CHAPITRE IV
que Michelet qui la représente comme « une jeune et charmante femme, fort jolie, intéressante et malheureuse (1). » Le plus fantaisiste, ce qui ne surprendra pas, fut Alexandre Dumas qui, dans son Histoire de la Régence^ écrit : « M"® de Phalaris était une grande femme sérieuse, toujours couverte de mouches, empanachée de plumes, fière de son crédit à la cour, prude et affectant tout haut des principes auxquels personne ne croyait, auxquels elle seule avait Tair de croire. * M""** de Fallary sérieuse et prude! Oh! rimagination(^)!
(1) Journal de Mathieu Marais^ t. II. — Capeûgue : Philippe cCOrléans. — Journal des règne* de Louis XIV et Louis XVy par Pierre Narbonne. — Capefigue : La comtesse de Parabère et le Palais-Royal. — Histoire de France pendant le XVIIP siècle, par Charles Lacretelle. — Zc Car baret de la Maison-Rougcy par Emile Faure. — Michelet : La Régence.
(2) Pour savoir ce qu'était réellement la duchesse en son beau temps, il suffit de regarder son portrait en Gérés placé en tête de ce volume. C'est le seul authentique qui existe. H appartient à M. le comte d'Haussonville, qui l'a eu par héritage de sa grand*mère, née Falcoz de la Blache, petite-nièce de M«e de Fallary.
A l'exposition des portraits nationaux organisée au Trocadéro en 1878 figura une toile de forme ovale que le cata« logue, dressé par M. Henry Jouin, indique comme étant le portrait de la duchesse de Fallary, par François de Troy, toile appartenant au baron Seillière. Cette attribution est sûrement erronée. La facture est de Largillière et la dame représentée est une femme de cinquante à soixante ans por-
74 LA DUCHESSIS DE FALLAHY.
C'est au commencement de novembre 1720 que notre héroïne fut présentée au Régent par M™° de Sabran, avec laquelle elle n'avait aucun lien de parenté, comme on Ta prétendu. Cette favorite, dont la coquetterie et Tambition ne trouvaient pas complète satisfaction avec son amant, n'était pas encore arrivée à Tàge où la gourmandise et la dévotion remplacent les plaisirs de Cupidon. Quand elle vit qu'elle ne pouvait conserver sa place auprès d'un homme qui, dans ses passions, était avant tout un indépendant, elle se résigna à un rôle encore plus méprisant que celui qu'elle tenait; incapable d'attiser la flamme de l'amour dans le cœur de Philippe, elle se contenta de tenir le flambeau. Sur cet homme inaccessible aux séductions de l'esprit, et qui détestait les femmes
ambitieuses, elle reconnaissait inutile de tenter une platonique domination, aussi chercha-t-elle à lui donner de grandes passions à défaut de le voir faire de grandes choses (').
tant nne coiffure an Louis XIV. En outre, François de Troy est mort en 1730, époque à laquelle la duchesse de Fallary n'avait que trente- trois ans. 11 y a donc une erreur de peintre et de modèle.
Le portrait appartenant à M. le comte d'Haussonville doit être attribué à la Rosalba, « ce miracle des roses. ■• • (1) Les maîtresses du Régent, par M. de Lescure. Paris, 1861.