voir cette semaine, à cause de la Chambre des Pairs. A vendredi donc.

Mardi, 9 heures et demie [24 juillet 1821 J.

Votre colère me fait rire aux larmes. Moi, je suis rentré dans mon naturel. Je me sacrifie pour les autres, et j'en ai une vraie joie. Oui, ils partent; ils paraissent à peu près brouillés. Corbière va à Textrême-droite, et Villèle, au centre^ Corbière est admirablement bien et reconnaissant pour moi. J'ai parlé aujourd'hui aux Pairs ; on dit « bien », et sans blesser personne*. Enfin j'ai maintenu l'honneur, et j'irai vous voir. Qu'y a-t-il de mieux?

Vendredi soir [27 juillet 18211.

Vous savez bien que mes fins de mois sont toujours pénibles. Je n'ai pas comme vous le vivre et le couvert. Je suis donc obligé de courir. Vous croyez trop cet intrigant qui prétend toujours avoir tout inventé et tout fait. Au reste, comme il plaira à Dieu ! Quand le duc de Bordeaux arrivera, je m'en irai. Ainsi, peu m'importe ! J'en ai assez de la race.

Mardi matin [7 août 1821].

Je vais, ce matin, au service de M"* la duchesse d'Orléans';

1. A la séance de la Chambre des députés, le 23 juillet, Villèle et Corbière quittèrent ostensiblement le banc ministériel et allèrent s'asseoir à la droite.

2. Opinion sur le projet de loi relatif aux journaux et périodiques prononcée à la Chambre des Pairs le 24 juillet 1821 : « ... Je vote contre l'amendement et contre la loi. »

3. « Le service s'est fait avec beaucoup de pompe. M. le coadjuteur de Paris officiait pontiflcalement, et plusieurs archevêques et évoques étaient présents. M^ le duc d'Orléans était placé dans le chœur à côté du trône de M. l'archevêque. Les princesses de la maison d'Orléans occupaient une tribune derrière le grand autel. L'oraison funèbre, prononcée par M. l'abbé Feutrier, a été entendue avec dn vif intérêt. » [A^iii de la Religioii.)

AllBASSADEd DB CHATEAU filttAlIt) i9l

après quoi, nous allons dîner à la campagne. M"* de Ch. et moi, chez la comtesse Tolstoy. Je tâcherai de vous voir vers quatre heures. Il n'y a rien, soyez en sûre. Je l'ai encore appris ce matin. C'est une pure mystification et une manœuvre.

Lundi soir.

Je suis un peu mieux, mais la fièvre va revenir ce soir, je la sens. On me met les pieds dans feau et on me donne du vin de quinquina. Je vous remercie. Les mémoires m'amusent.

2 heures.

Bertin venait de sortir, mais il m'a fait dire qu'il passerait chez moi. Je vous manderai ce qu'il m'aura dit. Je vais mettre les pieds dans votre acide muriatique.

Mardi matin.

Je ne sais si votre acide muriatique ou la tempête a produit cet effet : j'ai pensé mourir cette nuit. Toujours étouffant et prêt à m'évanouir, je n'ai pu me coucher qu'à deux heures ce matin, et j'ai encore été forcé de me tenir assis dans mon lit pour n'être pas suffoqué. Je suis un peu mieux ce matin, mais je ne sortirai pas. Je vais me tenir chaudement au coin de mon feu. Bertin n'est point venu, je ne sais rien, je ne crois à rien, je ne vous vois pas : tout cela est bien triste.

Mercredi matin.

Ne m'attendez pas, j'ai travaillé tout le jour et je vais marcher. J'en ai grand besoin. Je vous verrai demain. Le remède fait toujours merveilles. J'espère que votre rhume est guéri, mais voilà un bien mauvais temps.

Lundi maUn.

Je ne veux pas vous empêcher de sortir, si vous en avez envie. Je ne pourrai vous voir qu'entre trois et quatre heures. Je ûe sais rien de nouveau.

5 heures et demie.

Rien de nouveau : voilà la « défense ». A demain.

Dimanche.

Je lâcherai de vous voir ce matin, mais je ne sais à quelle heure.

