‹ La Duchesse de Fallary (1697-1782), d'après des documents inéditsChapitre 37 sur 92 · CHAPITRE VU. H · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU. H

la crainte, insista.... pour demander cinquante écu3 nécessaires à son voyage, et le maréchal les lui fit compter, espérant, comme tant d'autres, remettre un viatique qui n'était la plupart du temps qu'un aller et retour (*).

L'aventurier gagna les Pays-Bas, où il passa une grande partie de l'année 1724. Toujours peu difficile sur les moyens à employer pour réussir, il exhiba partout la lettre de Flemming, comme témoignage de recommandation, semblant prendre ses nouveaux hôtes pour bien bêtes ou bien crédules. En Hollande, il contij pua à vivre comme à Dresde, c'est-à-dire t à cette mode italienne que les Saxons n'avaient pas voulu permettre, » mais les Hollandais

n'entendaient pus mieux ses penchants particuliers. Le sieur de Ghambéry, chargé des affaires du roi de France à la Haye, prévint la famille du duc que les juges de la cour de Hollande étaient prêts à le juger pour « son crime abominable. » La peine était radicale. On embarquait la nuit le condamné sur une chaloupe et, à un quart de lieue du rivage, on le jetait à la mer avec son procès, après avoir pris la bonne

(1) Archives principales de l'État de Saœe. Correspondance du maréchal comte de Flemming, vol. LXVIII, loc. 685.

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précaution de lui attacher un boulet à chaque pied. Le duc de Luxembourg et le duc de Montmorency, dont lo régiment était alors à la frontière des Pays-Bas, confirmèrent cet avertissement. Il était malheureusement impossible de faire enlever le coupable pour le transporter en France; il avait obtenu des lettres de bourgeoisie à Leyde, quoiqu'y ayant été enfermé pour dettes et, pour rinstant,il se tenait caché

à Amsterdam. Après pourparlers avec le président de la cour, Ghambéry convint qu'on se contenterait, comme pièces nécessaires à Tincarcération, d'un certificat de mauvaise con* tiuite contraire aux bonnes mœurs et d'une procuration de la famille. Celle-ci fut bientôt envoyée avec les signatures de Roise, de la duchesse de Béthune, du duc de Luxembourg, du prince de Tingry et de quelques autres parents, mais Falary, qui avait eu vent de l'affaire et surtout du supplice réservé à ses semblables, ne se souciait pas plus des boulets à recevoir sur un champ de bataille que de ceux qu'on pouvait lui attacher aux pieds. Il décampa et se réfugia à Liège où, grâce à de nouveaux emprunts contractés sous le n^im de duc de Charenton ('),

(1) Il n'était pas duc, mais seigneur de Charenton.

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