‹ La Duchesse de Fallary (1697-1782), d'après des documents inéditsChapitre 38 sur 92 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

il obtint vite un abri.... dans la prison de la ville (*).

Avec sa duplicité, ses stratagèmes habituels, sa tartuferie, sa chance et la protection occulte qui raccompagnait partout, il trouvait moyen de sortir de prison presque aussi facilement qu'il y entrait. Les Liégeois lui donnèrent la clef des champs ou plutôt le chassèrent, ce dont il profita pour se diriger vers Rome avec son bagage d'escroqueries, de vols, de faux, de scandales et d'abjections. Comment put-il, en approchant de la ville éternelle, transformer cette collection de tares en vertus? Mystère. Toujours est-il que le pape Benoît XIII le reçut avec bienveillance et lui confirma son titre de duc de Falary le 26 septembre 1725(2). Il fit plus. Quatre mois plus tard, il envoya au roi d'Espagne une lettre recommandant vivement Falary pour une haute situation militaire, au roi d'Espagne qui avait chassé le flibustier de son royaume et avait failli déjà lui offrir une potence comme situation élevée. La réponse fut ce qu'elle devait être : un refus.

. Le duc, habitué à ces fins de non-recevoir,

(1) Archives du 77iinistère des A flaires étrangères^ ms. 1247.

(2) Archives du Vatican,

reprit la route de Vienne, où il arriva presque nu. Un Français, le traiteur La Chapelle, rhabilla, le logea, le nourrit, bontés auxquelles il répondit en filant à la sourdine, sans oublier d'emporter 2,000 livres de son trop crédule compatriote (*).

Décadence et grandeur ! Le mendiant, Tescroc de 1726 était, en 1727, colonel d'un régiment de dragons polonais. Falary colonel l L'électeur de Saxe, Auguste II, avait d abord énergiquement refusé de signer le brevet, puis à la suite de recommandations — toujours — du duc de Richelieu, du marquis de Perlas Rialp, ministre de l'empereur, même de l'ambassadeur de France, il avait laissé faire à contre-cœur, déchargeant sa responsabilité sur le grand général seigneur de Pologne. Cette nomination était d'autant plus bizarre que le régiment de dragons possédait déjà un colonel connaissant parfaitement son métier; Falary se trouva donc colonel en survivance, mieux vaudrait dire en prévention, et, devenu chef de cette troupe, fut obligé de la suivre quand elle alla en Courlande en 1728. A son retour, il fut

(1) Archives du ministère des Affaires étrange res, Autriche, Tol. 152, fol. 42.

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