CHATEAUBRIAND MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
Montmorency avait reçu de Chateaubriand Fassurance qu'il n'accepterait pas sa place. Le Roi ayant commandé, Tambassadeur, après avoir refusé, se vît dans l'obligation d'obéir. Mais il ne jugeait sa position ni franche ni solide, d'abord vis-à-vis de Montmorency : il se demandait avec inquiétude, et il demandait à Villèle, s'il n'y avait pas « quelque chose de déloyal à prendre sa place ». Il essayait d'endormir ce scrupule en se rappelant que Montmorency l'avait empêché d'entrer au ministère (du moins il le croyait) et qu'il avait mal accueilli eon désir d'aller à Vérone. D'autre part, Villèle avait été <c excellent », « parfait », « adorable ». C'est à lui qu'il devait d'avoir figuré et <c m&ri » dans l'assemblée des Rois ; c'est lui encore qui avait conseillé à Louis XVIII d'offrir à l'ambassadeur de Londres le ministère des Affaires étrangères. Le trouble de son esprit ne se dissipait pas, et il s'abandonnait aux tristesses des pires prévisions. En le prenant, Villèle ne lui avait pas permis d'amener au ministère a deux ou trois hommes... de ces hommes qu'il est si facile de désarmer, mais qui seront extrêmement dangereux à la session prochaine si le Président du conseil ne pouvait s'arranger avec eux ». « Je perdrais à l'instant toute mon influence, avait-il écrit à Villèle ; croyez bien, mon cher ami, que le moment est critique. » Paroles perdues. Villèle savait ce qu'il faisait en le séparant de ses amis et en l'isolant dans son haut ministère : l'heure venue, il serait plus facile de l'abattre irrémédiablement. Chateaubriand semblerait en avoir eu le soupçon. Il traduit la vivacité de ses appréhensions avec l'originalité de son style nerveux et imagé dans les lettres suivantes à M"* de Duras :
Vendredi [27 décembre 1822].
Je n'avais rien à vous dire et le temps m'a absolument manqué. Le Roi insiste pour que j'entre, et Villèle n*a pris le portefeuille que par intérim. Je serai chez vous à onze heures, ce matin.
Ce même jour, à midi, il opposa un refus à Villèle. Le Roi l'envoya chercher à quatre heures et le tint une heure et demie à le prêcher, et lui résistant. Le Roi lui donna enfin Tordre d'obéir.
[27 décembre 1822].
Que de pauvretés î
Ayez pitié de moi et non de vous ! Le Roi m'a donné Tordre d'accepter. J'ai obéi, mais comme un homme qu'on mène à la potence. J'y périrai, et vous en savez la cause. Je ne puis vous dire si je pourrai vous voir ce soir. Je Tessayerai.
Samedi [28 décembre 1822].
Monsieur, au lieu de me presser d'accepter, m'a serré dans ses bras et m'a dit que j'agissais comme un héros, et qu'il approuvait mon retour à Londres où d'immenses affaires m'attendaient. Qui est-ce qu'on attrape? Au reste, que je serais son ministre, qu'il fallait toujours que je défendisse Villèle, sans lequel il n'y avait pas de salut, etc., etc. Ceci a fixé toutes mes irrésolutions. Je reverrai ce matin Villèle et j'irai vous dire à deux heures où en sont les choses. Blacas est venu hier me dire qu'il ferait sous moi tout ce que je voudrais. Enfin nous avons Tobjet de tous nos vœux : un ministère refusé fil
L'ordonnance, « nommant ministre des Affaires étrangères M. le vicomte de Chateaubriand », est du 28 décembre.
De son côté. Montmorency était blessé du désaveu que lui avait infligé le Roi en acceptant sa démission, après les stipulations solennelles de Vérone ; et d'autant plus que Villèle soulignait sa disgrâce en lui donnant Chateaubriand pour successeur.
Aucune de ces difficultés n'échappait à la pénétration et à la délicatesse de M"" de Oui*as. Elle écrivit à Mathieu de Montmo-
rency une letti*e d'amitié, où reparaissait, semble-t-il, le désir exprimé par Chateaubriand à Villèle, que le noble démissionnaire fût dédommagé « par une immense retraite, comme la place de Grand Veneur » (il aura mieux, et sera gouverneur du duc de Bordeaux); et dans la même lettre avaient trouvé place, sans doute, les divers incidents de la substitution que Mathieu pouvait ignorer : refus de Chateaubriand, ordre d'accepter intimé par le Roi, obéissance passive et inquiète de l'ambassadeur, comme d'un « homme qu'on mène à la potence ».
