‹ La Duchesse de Fallary (1697-1782), d'après des documents inéditsChapitre 22 sur 92 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

comme une valeur à hypothèques. Pourtant il n'eut ni le courage du déshonneur ni la ténacité de la honte; lorsqu'il vit qu'il ne pouvait rien tirer de ce côté, il ne témoigna aucune insistance et se dirigea vers des affaires «ussi malpropres, mais plus rémunératrices. Autant eût valu pour lui de devenir ivrogne comme M. de Parabère, ou épileptique comme M. d'Averne: il préféra mettre un peu de variété dans la déchéance.

Une fois la séparation volontaire consentie de part et d'autre dans le ménage Falary, la séparation de biens devait suivre fatalement. Elle fut prononcée le 4 février 1720 entre la duchesse, aidée de son beau-frère Gorge de Roise, conseiller au Parlement, et de Girardin de Vauvray père, conseiller d'État, et le duc qui se trouvait par hasard à Paris, logé rue du Cherche-Midi. Par cet acte, M™® de Fallary renonçait à la pension de 1,600 livres que son mari lui faisait sur les 4,000 livres à lui laissées par ses créanciers ('). Elle se trouvait ainsi sans un sou vaillant, réduite au dévouement de ses amis. Les uns heureusement étaient pourvus de fortune, les autres, comme les Tencin et

(1) Archives d* Haxissonville.

les Prie, soutenaient et défendaient Law, qui leur témoignait sa reconnaissance de manière avantageuse. Soit jeunesse, soit imprévoyance, la duchesse fut une des rares femmes de Tentourage du financier qui ne voulut ou ne sut pas profiter des conseils et des libéralités dont il était prodigue. Elle dut s'en repentir plus tard ! Paris se ruait sur le papier du Mississipi et tout le monde ne pouvait pas faire la réponse orgueilleuse mais compréhensible de Villars à un agioteur : c Vous étes-vous réservé beaucoup d'actions, monsieur le maréchal? — Dans rhistoire, oui, monsieur! » avait répliqué le vainqueur de Denain.

Débarrassée de son mari, légère de caractère, de mœurs et débourse. M™* de Fallary se laissa facilement enrôler dans le bataillon des belles pécheresses dont le point de ralliement était le Palai&-Royal, et présenter à son chef : le Régent.

Si Philippe d'Orléans n'était plus, au physique, le don Juan bruyant et grandiose que nous a représenté Largillière, il restait au moral ce qu'il avait toujours été. Les contemporains et les historiens vont nous le dépeindre fidèlement. D'abord Saint-Simon : « Mgr le duc d'Orléans était de taille médiocre au plus, fort plein

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