Mercredi soir, 7 heures [1821].

M"** de Ch. n'est pas bien ce soir. D'un autre côté, ma surdité est augmentée, mon rhumatisme est en mouvement, et n'ayant pas de voiture, je n'ose sortir. Le médecin m'a ordonné des bains de vapeur, je les ai remis à vendredi pour pouvoir vous voir demain. Tout cela est bien triste et j'en suis bien découragé ! Je ne sais rien de nouveau, absolument rien.

10 heures.

J'allais vous écrire : il y a encore eu un vomissement de sang ce soir [M"* de Chateaubriand], mais moins violent que celui de ce matin. Nous mettrons en cas d'événement d'autres sangsues cette nuit. Oubliez tout ce que je vous ai dit de For I.bin]. Je voulais me venger un peu. Il n'y a rien de vrai dans tout ce qui a pu vous faire de la peine. A demain.

Jeudi.

Je n'ai pas vu Villèle. Je le verrai à deux heures, et vous, entre quatre et cinq.

Samedi matin, 8 heures, 17 novembre [18211.

Il fait trop mauvais temps, et il est trop tard pour aller au Havre. Je vais donc directement à Fervacques par Lisieux. Écrivez à M. LangloiSi poste restante à Lisieux. C'est le nom de mon petit valet de chambre, ou à M. François, si vous l'aimez mieux.

Je VOUS prédis que toutes vos folles idées s'en iront, parce qu'elles n'ont pas le moindre fondement.

Le temps qui me prend par la main M'avertit que je me retire!

Bonjour, très chère et aimable sœur, je sens surtout combien vous êtes injuste, quand je vous quitte. Écrivez-moi dès lundi, car il est probable que je ne reste que quelques jours à Fervacques, et que je revienne à Paris par Lonné, pour voir mes neveux chez M°** d'Orglande.

Fervacques. Mardi matin, 20 novembre 1821.

Je suis bien empùché. Si je vous écris, vous direz que je veux réparer. Si je ne vous écris point, vous vous plaindrez de l'amitié trahie. Vous prendrez donc ma lettre comme vous voudrez. Me voilà dans ce château qui aurait pu être à Clara ; il me fait bien vieux : que d'années se sont déjà écoulées depuis que j'y suis venu pour la première fois ! Vous jugez bien que j*ai recommencé mon rêve éternel. Je ne vois pas une solitude que je ne sois tenté d'y vivre et d'y mourir. Vous ne me croyez pas ; mais pourtant, le seul désir qui survit à tous les autres et qui revient sans cesse, et qui m'a persécuté dans ma jeunesse comme sous mes cheveux gris, doit avoir un principe dans mon naturel. Mon mal est d'être né propre à plusieurs choses, mais mon penchant est bien réel pour un seul état, le repos et Toubli.

Dans ce bon château, on ne parle point politique. J'irai, dans huit jours, me replonger dans cet ennui. Je vais relire et mettre en état de paraître, s'il y a lieu, ma Liberté de la presse. Humboldt m*a persécuté chez vous à ce sujet. J'attends de vous une de ces bonnes lettres comme à Berlin.

9 heures.

Je suis toujours incrédule. Je ne suis touché que de la vivacité de votre amitié. Le reste m'est plus qu'indifférent. Je m'en vais, vous ne le croyez pas, mais vous le verrez.

Mardi matin.

Je ne pourrai vous voir qu'entre trois et quatre heures.

200 LA Duciiesse dk dibas et cëateaubrian»

Lundi.

Je ne pourrai vous voir qu'entre trois et quatre heures. Ainsi, si vous voulez sortir de bonne heure, ne m'attendez pas à midi.

J'ai quelques personnes ce soir et ne puis aller vous voir. J*ai passé chez vous à trois heures et demie.

Les affaires sont brouillées de nouveau, toutes les négociations sont rompues. Nous voilà replongés dans toutes les craintes ci les combats où nous étions en 1816. M. de Rjchelieu^ ne veut entendre à rien. A demain, à dîner.

Jeudi, 44 décembre [ISâl].