Montmorency mit dans sa réponse toute la franchise et la noblesse de son âme chevaleresque.
M°** de Duras n'aura pu garder pour elle seule cette belle lettre d'ami. Et Chateaubriand n'en aura pu lire la première partie, sans éprouver un serrement de cœur et comme une angoisse renouvelée. Eh quoi! il s'était donc trompé sur le compte de Mathieu, quand il l'avait cru et l'avait dit opposé à son admission au ministère (1821). Mais qui donc Tavait écarté? Et le soupçon lui revint de Villèle « disant très bien, mais peutêtre faisant très mal ». Et en continuant sa lecture, il ne put s'empêcher de remarquer la galante façon dont le minisire tombé saluait de ses vœux les succès à venir du nouveau ministre. Sensible à tout ce qui est noble et beau. Chateaubriand se promit de rendre à son prédécesseur un public témoignage d'estime et de sympathie; même il proclamerait devant tous le « regret sincère » qu'il nourrissait d'occuper sa place. Et en effet il saisit l'occasion dès qu'elle s'offrit : ce fut dans son premier discours à la Chambre des députés.
Mathieu de Montmorency à Madame de Duras.
Val-des-Loups, ce 4 janvier 1823.
Je ne puis qu'être touché. Madame la Duchesse, de Texpression de votre intérêt qui vient me chercher dans une retraite où votre souvenir se représente souvent. Gomment ne pas attacher beaucoup de prix à tout ce qui vient de vous ? fai désiré, depuis longtemps, et peut-être autant que personne, d'avoir M. de Cha" teaubriand pour collègue dans le ministère. Quelques circonstances m'ont peîné dans son entrée à ma place, après m'avoir annoncé qu il ne l'accepterait pas. Je le lui ai exprimé avec fran-
chise. 11 m*a répondu par des choses trop obligeantes, mais il n'est plus question de cela; il n'y a plus qu'un vœu à former par tous les amis de leur pays : c'est que la bonne cause obtienne tous les avantages qu'elle peut espérer d'un si beau talent. Je compte vivre un peu solitaire d'ici à quelques semaines ; mais j'espère trouver le moment d'aller vous porter, Madame la Duchesse, le nouvel hommage de mes profonds et inaltérables sentiments.
Montmorency.
Chateaubriand, à la Chambre des Députés, le 25 février 1823 :
... C'est ici. Messieurs, que je suis obligé de faire un effort sur moi-môme pour mettre dans ma réponse le sang-froid et la mesure qui conservent la dignité du caractère. 11 est difficile, j'en conviens, d'entendre sans émotion porter de si étranges accusations contre un ancien ministre qui commande le respect à tout ce qui l'approche. Je n'ai qu'un regret, et il est sincère, c'est que vous n'entendiez pas, de la bouche môme de mon prédécesseur, des explications auxquelles ses vertus ajouteraient un poids que je ne me flatte pas de leur donner. On l'a appelé à cette tribune le duc de Vérone. Si c'est à cause de l'estime qu'il a inspirée à tous les souverains de l'Europe, il mérite d'ôtre ainsi nommé. C'est un nouveau titre de noblesse ajouté à tous ceux que possèdent déjà les Montmorency.
L'émotion de rorateurne parut pas feinte. Elle se communiqua au brillant auditoire qui salua ces paroles de ses applaudissements, comme d'ailleurs tout le discours.
