‹ La Duchesse de Fallary (1697-1782), d'après des documents inéditsChapitre 18 sur 92 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

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jeune et charmante, ou parce qu'elle était malheureuse, peut-être pour les deux raisons, dès son arrivée à Paris, elle se trouva au milieu d'une famille attentionnée et d*amia compatissants. C'était le marquis de Lévis. son cousin par les la Blache, le marquis de Tessé, un allié, tous deux fort empressés (le médisant Marais avance qu'elle n'en restait pas avec eux aux relations de cousinage et d'amitié )(*); c'était sa nièce à la mode de Bretagne, la jeune duchesse d'Olonne, sage, gracieuse, bonne, érudite, aimée et estimée de tous, qui lui ouvrit les portes les plus fermées et se montra pour elle d'une affabilité qu'une mort prématurée interrompit; c'était l'ambitieuse M™* de Prie, dont le mari était parent de la duchesse de Lévis-Ventadour. Pauvre et délaissée, sans un toit sous lequel s'abriter, M"** de Prie, en arrivant à Paris au mois d'octobre 1718, avait eu fort à faire. Elle venait de Turin, où son mari représentait le roi

(1) Pallarira dondène, fallarira dondô, Trois petits couteaux dans une gaine :

L*un est rouge et l'autre est blanc, L'autre est emmanché d'argent; fallarira, etc. « Les trois petits couteaux sont les trois amants de la duchesse, qui sont le marquis de Tessé, Lévy et Préaulx. Et ainsi le Régent a appris qu'il avait des précurseurs. » Matthieu Marais^ t. II.

de France; là elle s'était pénétrée des subtilités diplomatiques en honneur auprès de Victor- Amédée et, sans trop céder à l'amour, avait connu le pouvoir de sa beauté. « Mais surtout elle avait appris à peiner, à souffrir, à se défendre des maux de la vie, à s'agiter et à combattre, afm de satisfaire aux exigences d'une existence incertaine du lendemain, de telle sorte que sous la frêle enveloppe de ce corps d'adorable adolescente, palpitait un cœur quasi viril, résidait une âme mûrie avant le temps, aguerrie et pour toujours supérieure a de lâches faiblesses (0. »

Le marquis de Prie, grâce aux cinq années passées à la cour de Savoie, connaissait à fond l'origine des d'Haraucourt, et pouvait se porter garant des quartiers battant neuf de la duchesse, tandis que sa femme, en lui raffermissant son moral, ne se priva pas de lui enseigner la façon de gagner un prince ou de digérer les ragoûts de bâton administrés par un mari ombrageux. Leçon bien inutile, Falary ne manifestant pas la moindre velléité de jalousie et de représailles.

Il y songeait si peu qu'au début de l'année

(1) H. Thirion ; Madame de Prie. Paris, 1905.

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