‹ La Duchesse de Fallary (1697-1782), d'après des documents inéditsChapitre 25 sur 92 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

- Du reste, cette dégradation en connaissance de cause trouve son excuse dans les mœurs du tenaps, et les Villarceaux et les Nesle n'étaient pas une exception parmi les familles aspirant à la royale flétrissure. M™® de Sabran subit l'expiation de ses fautes en devenant introductrice des favorites et en incorporant M™*" de Fallary dans la troupe des dames de déshonneur du Régent. A Tinstar de M"^ Houël qui la remplaça un instant, la duchesse avait à peine une chemise, mais cette considération n'était pas faite, au contraire, pour arrêter un amant épris.

Les étapes furent brûlées. Le 13 novembre 1720, Mathieu |Marais écrit : « M"*' de Sabran veut reprendre sa place ou faire reprendre cette place à une autre personne de ses parents que Ton appelle la duchesse de Fallari, et c'est au milieu de la translation du Parlement, de la retraite prochaine du chancelier, de la destitution du cardinal et de la ruine publique que se joue cette nouvelle comédie qui rend cette pièce tragi-comique, » et quinze jours après, le même auteur, toujours à l'affût, nous apprend la consécration : « Il y a eu bal public au Palais- Royal, la nuit de dimanche au lundi. Le Régent y a paru, tenant sous le bras une nouvelle

maîtresse qui se nomme la duchesse de Fallari. »

De son côté, M™* de Vauvray n'était pas restée inactive. Elle n'avait pas voulu laisser à M""^ de Sabran seule le médiocre honneur de recruter une nouvelle amie au Régent et le public fredonnait :

Sabran, leste et pimpante, Conduisait Falarîs Comme la présidente Si célèbre à Paris.

Je cherche le Régent ; voici bien son affaire. Chez le petit poupon, — don, don, Enfin, il arriva, — là, là, Mais avec Parabère (i).

Malheureusement, auprès du duc d'Orléans, la nouvelle situation occupée par M™" de Fallary n'était pas assurée et la jeune femme en fit vite Texpérience. Comme plusieurs de ses collègues, elle ne fut jamais qu'une maltresse intermittente. Dès le 5 décembre. Marais nous apprend que « sa fortune a passé comme une ombre. L'étoile de M"™* de Parabère a été plus forte que la sienne. On a tant couru, intrigué et tourmenté le Régent qu'il est revenu à sa

(1) Chansonnier Clairamhault-Maurepas, t. HI. Paris,

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