Montmorency remercia Chateaubriand le 27 février en quelques paroles cordiales, et dont le destinataire sentit tout le prix : car on les trouve consignées en bonne place dans le Congrès de Vérone : « Je ne veux pas attendre, noble vicomte, le premier jour où je serai sûr de vous trouver pour vous remercier de la manière trop flatteuse dont vous avez parlé de moi dans votre grand discours. Je suis malheureusement arrivé trop lard pour l'entendre. Je viens de le lire avec un extrême intérêt. Vous avez été spécialement heureux, surtout en ce qui regarde TAngleterre, et c'est un point essentiel. Au reste, pour ménager les intérêts de ce côté, comme de tous les autres, permettez-moi de vous dire ce que j ^espère être aussi dans votre pensée : « Hâtons-noixa d'agir vis-à-vis de l'Espagne. »
Après rheureusc conclusion de la guerre d'Espagne, Tauteur du Congrès de Vérone déclare qu'il eut d'abord Tidée de remettre au Roi le portefeuille des Affaires étrangères et de supplier Sa Majesté de le rendre au duc de Montmorency : « Que de soucis nous nous serions épargnés, que de divisions nous aurions épargnées à Topinion ! L'amitié et le pouvoir n'auraient pas donné un triste exemple et la légitimité serait peut-être encore là . . . L'intérêt des colonies espagnoles, en nous arrêtant, a produit Tavant-demier bond de notre quinteuse fortune. »
Nobles rivaux ! On eut la satisfaction de les voir épuiser les bons procédés, Tun vis-à-vis de Tautrc. M™' de Duras avait été bien inspirée en écrivant à Mathieu de Montmorency, et aussi sans doute en mettant la réponse de celui-ci sous les yeux de Chateaubriand.
Les billets de Chateaubriand à M"* de Duras pendant les quinze mois de son actif et glorieux ministère sont très nombreux et, plus que jamais, chargés de sens : ce sont des paroles de feu. Il en est un qu'il est utile de mettre eu lumière parce qu'il dévoile un coin reculé de cette âme peu portée à se montrer sous cet aspect, et parce qu'il dénonce la sincérité de l'amitié dans Fintimité de telles confidences.
A la veille de prononcer son premier discours à la Chambre des députés et de déclarer, lui, ministre des Affaires étrangères, que la guerre est juste et nécessaire, à rencontre de nombreux et ardents contradicteurs, il écrit à M"*® de Duras : « Je travaille pour la grande bataille, demain, à la Chambre des députés. J'ai bien peur, » Cette peur, à la veille de la bataille, celui qui l'avoue avec cette franchise, c'est le fier et orgueilleux Malouin qui se .vante, à bon droit, de n'avoir jamais tremblé devant personne, et non pas même devant Napoléon. Avec la chère sœur, il rejette le masque et se montre tel qu'il est, ayant peur et grand'peur, soit de la tribune, soit des responsabilités. C'est lui encore, lui, René, qui dans son effroi ajoute ce mot révélateur d'une àme croyante, lui qui appelle au secours la prière d une àme meilleure et pieuse : « Priez Dieu pour moi. » A quelle autre de ses amies a-t-il fait pareil aveu, demandé pareille assistance, écrit de ce style où l'àme se montre ?
M"" Récamier disait de lui : « 11 croit croire. » M"* de Duras pouvait dire : « Il croit à la prière, il croit. » A ces deux traits,
il faut ajouter celui-ci : pendant qu'il préparait un autre discours d'extrême împorlance, et que tous, amis et ennemis, attendaient avec une impatience surexcitée — réponse aux grossièretés proférées contre lui au Parlement anglais, il écrivait à M"* de Duras : « Je suivrai vos conseils. » Lesquels? Conseils de femme, mais combien heureux ! Le conseil de s'inspirer aussi du sentiment, dans ce débat solennel, et de traduire ses bons souvenirs d'ambassadeur; le conseil de répondre par des éloges, d'ailleurs mérités et sincères, aux insultes, également méritées par lui, mais dans un sens infiniment honorable. C*estce qu'il fit en ces termes : « On a prodigué à la France des outrages qui ont retenti dans tous les cœurs français... C'est à nous à donner Texemple delà modération parlementaire... On a fait des vœux contre nous : souhaitons la prospérité à toute puissance avec laquelle nous conservons des relations amicales. On a osé élever la voix contre le plus sage des Rois et contre son auguste famille. Qu'avons-nous à dire du roi d'Angleterre, sinon qu'il n'y a point de prince dont la politique soit plus droite et le caractère plus généreux; point de prince qui, par ses sentiments, ses manières et son langage, donne une plus juste idée du monarque et du gentilhomme. On a traité avec rigueur le ministre français. Je connais les ministres qui gouvernent aujourd'hui l'Angleterre, et ces personnages éminents sont dignes de l'estime et de la considération dont ils jouissent. J'ai été l'objet particulier des insultes : qu'importe, si vous trouvez. Messieurs, que je ne les ai méritées que pour avoir bien servi mon pays? Ne craignez pas que ma vanité blessée puisse me faire oublier ce que je dois à nna patrie ; et quand il s'agira de maintenir la bonne harmonie entre deux nations puissantes, je ne me souviendrai jamais d'avoir été ofiTensé. »
Il eut un succès immense, et ses adversaires mêmes ne purent lui refuser leur admiration. Le roi d'Angleterre et lord Wellington donnèrent, à toute l'Europe, l'exemple et le signal des applaudissements.
