‹ La Duchesse de Fallary (1697-1782), d'après des documents inéditsChapitre 15 sur 92 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Julie d'Entraigues. — Courte lune de miel. — Falary reprend le cours de ses exploits. — Prisonnier à Monjuich. — Complot à Barcelone. — Arrivée de la duchesse à Paris. — Le couvent. — M""* de Vauvray et ses fils. — Parents aimables. — Rapprochement manqué. — Le duc en Espagne.

En moins d'un demi-siècle, Gorge d'Entraigues et d'Haraucourt, émergés du néant, avaient grimpé avec dextérité l'échelle sociale, ils étaient devenus deux aïeux, et le mariage de leurs enfants allait définitivement implanter dans la noblesse française la lignée qu'on était en droit d'espérer. Déjà le 3 avril 1709, Julie Christine d'Entraigues avait épousé à Saint-Sulpice le marquis d'Ancenis, plus tard duc de Charost, en présence des plus grands seigneurs du royaume : le duc de Béthune, le marquis de Charost, le duc de Montmorency- Luxembourg, le duc de Sully, etc. (0, non sans

(1) Bibliothèque nationale. Ms. Pièces originales 329.

désapprobation du public. « Quelle indignité, disait-on, que des filles de telles conditions soient élevées à des rangs qui ne sont et qui ne doivent être que pour la grandeur du sang et de la naissance (<). »

La nouvelle union était un pas en avant.

Aussi flère de son nom que du titre de son mari, la duchesse de Fallary tressaillait de joie à l'idée de la haute mission à elle destinée et aussi des magnificences de la cour de France dont elle comptait jouir prochainement. Hélas î le rêve fut court. Trois semaines étaient passées depuis la cérémonie nuptiale, lorsqu'un jour se présenta à Saint-André, non pas un courrier du roi Louis XV venant saluer le jeune couple, mais un huissier accompagné d'un recors. Falary se souvint alors que ses innombrables créanciers ne lui avaient laissé un instant de répit que pour profiter de son nouvel état. Des 800,000 livres qu'il avait possédées, il ne restait plus rien. Sa détermination fut prompte. Il fila. Lorsque sa pauvre jeune femme revint de ce coup brutal, elle s'aperçut de la disparition complète de sa dot, évaporée en vingt jours.

(1) Archives nationales. Ma. MM 818^

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