‹ La Duchesse de Fallary (1697-1782), d'après des documents inéditsChapitre 2 sur 92 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le marquis d'Haraucourt. — Son origine. — Christine de France, duchesse de Savoie. — Ingratitude de son protégé. — M^^« de Montpensier. — La famille P'alcoz de la Blache. — Mariage de d'Haraucourt. — Luxe et misère. — Mort de d'Haraucourt. | — Les Tencin. — L'enfance de M™« de Fallary.

Sur les bords du Rhône, à quelque distance du joli village de Verizieu, se trouve un rocher conique d'une centaine de mètres d*où la vue va se perdre au loin vers les crêtes bleues des Alpes. C'est là que s'élevait jadis le château de Saint-André-de-Briord, démoli par la Révolution ; il avait appartenu au comte de Savoie, à Sébastien de Montbel, comte d'Entremont, beau-père de l'amiral de Coligny, puis à Guillaume de l'Hospital, marquis de Mesme, qui le vendit le 16 septembre 1696 au marquis d'Ha-

raucourt (*). Ce dernier acquéreur avait eu la main heureuse, car il était difficile de trouver site plus magnifique et castel plus charmant pour son ménage dont les noces avaient été célébrées un an auparavant. Quand le couple seigneurial fit son entrée à Saint- André, les gens du pays furent bien un peu stupéfaits de voir que le mari semblait être de cinquante années plus vieux que sa jeune femme, mais cette différence d'âge disparaissait devant Tair respectable du gentilhomme et les titres sor nores sur lesquels s'appuyait sa noblesse. Il était qualifié : Claude-Balthazar, marquis d'Haraucourt, baron de Charantonay et Saint-Marcel, seigneur de Puisgros et Voudry, coseigneur de Montregard, chevalier d'honneur au Sénat de Savoie et de la sacrée religion des Saints-Maurice et Lazare, commandeur de Notre-Dame de Vion, dignités capables d'éblouir et de faire croire à une illustre ascendance. Lorsqu'on remontait le cours du temps, oh!

pas très haut, il fallait en rabattre, et l'histoire de cet aristocratique personnage n'avait rien de fort glorieux.

(1) Nobiliaire du département de TA m, par Jales Baux. Boorg, 1864.

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