‹ La duchesse de Duras et Chateaubriand d'après des documents inédits;Chapitre 80 sur 88 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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A la comtesse de Nesselrode.

Fleury, S8 juillet 1832.

... J'ai dtnéla semaine dernière chez M"«» deRauzan que j'ai trouvée toute charmée de la lettre qu'elle avait eue de vous. Ce jour-là, je faisais connaissance avec son nouveau logement, modeste et confortable second, qui atteste à la fois Télégance et la raison de ses hôtes. Les sacrifices que le bouleversement de Juillet lui a imposés n'attristent que ses amis; non seulement il est évident qu'ils n'ont pas été jusqu'à son cœur, mais qu'ils n'ont pas même contristé sa vanité, qu'ils n'ont pris ni sur ses jouissances profondes et vives, ni sur ses goûts qui ne sont pas ceux que l'argent satisfait. Sa sollicitude maternelle n'a fait porter aucune privation à ses enfants, et le salon de la jeune femme brillante n'a, intellectuellement parlant, rien perdu de son éclat. Vous auriez été contente d'elle, en la jugeant sous des rapports qui n'avaient point encore paru à vos yeux, si vous aviez pu suivre, dans leur vive sincérité, ses angoisses pour sa sœur dont la sûreté personnelle pouvait être si vivement compromise. Vous me demanderez ce qui peut être changé dans le fond de cette inquiétude, la situation réelle étant restée si parfaitement la même ; je vous répondrai par le fait inexplicable d'une sécurité qui est dans l'esprit de tout le monde, sans être dans la compréhension de personne. Ce qui est vrai pour Félicie est également vrai pour la duchesse de Berry... Traverser la France d'un bout à l'autre esl certes une moindre merveille que de rester cachée dans la Vendée, pays découvert où la fidélité seule est un asile... *

A la même.

20 décembre 1832.

... Je pense que vous pouvez être tranquille pour Félicie : il n'y a pas d'intérêt à la trahir, et il est bien probable qu'elle échappera au sort de sa courageuse patronne...

A la même.

24 août 1833.

... Je vous donnerai une nouvelle imprévue, c'est que M°*« de La Rochejaquelein est en Portugal avec son mari ! Des luttes guerrière

1. Mb« la comtese de la Rochejaquelein avait été nommée dame d'honneur de M«» la duchesse de BeiT>s en décembre 1821.

et politiques, voilà décidément l'atmosphère où elle semble vivre à Taise... » — (Note de M. Falloux) : a Don Miguel, attaqué par son frère don Pedro, venait dappeler à lui un certain nombre de Français. »

Au comte (TEsgrigny.

Paris, 16 novembre 1838.

Au moment où votre lettre m*est arrivée, j'allais vous écrire sous l'impression du coup si inattendu de la mort de M"»« de Chastellux (comtesse César de Chastellux, née de Damas, belle-sœur du duc de Rauzan), et dans mon inquiétude de son effet sur M"»« de Rauzan. Ces disparitions soudaines, ces brusques vides faits dans la famille sont douloureux... Tout ce centre frappé ! Cette personne si animée et tellement en possession de ce qui fait Porgueil de la vie ! Jusqu'à ce Comarin *, qui n'avait jamais été plus brillant. Il y a à peine trois jours que je suis sur la voie de ce triste événement, et déjà auparavant j'étais inquiète de ce qu'on rapportait de la santé de M°»® de Rauzan. L'effet des eaux serait-il donc déjà effacé? Remarquet-on de l'altération dans ses traits ? De tous les symptômes qui m'affligeraient, ce dernier est le seul que je redouterais véritablement .Souffrir s'appelle vivre, et ne l'a jamais empêché; les menaces alarmantes ne sont que dans ce qui nous fait cesser d'être ou même de paraître nous-mêmes...

A Monsieur Moreau.

Vichy, 12 Juin 1840.

... Le contrepoids de tous ces remuements est dans la solitude que je me suis faite, et que je n'ai pas pris seulement le soin de conquérir, maïs encore d'assurer. M"»« de Rauzan est entrée pour beaucoup dans ma préoccupation de sauvage, et, comme on ne se fait guère de lois sans y entrevoir des exceptions, je sens que je n'aurais pas été aussi habile à garder ma liberté, si je n'espérais y renoncer pour elle. J'en reçois à l'instant un mot qui me donne son projet de Vichy pour fixé...

A,u même.

Vichy, 30 juin 1840.

... Je vous assure que si je suis en repos à Vichy, je suis bien tourmentée à Paris; M™** de Rauzan m'est çans cesse présente. Une lettre

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