‹ La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits;Chapitre 74 sur 88 · Bibl. de Genève · texte numérisé non relu

Bibl. de Genève

représente le bateau à vapeur d'Ouchy. Il est vrai que cette diligence n'est pas aussi propre que le bateau, ni, le grand chemin, aussi frais que votre beau lac. Nous avons donc perdu au change de toutes les façons. Paris, au reste, est un désert ; tout le monde est à la campagne ou en voyage. M"** de Duras est à Saint-Germain. Sa dernière lettre était un peu moins désespérante que les autres. Je ne l'ai vue qu'une fois depuis que je suis revenu. J'irai la chercher dimanche prochain, et je lui porterai votre présent. Je crois que l'automne est une saison qui lui est favorable.

Vos campagnes doivent être à présent magnifiques ! Quand je viens à les comparer en pensée à la plaine de Montrouge, je suis un peu honteux pour mon pays.

^\me jjg Chateaubriand vous attend toujours pour vous faire catholique ; elle est décidée à vous convertir ou à vous brûler, comme on vient de brûler un Juif en Espagne. Prenez donc garde à vous. Si vous vous sentez quelque bonne disposition, nous vous enverrons un de nos vieux prêtres de Tlnfirmerie [de Marie-Thérèse]. Ils radotent un peu ; mais ils sont bonnes gens.

Adieu, Mademoiselle ; croyez à ma tendre reconnaissance ; recevez tous les compliments de M"* de Chateaubriand et mes hommages respectueux.

Chateaubriand ^

Autre lettre bien bonne à M"* Rosalie. Chateaubriand Vy entretient de leur amie commune, M"* la duchesse de Duras. Le ton en est extrêmement simple, et cela même fait plaisir. Si le détail ne porte que sur la chère malade, il nous est facile de suppléer au silence du correspondant sur lui-même.

Ami fidèle, et plus assidu aux heures de l'épreuve, il allait voir régulièrement celle qui lui avait été si passionnément dévouée, celle qui lui avait permb, ou plutêt qui lui avait demandé de Tappeler <c ma sœur y>. On sait qu^à Toccasion il consentait très volontiers à lui servir de secrétaire. — Elle-même avait si souvent écrit sous sa dictée !

La conversation étant devenue très pénible à M"* de Duras, personne, en dehors de la famille, n'avait accès auprès d'elle, personne si ce n'est le ce cher frère. » Attendu, non sans impatience, à jour et heure fixes, il était accueilli avec ce sourire si spirituel et si bienveillant qui donnait tant de charme à la phy-

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