Oui, du nouveau, les ministres ont donné leur démission avant* hier*. Aujourd'hui Villéle et Corbière ont été appelés au conseil. On forme un nouveau ministère. Dieu veuille qu'il soit bon! Je n'ai pu vous voir dans tout ce train.

Décembre [1821].

Tout ce ministère n'est pas certain; c'est le ministère indiqué par le ministère sortant. Il n'est pas encore adopté. Il paraît sur qu'on a dépéché un courrier à M. de Blacas. Lui (Blacas) aux Aflaires étrangères, Villèle à l'Intérieur, Corbière aux Sceaux sont à peu près les trois nominations arrêtées; le reste est inconnu; on n'est pas d'accord* Je serai chez vous à midi. Je suis malade aussi t

14 décembre [1821].

M"* de Ch. ne peut vous répondre ; elle est trop malade ; moi je souffre aussi horriblement, et mon cou est si enflé ce soir, aue je n'oserais sortir. Noos arrangerons la chapelle sans M. de Villed'Avray. Si toutefois vous voulez m'envoyer M. hongrois quand il ira vous parler, je le verrai, et je le mènerai à... rinfirmerie'.

1. Le 12 décembre 1821, tous les ministres se retirèrenl à l'exception de Lauriston, qui avait toujours vécu h, part de ses collègues.

2. « Le 19 décembre [1821], M. rArchcvôque bénira la nouvelle chapelle de l'Infirmerie de Marie-Thérèse. Ce jour est l'anniversaire de la naissance de

AMBASSADES t>E OHATEAUHRIANI) iOi

Je ne sais rien, absolument rien ; il paraît qu'il n'est pas question de moi. Le miinstère est d'ailleurs tel que vous me l'avez dit ce matin.

Si vous apprenez quelque chose avant neuf heures et demie (heure à laquelle je me coucherai), écrivez-moi un petit mot. Polignac est venu me voir ; il a bien recommandé qu'on me donnât sa carte : c'est la fiche de consolation.

Vendredi soir, 7 heures et demie, 14 décembre 1821.

Je reçois votre billet, le mien y répond.

10 heures soir.

Je ne sais rien de plus que ce quo je vous ai mandé. J'ignore absolument quels ministres, mais je sais que je n'en suis pas. Ainsi, soyez tranquille. J'ai un tel mal aux yeux que je ne puis sortir. Si on vient, ce soir, me dire des nouvelles, je vous les écrirai*

Je suis fâché de combattre des illusions qui viennent de votre rare amitié.

Je ne crois pas. Polignac sort d'ici. Il m'a conjuré, prêché, supplié d'attendre, qu'ils ne pouvaient se passer de moi, etc. J'ai été très rude pour les faux amis. J'ai dit que j'étais mortellement blessé de cette trahison politique, etc., enfin, j'ai répété vos leçons et il est sorti consterné. Je vais me coucher pour veiller, voilà le mot. Bonsoir, vous êtes admirable, je suis pénétré de cette vérité et attendri plus que je ne puis dire.

Je viens de recevoir ces deux lettres, l'une de M. Ancillon et l'autre de la duchesse de Cumberland. Vous verrez que le Roi de Prusse désire que je lui porte mes lettres de rappel. Cela ne répond pas mal aux grandes réputations perdues de... La lettre d'Ancillon est curieuse sur le ministère. Vous me rendrez le tout demain.

Madame, prolectrice de l'établissement. La cérémonie commencera à deux heures. M, l'abbé Frayssinous, premier aumônier du roi, prononcera le discours. M»* la duchesse de Guiche et M»» la princesse de Léon feront la quête. La nouvelle chapelle a été bâtie cet été, et une aile a été ajoutée au bfttiment. Un de nos premiers peintres a fait don d'un tableau de sa composition, qui sera placé sur Tautei de la chapelle et qui représente la Sainte Vierge. » — « Le mercredi 29, une assemblée nombreuse s'était portée ô Tlnfirmerle de Marie* Thérèse. Madame s'y était rendue et la présence de S. A. R. était un puissant encouragement pour les personnes qui dirigent cet établissement. M. PArchevéque de Paris a* béni la chapelle et M. Tabbé Frayssinous a prononcé le discours, etc. »

Jeudi matin, 10 heures [20 décembre 1821].

