CHAPITRE IV
continuels efforts pour perpétuer la race humaine.... tout en espérant bien n*y jamais parvenir (*).
Chez les hommes non poussés par le besoin d'argent, il fallait un certain courage pour épouser ; quant aux femmes, elles faisaient pour la plupart des mariages d'inconvenance ou d'inclination à Tadultère ; puis, aussitôt libérées d'une virginité pesante, s'empressaient de jeter non seulement leurs bonnets, mais aussi leurs jupes et leurs corsages par-dessus les moulins. Quelques maris protestaient en paroles, très peu avec des arguments frappants; les plus nombreux, absorbés par les consolations qui se présentaient, en arrivaient vite à l'indifférence.
(1) Le Régent n était pas heureax dans ses tentatives légitimes avec la dïtchesse d'Orléans, qui « ne faisait que des tiUes. » L'opinion s'en émouvait, témoin cette lettre anonyme adressée à Philippe par une dame qui regrettait de ne pas lai voir d'enfants mâles :
tt J'ai entendu dire par une vieille grand'mère que pour avoir des garçons, il fallait, après quarante ans passés, se reposer un mois et que le mois de septembre et le mois de janvier ordinairement faisaient des garçons. Que M<"« la duchesse d'Orléans prenne du chocolat pendant un mois devant le mois de septembre et vous, Monseigneur, faites divorce avec vos belles qui peut-être ne le paraissent qu'à vous. Buvez peu de vin, il vous donnera mille incommodités qui vous ôteront goûtde toutes choses. »> — Archives nationales^ K. 138.
Les conseils étaient bons et la recette facile à suivre.
Leur insouciante légèreté leur permettait de subir allègrement l'égalité devant la loi commune, loi à laquelle les rois eux-mêmes échappaient avec peine.
Si Louis quatorzième N'a pas passé pour un corna rd, C'est un bonheur extrême Ou l'effet du hasard,
et les gens du commun, dont la morale n'était pas aussi complaisante, chantaient en catimini :
Ma foi, l'on a beau dire :
Le bois manque à Paris ; Ce discours me fait rire, Puisque tous nos maris En ont provision sur leurs têtes chenues. Et je suis assuré, L'été, Que s'il paraissait, L'on irait A l'ombre dans les rues (l).
Falary, dont le front se chargeait de nuages, semble s'être médiocrement soucié du titre auquel lui donnait droit la conduite de sa femme. Les amants de celle-ci n'étaient considérés par lui que comme des prêteurs et sa beauté que
(1) Bibliothèque de V Arsenal. Chansons du temps de la Régence. Ms. 3277.