‹ La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits;Chapitre 57 sur 88 · ViUemain · texte numérisé non relu

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rapprocher et réunir ; elle voulait les faire s^aimer les unes les autres, comme elle-même les aimait, les faire jouir les unes des autres, comme elle-même en jouissait dans son cœur. A la Restauration, « M. de Chateaubriand et M"^ de Staél se revirent. M"" de Duras fut une sorte de lien *. » — « Rentrée à Paris après lesCent-Jours, raconte Chateaubriand, l'auteur de Delphine était revenue souffrante. Je Ta vais revue chez elle et chez M"* de Duras. » Chez elle, avec M"** de Duras. Voici deux billets de Chateaubriand, où M"* de Staël est nommée. Le premier se rapporte précisément à la visite dont il est question dans les Mémoires doutre-tombe :

[1816] Je n ai pas encore promis à M*** de Staël. J'allais lui écrire pour accepter. C'est mon travail qui m'empêche d'aller vous voir, et je ne pourrai même ce soir vous rencontrer que chez M"* de Staêl^ parce que je corrige des épreuves. .

Le second est du 4 juillet 1817 :

« Mille tendresses à M"* de Staël. » Elle n'avait plus que dix jours à vivre.

« M"® de Staël avait un goût singulier pour M"* de Duras, qu^elle trouvait, comme elle-même Tétait également, une personne vraie dans une société factice». « J'ai vu », continue Sainte- Beuve, a un billet touchant qu'elle lui adressait le 26 juin 1817, c'est-à-dire, dix-huit jours avant sa mort et qu'elle avait dicté à son fils (Auguste de Staël) n'ayant déjà plus la force d'écrire. Elle avait ajouté, au bas, de sa propre main, d'une grosse écriture inégale et défaillante : « Bien des compliments de ma part à René. » Le mot ci-dessus de Chateaubriand a mille tendresses » est vraisemblablement la réponse à ce suprême souvenir qu'il a consigné dans ses Mémoires :

« Le dernier billet qu'elle écrivit à M"** de Duras était tracé en grandes lettres dérangées comme celles d'un enfant. Un mot affectueux s'y trouvait pour Francis, »

Sa mort arracha bien des larmes à M"* de Duras. Comme elle avait aimé et fréquenté la mère, elle aima le fils et la fille, gagna leur confiance et les accueillit dans son intimité: c( J'ai vu hier Auguste de Staël... Il me peignait hier le silence affreux qui s'est fait dans leur intérieur depuis la mort de sa

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