J'ai pensé mourir cette nuit de mon rhumatisme remonté dans la poitrine. Je suis mieux un peu ce matin et je me défends contre les médecins qui veulent m'assassiner avec des sangsues ou des vésicatoires. J'en serai quitte pour rester chez moi aujourd'hui, et voilà ma vraie peine. M"™* de Ch. va plus mal, elle s'affaiblit, et elle vient d'avoir deux évanouissements ce matin. Voilà comme je suis arrangé par le ciel d'un côté et par mes amis de l'autre ; mais cela passera, car tout passe, excepté mon attachement pour vous.

5 heures et demie.

Je rouvre mon billet pour répondre au vôtre. Toute cette histoire d'ambassade vient de Monsieur et de ses amis qui ont l'idée de m'envoyer au dehors comme pis aller. D'ailleurs, tout cela m'importe peu. Je ne veux plus rien. Je vais écrire une petite lettre d'excuses et de respects à Monsieur. Je suis trop malade pour songer à rien.

Nous avons eu le comité de Marie-Thérèse. J'avais oublié de vous le dire. Je vais dîner chez Villèle ; après au [illisible ] à rOpéra. Ne vous fâchez pas.

Je ne sais si je le pourrai ; je l'essayerai, mais je souffre beaucoup, et j'ai un courrier.

Vendredi-

Je ne pourrai guère sortir avant une heure ; je passerai chez vous en allant à la Chambre, entre une et deux heures. Je suis mieux, mais pas encore bien. Grand merci.

Midi.

Je réfléchirai, mais je ne sais d'où vous viennent toutes ces craintes sur mon caractère, et tant de pitié sur l'homme et sa vie. Je serai fidèle, mais, parler avant comme après, a mille inconvénients.

Vendredi [1821].

J'irai vous voir entre quatre et cinq heures. Roy se vante d'avoir battu complètement notre ami. Nous verrons bien.

Mardi soir.

Cela va mieux ce soir ; j'espère vous voir demain. Soignez votre rhume.

Je serai chez vous à onze heures et demie.

8 heures [fin décembre 1821].

On vous trompe et moi aussi. Croiriez-vous qu'ils ont eu l'insolence de me faire demander indirectement si j'accepterais la présidence de l'Instruction publique sans entrer au Conseil? Moi, chef de division sous Corbière! Les misérables! Je n'ai jamais été si blessé. Mathieu * a déjà perdu la tète de joie. Il faut prendre notre parti et ne plus nous tourmenter de cela. D'ailleurs, chaque jour qui s'écoule rend la chose plus difficile. Au reste, ils parlent aussi, mais vaguement, d'une ambassade. Voilà mes nouvelles. Savez-vous autre chose ?

Corbière est venu. J'étais sorti ; il reviendra à sept heures. Je vous manderai la suite. Je me contiendrai ; mais j'ai au fond du cœur quelque chose qui me dit qu'on me trompe. On ne veut que gagner du temps.

9 heures.

J'en tremble de colère en vous écrivant.

V lnsti*uction publique sans entrer au Conseil. Monsieur me demande à l'instant, sans doute pour me prêcher dans le môme sens. Je vais lui dire tout ce que j'ai sur le cœur. Je vous supplie de ne pas dire un mot de ce billet.

C'est Corbière qui a été le messager.

Mardi.

Je vous dirai pourquoi quand je vous verrai. Je n'ai pas le temps d'écrire, il faut que je sorte.

1. Chateaubriand était mal renseigné. Villèle était l'opposant. Mathieu le voulait ministre.

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^04 LA DUCHFS^E DE DURA^ Et CtiATËAtJÈRtAND

Lundi soir.

Je ne sais rien du tout, je n'ai vu personne, je souffre horriblement de mon rhumatisme ; il est dans Tcstomac. Vacide n'a rien fait du tout.

Mardi, 7 heures.

