‹ La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits;Chapitre 32 sur 88 · Article du 42 oclobre 4823. Voir dans les Œuvres · texte numérisé non relu

Article du 42 oclobre 4823. Voir dans les Œuvres

[Jeudi] 9 octobre i823.

Les Rois mont empêché de vous écrire hier*. Au moins, ce matin vous recevrez le plus grand des courriers que j'ai déterminé au voyage. Chère sœur, voilà bien de la gloire S et, ce qui vaut mieux, du repos. Maintenant, vous allez me lire Le Moine, J'irai Tentendre à Andilly dans quelques jours, si vous y êtes encore, ou à Paris, si vous revenez.

Je suis sorti pour aller chez vous : j'ai été arrêté par une conférence d'ambassadeurs, des courriers, des dépêches : demandez à Henri. Si je puis m'échapper ce soir un moment, j*irai vous chercher. Votre santé avant tout. Qu'importe l'Espagne si vous souffrez!

Mardi.

Vous ne vous en irez pas tout à fait et pas du tout. Nous avons Conseil, et je ne pourrai vous voir que demain. Le thé m'a fait du bien hier; il me fera du bien encore demain.

M"* de Castellane n'est point ici. Je suis accablé de travail. J'ai pourtant fait mettre mes chevaux pour aller vous voir. Mais cette violence est bien peu fondée. Je vous parlerai de Talleyrand.

Mercredi matin 1823.

Ne m'attendez pas aujourd'hui. Je suis chargé d'un grand travail par le Conseil, et je m'enferme toute la journée. A demain c'est bien des jours sans vous voir.

1. Il avait écrit aux Rois le 8 pour leur apprendre l'heureuse délivrance de S. M. Catholique et de sa famille (8 octobre 1823) .

2. Mercredi au soir, [8 octobre], à dix heures, le canon des Invalides a annoncé la délivrance de S. M. le roi Ferdinand et de la famille royale, Cette nouvelle a fait éclater ù Paris les plus vifs transports de Joie et d'allégresse. On s'abordait, on se félicitait, on s'embrassait, comme si c'était une seconde Restauration. Un nombre infini de maisons ont été illuminées.

250 LA DUCHESSE DE DUHAS ET CHATEAUBBIAND

Ah ! Bon Dieu! quelle terreur pour rien. Je lîTen vais pour trois ou quatre jours, et, dans ce cas, le ministre n'est jamais censé absent et ne laisse le ministère à personne.

[49 octobre 1823].

Tout est arrangé. Le baron de Damas est nommé. Le maréchal [de Bellune] va ambassadeur à Vienne ^ C'est la perfection. Tout sera demain dans le Moniteur, mais ne le dites pas, de peur d'accident dans la nuit. Je ne sais si je pourrai vous voir.

J'ai parlé à Villèle, il est très décidé à faire donner les dix mille francs. Je n'ai oublié de lui parler que de la visite de M""* Anisson. Je vais le revoir aux Tuileries ce matin. Je ne sais si j'aurai le temps de monter chez vous, car il faut que je voie Bertin à une heure. Dans tous les cas, à ce soir.

Mercredi matin.

Je dîne à 5 heures et demie chez 1 ambassadeur d'Autriche ; ainsi, je ne pourrais vous voir [que] très tard. A demain donc. Je ne puis rien à toutes les folies tristes que vous me dites. Vous aurez vos étrennes, mais je voudrais que vous pussiez passer 24 heures au ministère pour juger de mes loisirs. Caraman n'ira point à Vienne.

127 décembre 4823].

Je ne suis pas allé chez vous hier, parce que j'ai été accablé d'affaires et du Conseil et des arrangements pour Tenterrement de cette pauvre M"* d'Acosta * qui a lieu ce matin et où je vais [à l'Eglise de l'Assomption].

4. U ne s'y rendit pas, l'Empereur d'Autriche ayant refusé de lui laisser porter à la Cour un titre militaire conquis dans ses Etats.

2. <K Une personne connue depuis longtemps par son zèle pour les bonnes oeuvres vient de succomber à une maladie longue et douloureuse. M'»« Jenny d'Acosta est morte, le 25 [décembre 4823], dans un âge peu avancé. Intimement unie avec des sœurs vertueuses, elle vivait avec elles dans les exercices habituels de la piété et de la charité. Attaquée d*une maladie terriWe,

Cela est sincère ; car votre rivale [M"* de Castellane] n'est pas à Paris. J'irai vous voir ce matin. Ne vous tourmentez plus.

Ah ! bon Dieu, votre billet vient bien mal à propos, mais je suis accoutumé à vos injustices.

Mardi.

Il ne sera pas question du personnel.

