‹ La Duchesse de Fallary (1697-1782), d'après des documents inéditsChapitre 17 sur 92 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

parce qu'il était utile. M"® de Fallary, isolée et sans défense, ne sut pas résister à la nécessité de se savoir un soutien au milieu de ce monde nouveau : elle voua à Préaulx un attachement, de constance intermittente, il est vrai, mais qui dura jusqu'à sa mort.

De Saint-André-de-Briord, M*"** d'Haraucourt entretenait une correspondance suivie et affectueuse avec sa fille, dont les succès naissants excitaient un peu sa crainte tout en flattant son orgueil de mère(^). Ses fils, devenus des hommes, avaient quitté le collège Louis-le-Grand ; Gabriel, le cadet, était entré comme lieutenant au régiment de Navarre C^); Claude-Joseph, l'aîné, était revenu s'installer auprès de sa mère. Dans cette famille, l'amour, qu'il fût maternel, filial ou charnel, se teinta toujours d'un penchant prononcé à la chicane. M™* d'Haraurourt avait vendu, le 19 août 1719, la terre de Saint-Marcel au baron de Lornay, moyennant le prix de 4,400 louis d'or, somme destinée à solder les dettes du marquis défunt, et à payer

(1) On a écrit que M""* d'Haraucourt était alors dame d'honneur de la duchesse de Berry. Son nom ne figure, ni en 1717 ni en 1719, dans TÉtat de la maison de cette princesse qui se trouve aux Archives nationales.

(2) Archives du ministère de la guerre.

les notes trop criardes qui sans cesse réapparaissaient dans le pays comme des chardons dans un champ de blé ('). Deux mois après, Claude- Joseph, qui atteignait sa vingtième année^ commença ses règlements de comptes, lesquels, assaisonnés de procédures, de citations, de référés, d'un grand égoïsme et d'une mince reconnaissance, devaient durer un demi-siècle aussi bien avec sa mère qu'avec sa sœur. Celle-ci était dans un état assez précaire.

Falary, complètement à sec, n'avait plus qu'une pension de 3,000 livres que ses créanciers lui accordaient sur ses biens saisis; il devait, avec ce revenu modeste, entretenir et nourrir sa femme, dont il avait fait fondre la dot (-) ; aussi comprend-on que celle-ci, se trouvant sans argent et sans mari, ait accepté les appuis qui s'offraient.

Si parfois, dans cette société où brillaient les plus purs noms de Tarmorial français, elle regretta Tobscure naissance de ses père et beaupère, elle dut aussi leur rendre crrâce en son for intérieur de l'ambition qu'ils avaient montrée dans leurs alliances. Parce qu'elle étail

(1) Archives du département de VAin. E. 76.

(2) Archives d'Haussonville.

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