Votre prince [de PolignacPj est un sot, et je lui fais grâce des prières de son frère. Qu'importent les mensonges de Villèle? Je ne songe plus à tout cela. Je resterai dehors, c'est le mieux. Je ne sais rien, je souffre.

Votre billet est brûlé ; je pense comme vous, mais ce n'est que jeudi que Monsieur m'attend. Je crois qu'ils se trouveront trop heureux de me renvoyer, mais je suis décidé à n'accepter que VAngleter7*e. Ne laissez pas traîner vous-même mon billet. Je vous verrai ce matin, mais je ne sais à quelle heure, parce que je veux courir.

Samedi matin, [15 décembre 1821].

Vous êtes toujours admirable pour vos amis. Je sais que Villèle dit bien, mais peut-être fait-il mal. 11 est poussé dans ce moment par l'opinion royaliste qui jette les hauts cris. Je ne crois pas un mot de l'opposition du Roi. C'est le prétexte étemel, et je sais au contraire que le Roi dans ce moment était mieux pour moi que pour eux. C'est uniquement la faute de Monsieur et de mes prétendus amis *. Je regrette, je l'avouerai, les Affaires étrangères. Je suis convaincu que j'y aurais réussi en dedans et au dehors. L'Instruction publique ne me plaît point du tout. Mais je n'ai pas besoin de faire le dégoûté. Je n'aurai rien et je m'en console.

Les ordonnances seront peut-être dans le Moniteur, ce matin.

Décembre 18il.

J'ai l'esprit très bien fait. Ma situation politique sera très

i. M. de Montmorency a affirmé que Villèle s'opposa à l'entrée de Chateaubriand au ministère. îl Ta redit dans une lettre à M"» de Duras en 1 823. La nomination du Cabinet de droite est au Moniteur du 15 décembre.

bonne, même très supérieure en n'étant rien, quand tout serait dabord contre moi. On m'a dit aussi aujourd'hui que j'étais ministre, mais je suis comme on sera à la fin du monde sans un grain de foi. Mon rhumatisme va mieux, j'ai résisté aux sangsues. M"** de Ch... n'est pas bien. Guérissez- vous pour vous et pour moi. Bonsoir et bonne nuit.

[Au Mesnil] ce mardi soir, 18 [décembre 1824]

Je profite de l'occasion de M. de Rosanbo, qui va demain à Paris, chère sœur, pour vous écrire. Je n'ai point reçu hier ni aujourd'hui de lettre de vous. Mais j'espère que vous avez enfin reçu les miennes et surtout le billet que je vous écrivis liier par mon garçon jardinier. Je serais heureux ici si je pouvais l'être où vous n'êtes pas, et si je ne recevais de Paris des lettres qui m'impatientent et qui me troublent. J'ai envie, si cela continue, de rompre toute correspondance avec le genre humain et de mettre un terme à des tracasseries que je ne puis plus supporter. Plus je tâche de n'offenser personne, plus on exige de moi. Je suis trop bête et trop bon. Je me corrigerai. Au reste, chère sœur, c'est bien de tout cela qu'il s'agit. La politique le matin, le travail le soir, ont bien de quoi m'occuper. Bon Dieu, quand serai-Je riche, en paix, seul avec mes livres, oublié en quelque coin du monde, excepté de vous ? Votre amitié me console de tout. Où allez-vous donc dans quinzejours? Est-ce chezM™° de la Tour du Pin ? Quand revenez-vous ? Je ne ferai point de course à Paris. Je resterai ici tout d'une pièce. Deux mois de Paris, c'est plus qu'il ne m'en faut, et, si j'étais le maître, je n'y mettrais pas les pieds. J'ai vu dans la Gazette^ les honneurs de mon ami Mathieu : le voilà chef de V injustice [chef du ministère?;. Gela va bien avec son nom. Bonjour, chère sœur bien-aimée. Croyez que je vous suis attaché pour jamais, et que votre amitié est pour moi le premier des biens.

Jeudi, matin [27 décembre 18211.

