‹ La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits;Chapitre 71 sur 88 · Allusion au Sacre, sans doute · texte numérisé non relu

Allusion au Sacre, sans doute

de Selinonte et de Girgeati. Je ne voudrais pas ajouter à mon malheur le tort de vous parler de mes reg^ts ce soir. J'ai lu et relu ce bel article [de Chateaubriand] ; la fin est un jugement des morts à Memphis ; mais les cadavres sont tout momifiés et si bien emmaillottés que rien ne les touche et ne les trouble. Mille hommages de mon tendre et respectueux dévouement.

Madame de Duras à Rosalie de Constant.

Saint-Germain, 23 JniUet [18S3].

Assurément je devrais vous écrire ce que je voulais vous écrire, mais j'étais combattue entre le désir de vous voir ici, mille bonnes raisons que j avais à dire et que je m'imaginais qui vous persuaderaient, puis la crainte que ce voyage ne fût au-dessus de vos forces, dont je ne puis juger, et les reproches affreux que je me ferais si vous tombiez malade par ma faute, par mon égolsme de préférer le bonheur que j'aurais à vous voir ici, à votre sûreté, à votre santé, à votre repos, et le fait est que je ne puis avoir un avis parce que je ne vous vois pas. Si vous êtes réellement aussi faible que vous le dites, ce serait de la folie ; mais si ce sont des maux de nerfs, le changement d'air et de lieu est bon. Il est bien triste pourtant d'être arrêtées ainsi par une si petite distance, — je le dis pour vous comme pour moi, — de désirer se voir et de ne le pouvoir, et qu'il n'y ait qu'une vie, qu'on ne puisse dire : une autre fois, quand la force et la jeunesse seront revenues avec le printemps. Il faut se résigner, chère Rosalie, et s'écrire, comme disait M"* d'Houdetot. Cherchons du moins à nous distraire, ne pouvant nous consoler. Et cependant, n'allez pas croire que je suis devenue amie de cette philosophie des distractions. J'en suis à mille lieues. 11 y a quelque chose qui dégrade l'homme dans l'imprévoyance et la légèreté, — et les distractions ne sont pas autre chose. Mais le courage manque pour considérer l'avenir et la vie face à face. On remet au lendemain pour cela comme pour tout, comme j'ai fait pour ma lettre. C'est mon grand défaut, c'est celui de la faiblesse. J'envie la force parce qu'au fond elle fait la base de tout ce qui est bien, et la faiblesse,, de tout ce qui est mal. Cest ce que l'on trouve au fond du vase, comme ces résidus chimiques.

Ma chère, avez-vous lu le Lord Byron * de M"* Beiloc. Je dis :

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