6 heures, vendredi.

Il m'a été impossible de vous voir aujourd'hui. J*ai été accabléd'embarras etd'aflaires. Déplus, j'ai été horriblement souffrant la nuit dernière et tout le jour, à ce point que je ne puis aller à rOpéra ce soir. Je vous renvoie donc le billet. A demain donc. Plaignez-moi.

Vendredi.

Je ne pourrai vous voir ce matin. C'est jour de Conseil et mon travail me mènera trop loin pour que je sois libre avant trois heures. Venez demeurersur le Boulevard... et j'irai habiter le fauboui^ Saint-Germain. A demain.

Mercredi matin.

Je n'ai pu rien vous dire, car je ne savais rien, puisque je n'avais pas vu le garde des Sceaux. L'ordonnance pour Villèle seul est dans le Moniteur^. Je vais envoyer ma démission. Il ne

et que les médecins ne paraissent pas avoir connue, elle éprouva des douleurs cruelles contre lesquelles tous les secours furent impuissants. M**« la vicomtesse de Chateaubriand, sa parente, l'engagea à venir dans son hôtel, afin d'y être plus près d'un médecin qui avait donné quelque espérance de guérison. C'est là que U^» d'Acosta a trouvé le terme de ses maux, au milieu des soiBs de la plus tendre amitié. Le service funèbre a eu Heu dans l'église de l'Assomption, et le convoi était remarquable par la présence d'une centaine do ces enfants délaissés dont M>i* d'Acosta était la protectrice. »

1. Dans le carnet de Villèle : « Le 27 décembre, allant chez le Roi, J'en ai vu sortir M. de Chateaubriand tout ému et n'ayant que le temps de me dire, à voix basse, à la porte du cabinet du Roi. restée ouverte : « Mon cher Villèle. calmez le Roi, calmez le Roi. » Introduit je trouvai le Roi assez peu

s'agit pas de cordon, mais de ne me pas laisser amoindrir dans Topinion. J'irai vous voir.

Vous savez que nous passons tous les jours au Conseil et la nuit au travail. Je me suis levé à quatre heures et je suis mort. J'irai vous voir avant dîner.

Votre « ennemie * » n'est pas arrivée. Hier, c'était le Conseil, j'ai été forcé d'aller chez le Roi. Lisez le journal. Bon Dieu ! Ne recommencez pas vous-même vos tracasseries. Je vous verrai vers quatre heures.

Ne vous troublez pas de tout ce bruit. Cela est pitoyable et voilà tout. C'est moi, sans doute, qui ai fait passer l'avis à Monsieur, et c'est Monsieur qui a tout dit et tout fait. C'était mon devoir, et il ne faut pas, par une fantaisie d'enfant, multiplier des inconvenances et des blessures d'amour-propre.

L'ambassadeur d'Angleterre ne fera aucune démarche, et s'il en fait une, ce sera une sottise. Mais qu'importe tout cela ? J'irai vous voir un moment avant le Conseil.

3 heures et demie.

Villèle vient dem'écrire pour me dire qu'il avait convoqué un Conseil à quatre heures, ne pouvant consentira compromettre les intérêts de son pays^ Ne parlez de rien si vous n'avez pas encore parlé. Je vous ferai connaître le résultat du Conseil.

Eh ! bien, je retire ces paroles, tout ce que vous voudrez,

ému lui-même, qui me dit : « Vous avez dû trouver un homme assez peu à Taise et qui le mérite bien. Groiriez-vous qu'entre lui, Pozzo et La Ferronnays, ils viennent de me faire donner un soufflet sur votre joue par Tempcreur Alexandre ; mais je saurai lui donner chasse. 11 vient d'envoyer une décoration de ses ordres à Chateaubriand et à Montmorency, et à vous, rien. On voit bien qu'il est un parvenu. Tenez, Villèle, jamais Tempereur d'Autriche ne m'eût fait pareille chose, mais je vais le payer de sa sottise en monnaie de meilleur aloi. » Il sonne, et donne l'ordre qu'on envoie chercher son ministre de la Maison : a Mon cher Villèle, je vous nomme chevalier de mes ordres : ils valent bien les siens ; allez chez vous et attendez-y Lauriston. »

• Le 30. En Conseil chez le Roi, où S. M. a exprimé le motif qui lui a fait me donner le cordon bleu. Après son départ, M. de Chateaubriand et quelques autres ministres s'en sont montrés peines.

» Dès le 7 janvier li824], le Roi accorda l'ordre du Saint-Esprit au vicomte de Chateaubriand, en même temps qu'aux ducs de Doudeauville et de Damas-Crux. » {Mémoires de VilleU) .

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