Je ne vous verrai pas aujourd'hui. Je veux me soigner, pour m'arracher enfin, si je puis, à ces douleurà éternelles. Hya-

i. Par ordonnnaDce royale du 44 décembre 1821, M. le vicomte de Mont^ morency est nommé ministre secrétaire d'Etat au département des Aiïaires étrangères. Le 19, les nouveaux ministres olit été présentés au Roi. Ils ont prêté àerment eiître les m^ns de SA Majesté.

cinthe continue sous mes yeux la copie ; elle sera achevée aprèsdemain ; et alors nous ferons vous et moi un grand travail.

Dclalot est venu hier au soir chez moi. H est furieux et il a annoncé à Corbière qu'on se repentirait bientôt de la manière dont Villèle le traitait. La nomination de M. de Doudeauville met tout le monde en fureur*. Enfin il me paraît qu'on se brouille de plus en plus. Je n'entends parler de rien. La Borio m'a pourtant écrit que demain, 28, mon affaire serait faite ou brisée. Je ne sais ce qu'il veut dire, et il n'y a rien à croire de ce bon bomme qui prend sa bonne volonté pour des faits. S'il vient me donner des explications, je vous les manderai aussitôt. Soignez-vous et guérissons-nous.

9 heures.

Rien de nouveau. Je n'ai pu voir Ciorbière ce matin, il était à la Chambre. Je suis fort tranquille, car je désire que la chose manque, le refus ne venant pas de moi.

3 heures et demie.

Je viens de voir le Pfrincej de la TrémoïUe, qui est venu me recommander un secrétaire de légation. Il avait vu ce matin Mathieu pour le même objet, et Mathieu lui avait parlé comme si c'était moi qui allais à Londres. Il a parlé des sacrifices qu'on était obligé de faire à V intérêt public^ etc.

Je vais aller vous voir, nous causerons.

Mardi matin.

Je n'ai entendu parler de rien. J'attends. On dit qu'il n'y a plus de voitures dans la cour des Tuileries. Le conseil serait donc îini? Allons, il faut s'armer de courage. Je vous assure que je suis déjà tout consolé.

Nous savons que les visites de Chateaubriand étaient un des éléments principaux de la vie de M"* de Duras. Telle était sa générosité d'âme que, malgré ses peines et ses souffrances,

1. a Par ordonnance du 26 de ce mois, M. le duc de Doudeauville. pair de France, est nommé secrétaire général de Tadministration des Postes ».

on la vit de nouveau travailler activement à se priver de cet unique bonheur, dans Tintérêt de son ami. Elle sait que réussir, c'est se séparer. Pendant l'absence de Chateaubriand, elle sera isolée et languissante ; elle passera des heures à se désespérer et à pleurer. Mais le cher frère sera au poste d'honneur où ses talents et ses désirs rappellent depuis longtemps. Comme en 1820 elle avait « parlé à la duchesse d'Angouléme », et qui sait à quelles autrespuissances, nous la surprenons maintenant qui écrit à Montmorency, à Villèle, et à un personnage « tout dévoué », homme de cour ou ministre, probablement M. de Lauriston, ministre delà maison du Roi. Voici les réponses qui prouvent soit les démarches auxquelles la portait son dévouement, soit rinfluence qu'elle exerçait dans les hautes régions du pouvoir, par son w bon et sage esprit ».

Lundi.

J'avais reçu votre lettre hier soir, chère duchesse. Je ne vous ai pas répondu, c'était un avertissement. J*en ai fait usage près de M[atliieu] qui m*a paru croire qu'il n'en était rien, et qu'il fallait un peu de patience, ce sont ses mots. Le Vi^llèlc] est venu plus souvent ; vous pouvez avoir deviné juste, je n*en ai aucune donnée, n'ayant plus de rapports avec lui... Vos réflexions sont parfaites. Il faudrait que l'assemblée qui se fait deux fois le jour chez [Vaublanc] se fît chez vous, et vous leur apprendriez l'unité. Us auront eu, je crains, l'avantage dans le salon ; ils seront perdus par l'antichambre, qui se crampone autour de Vau blanc] resté comme un minaret après l'incendie.