« Sa renommée était alors à son apogée, et son éloquence souple et variée, qui s'élevait d'une simplicité familière jusqu'aux plus grands effets oratoires, donnait à ses victoires une solennité que celles de Villèle n'avaient pas *. » Inde irœl
i. Histoire de la Restauration, par Dareste, d'ailleurs très hostile à Chateaubriand.
Autre remarque. Les billets suivants font allusion à des lettres et notes diplomatiques que vainement on chercherait dans le Congrès de Vérone. On sait que, supplié par Lia Ferronnays et Marcellus de retrancher de son ouvrage maintes et maintes pièces d'un intérêt encore trop actuel (ISSG), il en fit le sacrifice avec une générosité d'autant plus méritoire que ce fut sans croire à la nécessité de pareille suppression : sur quatre volumes, il en sacrifia deux ; et chaque volume lui était payé vingt mille francs; or, à cette époque, il tirait le diable par la queue.
Quand on pense que cette énorme et — admirable — correspondance diplomatique est tout entière de sa main, on comprend qu'avec les séances des Conseils et des Chambres, avec les fêtes qu'entraînait le ministère des Affaires étrangères, et il les faisait magnifiques, avec tant de visites à recevoir, surtout pendant une guerre « d'où dépendait le sort de la monarchie », Chateaubriand n'ait pu adresser que des billets à M"' de Duras : « Nous n'avions point d'audiences à heure fixe : entrait qui voulait : la porte était toujours ouverte. » D'ailleurs, il continuait à la visiter, soit à la rue de Varennes, soit à sa maison des champs.
Chateaubriand à Madame de Duras.
Dimanche.
J'irai vous voir en sortant du Château. Je n'oublierai point Henri, et je ne vous donnerai point de tourment.
Dimanche, 29 décembre 1822.
Oui, oui. Je prends Henri. Je suis tout remonté ce matin. J'ai écrit toute la nuit à l'empereur de Russie, à Metternich, etc. Je ne sais quand je pourrai vous voir aujourd'hui.
1 heure et demie [lundi 30 décembre 1822].
C'est fait. Le Roi charmé, et me demandant pour échange de bon procédé, la lecture de VAbencérage, en disant : « VAbencé-
rage^ ce sont aussi les Affaires étrangères ». Je vais faire rédiger rOrdonnance, et je la présenterai à la signature demain. Je tâcherai de vous voir aujourd'hui, quoique j'en désespère.
l*r ianvier 5 heures du matin [1823].
Je vais porter l'Ordonnance aux Tuileries et la faire signer, mais il est de ma tendre amitié de tout vous dire, pour prévenir le mal que je puis vous faire. Vous qui avez été si désolée pour une phrase dans un pamphlet, vous sentez-vous de force à supporter quelques mauvaises plaisanteries dans un journal et à la tribune ? Depuis hier que j'ai lieu de craindre cela, je suis réellement au désespoir. Je n'ai pas eu le courage de vous le dire hier au soir. J'ai à peine celui de Técrire. Décidez. Si vous renoncez au projet, rien de plus simple : c'est Henri, qui, à la réflexion, n'aura pas voulu d'une place de commis, si inférieure à son nom et à son titre. Il aura dans le monde toute la faveur du refus. Je me chargerai de plus de sa destinée : il viendra tous les jours travailler avec moi. Il verra les choses les plus secrètes. Je rélèverai quelques mois pour être sous-secrétaire d'Etat^ après les Chambres, lorsque je serai assez fort pour obtenir cela de mes collègues et que le danger sera passé.
Prononcez, encore une fois. A une heure, l'Ordonnance sera signée.
Mercredi.
