‹ La Duchesse de Fallary (1697-1782), d'après des documents inéditsChapitre 51 sur 92 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

M»ne de la Meilleraye. — Générosité de la duchesse pour ses frères. — Elle donne à jouer. — Installation d'un jeu. — Les joueuses du moment. — Naïve ignorance de M™® d'Haraucourt. — Dédain pour M™« de Pompadour. — Pâris-Duverney. — La conversation de Mme de Fallary. — L'archevêque de Reims. — • Sa maladie. — Ses goûts sociables.

Devant ses beaux-frères, M™*' de Fallary sortait ses griffes; devant sa mère et ses frères, elle montrait patte de velours. D'un côté, c'était la femme méticuleuse, chicanière, aigre-douce, luttant pour Targent; de l'autre, c'était la fille ou la sœur compatissante, bénévole, charitable, qui laissait couler de sa main les sommes qu'elle venait d'enlever à la force du poignet.

Sa mère vivait modestement en Bugey ; son frère cadet, le chevalier d'Haraucourt, nommé capitaine le 20 novembre 1727, trouvait sa solde bien maigre pour tenir son rang au régiment de Navarre, et l'aîné, le marquis, n'avait guère le temps de s'occuper de ses lerres. Il

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faisait de courts séjours à Saint-André-de- Briord ou à Belley pour assister aux assemblées de la noblesse (0, puis revenait à Paris filer aux pieds de M"'* de la Meilleraye, jolie femme dont l'esprit ne répondait pas au visage.

La belle la Meilleraye,

Qui n'a pas le sens commun,

Vint montrer sa fausse braye, etc. (2).

Cette M™^ de la Meilleraye, née en 1695, était la fille du prince de Soubise et avait été mariée en 1717 au fils du duc de Mazarin, le duc de la Meilleraye, espèce de fou et d'étourdi, mauvais sujet fréquentant une compagnie déplorable et mis à rindex de la société (3). Il avait été condamné à un an de prison pour avoir donné des coups de fouet à un prêtre et passait ses journées à boire, préférant de beaucoup le Champagne à sa femme. Il est vrai que Tun était plus capiteux que Tautre !

M™« de Fallary servait donc annuellement une rente à sa vieille mère, aidait de temps à autre son frère aîné et se dépensait de toutes façons pour le cadet. Celui-ci, qui tenait cam-

(1) Nobiliaire de VAin^ par Jules Baux.

(2) Chansonnier Clairambault-MaurepaSy t. IV.

(3) C'est l'archevêque de Reims qui avait conclu ce mariage, manquant ainsi une belle occasion de s'abstenir.

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