Rayneval, Monnier, Prévost, Barante, Mole, N*.., d'Ongles, assiègent la place après avoir, à ce que je crains, repris leurs avant-postes. Ce n'est pas le tout de gagner une bataille, il faut savoir profiter de la victoire, sans cela les battans payeront leur lenteur.

Je ferai sentir autant que je pourrai vos sages avis, qui sont ceux de la justice et du bon et sage esprit. Adieu, chère duchesse, le Roi nous rende sainte Geneviève î il faut prier pour que la patronne demande qu'on éclaire et qu'on fortifie.

Math[ieu] a eu la lettre avant d'aller chez Viirièle]. Je ne l'ai pas vu. On dit que Ray[nevalj est nommé à B[erlin], mais ce n'est pas une raison pour qu'il parle»

Je ne crois pas qu'Adrien] parte pour Londres ; tout me fait espérer qu'il y aura quelque chose de terminé avant peu pour M. deCh... et, de plusieurs côtés, on en îaii sentir la jusiice à quelqu'un qui a approuvé. Je lâcherai de rejoindre Mathieu dans la soirée, et lui parlerai des deux affaires qui vous intéressent, ou, pour mieux dire, qui nou$. Adieu, chère duchesse.

J'ai reçu votre lettre, chère duchesse. J'avais parlé à Montmorency, un moment après notre sortie de chez le Roi. Je l'ai laissé avec Villèlc, et je ne doute pas qu'il ne se soit bien exprimé. Us étaient en bonne disposition. Gela les fortifiera, s'il y avait opposition. Tous nos vœux se portent vers lui. Espérons que justice sera faite pour leur bien et pour le nôtre.

Votre tout dévoué.

Chateaubriand à Madame de Duras.

Dimanche matin [1822].

Je n'ai pas été vous voir hier, et je n'y serais pas allé encore aujourd'hui parce que vous êtes trop injuste. Je ne crois guère à l'influence de L'auriston]. J'irai donc vous voir à une heure. Je partirai mercredi matin.

[Janvier 1852].

Eh ! Bon Dieu ! Je sais tout cela. Que voulez-vous que j'y fasse ? N'est-i^pas clair que Mathieu doit nommer Adrien de préférence à moi ? Et d'ailleurs, cette ambassade, me la proposet-on ? Rester en dehors de tout est-ce qu'il y a de mieux.

Vous radotez sur l'Abbaye. Je n'y dis rien, je n'y fais rien, mais ce bruit, que je dois ou que je veux aller à Londres, est si public, si général, c'est une idée si naturelle et qui se présente à tant de monde, qu'on dit cela partout sans qu'il y ait de secret confié ou trahi.

Je suis enfin en paix, parce que je ne veux rien et que je me suis habitué à cette idée. Alors, peu m'importe l'opposition du Centre ou le refroidissement de la Droite, s'il doit avoir lieu.

Pouvez-vous me demander ce que je deviendrai? Je dévieiidrai inoi. Je suis désolé de votre rhume.

3 heures et demie.

J'apprends que c'est faitet signé, mais ce n'est pas encore Villèle.

Voici ce que j'apprends par Forbin : Mathieu a parlé hier au Roi. La chose est décidée^ mais il serait possible qu^elle ne fût pas terminée légalement aujourd'hui.

J attends chez moi plus ample éclaircissement.

5 heures.

Lisez ce billet de Mathieu; renvoyez-le moi. Enfin, l'affaire est faite.

Je viens de vous envoyer le billet de Mathieu : c'est fait. Je n'ai pu aller chez vous, il était trop tard, et nous allons dîner. Ce soir je ne sortirai pas. J*ai vingt lettres à écrire.

Madame de Duras avait d'autant plus de mérite à se dévouer de la sorte que Tassiduité de Chateaubriand à TAbbaye-au-Bois n était plus un secret pour personne, et non plus ses appels à un autre dévouement de femme. Elle devait donc prévoir qu'aux instances de M"* Récamier serait attribuée en partie, par Tintéresséy sa nomination à Tambassade de Londres.

Mardi.

M"** de Ch... est malade. Cependant si vous venez de très bonne heure, elle vous recevrait. Le Congrès est rompu, c'est très sûr.