Jamais ces approuvés ne s'impriment. On se contente de dire ce qu'on a déjà dit. M. de Rauzan est nommé, etc. Quelle tête vous avez, chère sœur! Je n'ai rien ôté à M. de Rauzan. J'ai renvoyé dans les divisions ce qu'un désordre impardonnable en avait fait sortir sous Pasquier et Mathieu. Je ferai tout, mais épargnez-moi ces scènes et ces folies... Voilà une lettre de ma femme.
Vendredi 3 janvier 1823.
Si vous aviez pris la peine de lire ce que je vous donnai mer-
1. Il écrira, huit ans après la mort de la duchesse de Duras, dans le Congrès de Vérone : « M. le duc de Rauzan. nommé directeur des affaires politiques, pour tenir lieu d'un de ces secrétaires d'État qui devraient exister dans les départements ministériels, seconda nos travaux; il montra un jugement rassis, qualité essentielle du diplomate. »
M. le duc de Rauzan remplaça, à la direction des travaux politiques, M. Herman, démissionnaire.
credi, vous auriez vu qu'il n'y a pas d'Ordonnance ; il n'y en a môme pas pour un ambassadeur. C'est moi qui dis au Roi : « fai Vhonneur de proposer d Votre Majesté^ etc. », et le Roi met au bas approuvé.
Véritablement, vous me feriez renoncer à vous voir. Savezvous que je me suis couché à minuit et levé à deux heures, que j'ai fait cette nuit toutes mes dépêches pour l'Espagne, l'Angleterre. Il y a trois jours que je fais ce métier, et vous me tracassez. Je suis changé de fatigue au point d'alarmer mes amis. Je porterai l'ordonnance. J'irai, si je puis, vous voir, mais songez que cette tyrannie n'est pas de l'amitié.
Jeudi 30 janvier 1823.
Quand calmerez-vous votre tête ? Que font les propos de Hyde ? On ne ferait pas un pas, on serait arrêté en tout si on écoutait tout. Je vous verrai aujourd'hui vers trois heures. Je ne sais rien de l'Espagne.
Mardi midi.
Eh bien! puisque vous le voulez, je serai demain chez vous à quatre heures et demie, mais Villèle n'arrive pas, et vous avez seulement voulu voir si j'étais à Passy. J'y suis, je travaille bien, et beaucoup, et vos injustices ne me découragent de rien.
Dimanche.
Je ne vous réponds de rien, car en sortant de la Cour, j'ai deux ou trois visites à faire. Dans tous les cas, à ce soir. Je crois que M"*» de Chateaubriand m'accompagnera.
Lundi soir.
J'ai eu une fièvre atroce toute la nuit. J'ai couru chez le Roi et les ministres, espérant toujours avoir le temps d'aller chez vous, et je rentre avec une fluxion et un mal de dents à crier. Je vais me coucher. Le Roi a été très bien pour moi et m'a gardé longtemps. A demain.
Mardi matin [28 Janvier 1823].
Eh bien, je vous apprends officiellement que M. de La Garde
est rappelé *, et que cette nuit, votre gendre et moi, nous avons donné congé à M. de San-Lorenzo*. Gardez le secret jusqu'à deux heures.
7 heures 1/2.
Il n'y a absolument rien de nouveau. Villèle ne croit pas à cette nouvelle et il est fort gai. Demain, il y a conseil, je ne pourrai vous voir.
Dimanche.
Certainement, je vous verrai aujourd'hui vers 3 heures.
Mardi.
11 est de toute impossibilité que j'aille chez vous aujourd'hui. Je fais une longue note pour M. Canning, et je vais ensuite la porter au Conseil. Je suis désolé de votre crampe A demain. Je souffre aussi.
Mardi.
Non. Nous allons tous [les ministres] à la messe au Château. Je travaille. U y a Conseil, et je ne pourrai vous voir aujourd hui. A demain.
Dimanche.
Je n'ai point vu d'autres, pas même V Abbaye. Que dites-vous de cela? Je suis mieux. Demain, j'irai m'enrhumer chez vous.
Oui, vous me verrez ce matin, mais je souffre toujours beaucoup.
Samedi.
Résignez-vous à une chose : je ne puis plus rien vous dire. Je n'ai pas entendu parler de San-Lorenzo. J'irai vous voir un