La fameuse destitution
Donnez-moi de vos nouvelles, chère Rosalie, et aimez toujours un peu une personne qui vous est si tendrement attachée.
« Au mois de juillet, raconte Chateaubriand Je rejoignis à NeuchAtel M*"* de Chateaubriand qui était allée m'y attendre. » D'après la lettre qu'on vient de lire, il faudrait mettre août au lieu de juillet. Voici peut-être le billet d'adieu à M"* de Duras :
Le tableau a été envoyé par M"** de Chateaubriand chez ses cousines. II est trop tard pour Tavoir.
Je pars cette nuit. Ecrivez-moi. Je ne regrette de Paris que vous.
Humboldi à madame de Duras,
Lundi [1824]
Je n'ai qu*un moment pour aller, et déjà trop tard, à ce triste enterrement de Girodet ^ ; malheureusement, je suis engagé depuis cinq jours à un ennuyeux dîner diplomatique chez l'éloquent comte deMulinen, ministre du roi de Wurtemberg, mais j'aurai le bonheur de vous voir ce soir et de vous prouver que vous inspirez heureusement les artistes et que la gravure A'Ourika ne le cédera en rien à la peinture.
Ce dimanche [1824].
Votre ministre des Finances n'a pas osé vous parler hier soir du budget des arts. Il y a 3 semaines que nous avons eu le premier tirage de Teau- forte à'Ourika qui a réussi à merveille. Cette joie est accompagnée des larmes du second payement. C'est, vous le savez, une suite de quatre remèdes asthéniques 4 X 450 = 1 .800 francs. M. Gérard a payé le second quart, il n'est guère pressé pour la restitution. A votre prochain retour, daignez faire porter tout prosaïquement ces 450 francs chez M. Gérard en faisant dire que c'est pour M. Jehannot. Le temps est un vrai temps d'Andilly. Si vous restez, comme je l'espère, ç faites-moi dire de grâce un petit mot.
Ce mercredi.
Ordonnez, disposez de moi comme de la personne qui vous est la plus dévouée. Voulez- vous aller ce matin voir les cadeaux, résoudre le problème impossible à résoudre* ? Je ne pourrais bien cependant qu'avant Tacadémie, de 1 heure à 3 heures. Comme le chemin vous conduit par les quais, daignez venir devant ma porte. Je ne serai pas aux bains. Surtout daignez m'écrire à quelle heure, ou si vous préférez demain. Mille tendres et respectueux hommages.
Talleyrand à Madame de Durai.
[16 août 1824].
Ce$t fail. J'achète Andîlly *, je me soumets à votre loi et cela me plaît.
Je garderai le silence jusqu'au premier septembre.
Je désirerais que vous ne retirassiez les meubles qu au mois de novembre, car, sans cela, il n*y a pas moyen d'habiter un jour de cette année.
Plus vous me laisserez de meubles, plus cela me conviendra; — on en fera un mémoire à part, au-dessus de 60.000 francs.
Si vous n'en laissez aucun, je meublerai ce petit palais cet hiver.
Comment se fait-il qu'il n'y ait pas dans votre billet un mot de l'ordonnance de ce matin ^? C'est la mesure la plus violente que Ton ait jamais prise. Le considérant est un outrage aux tribunaux et à la chose jugée. Quand on gouverne ainsi, on joue quitte ou double, et ce n'est pas soi que l'on joue.
Mille hommages.
29 août 1824.
Vous m'avez parlé hier un peu légèrement de mon ménage. — Dites-moi, je vous prie, ce qu'il faut que je porte à Andilly pour y passer d'abord vingt-quatre heures.