5 heures.

Il y avait du monde. Je. n'ai rien pu savoir; ainsi faites comme vous voudrez. Venez à tout hasard, et soyez raisonnable.

Je n'en suis pas sûr; mais prenez la chance. Vous avez entendu le canon ?

Dimanche [5 janvier 182â].

La Panouze est venu hier au soir, à onze heures, me dire de la part de Villèle, que la chose était faite, faite irrévocablement,

que totU le monde était S accord, et que V ordonnance serait signée mercredi prochain [9 janvierl au Conseil avec d'autres ordonnances qui seraient publiées en même temps que la mienne. Je serai chez vous entre midi et une heure.

L'ordonnance du roi nommant M. le Vicomte de Chateaubriand, pair de France, ministre d'État, à l'ambassade de Londres, est du 9 janvier.

Vendredi i> heures el demie [janvier 1822].

Je me suis levé ce matin à quatre heures. J'ai écrit des lettres et réglé des affaires jusqu'à sept heures. Je suis allé voir Villèle. J'y suis resté jusqu'à neuf. J'en ai été peu content. Il ne veut rien faire pour mes amis jusqu'à la fm de la session. Le reste du jour j'ai couru chez le tailleur, le carrossier, etc., etc. Je rentre mourant de fati^e, malade et ayant d'horribles coliques. Je vous ai promis d'aller ce soir, et j'irai si vous tenez à ma parole, mais je croîs qu'il serait plus prudent dans Tétat de lassitude, d'ennui et de souffrance où je suis, de ne pas me montrer ce soir à vos étrangers. Vous gâteriez mon affaire. Cependant, j'irai, si vous le voulez. Moi, je ne vous abandonnerai jamais.

Samedi matin.

Je ne pourrai vous voir qu'entre une et deux heures. Je vais avant chez Mathieu et chez le Nonce.

Voilà le billet que je vous avais écrit et que je rouvre pour vous dire que je pense à tout.

Jeudi, 5 heures [janvier 4822].

Lisez ce billet de Forbin, et renvoyez-le moi. Vous voyez que l'affaire est faite à peu près et qu'elle peut être signée demain.

Vendredi.

Je n'ai pu aller chez vous. J'ai couru toute la matinée pour acheter une pai*ure à M™® de Gh... Vous voyez que je suis bon à tout. A demain. Quel beau jour! J'espère que vous ne m'aurez pas attendu, et que vous serez sortie pour vous promener.

J'ai lu, c'est très mauvais de fond et de forme. Si cela vous amuse, vous avez l'esprit gâté. Je me servirai de l'argument. J'ai à peu près fini, et je suis sûr de ce que j*ai fait.

Samedi matin.

Je ne retournerai à Paris que lorsque je n'aurai pas un mot à écrire. Je crois que je serai libre lundi ou mardi.

xMardi [Î6 février 1822].

Je ne pourrai vous voir aujourd'hui. Je vais à midi et demi aux Pairs et je travaille ce malin à un discours que je prononcerai peut-être aujourd'hui. Vous savez que l'article a fait monter les fonds à 91 fr. 45. Ce n'est pas trop mal. Malgré tout cela, ils me laisseront partir.

Je tâcherai donc de vous voir après, ou môme avant la messe, si les consultants sont moins nombreux.

J'ai déjà écrit à Villèle et il m'a répondu : je ferai toutes les choses dont vous me partez. J'insistais surtout sur la chose de M. de Barante. Je presserai l'affaire. Pour ce qui vous regarde, vous êtes bien injuste.

Lundi.

Venez me voir à midi et demi.

Déjà en janvier, il avait dû publier un autre article auquel il est fait allusion dans Y Ami de la religion et du roi * : « Un article remarquable a paru dans le Journal des Débats de vendredi dernier (18 janvier). Ce journal ne s'était pas encore prononcé en faveur du ministère. L'article montre la nécessité de s'attacher à des hommes éprouvés» et qui offrent aux amis de la monarchie des garanties aussi consolantes. On attribue cet article à un homme aussi distingué par ses talents que par ses titres. »

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