CHAPiTRE X
jyjœe ^Q Fallnry s'était donc vue obligée de le remplacer et la tache rravait pas été difficile. Un autre de ses intimes, Ricome de la Figarède, avait quitté l'armée comme exempt des Cent-Suisses, après avoir fait la campagne d'Allemagne en qualité d'aide de camp du marquis de la Fare, et le voyage d'Espagne avec le duc de Richelieu (1). Sa brillante conduite dans la vie militaire avait été récompensée par la croix de Saint-Louis; sa conduite beaucoup moins brillante dans la vie privée avait été couronnée par le départ de sa femme, Marguerite Cambon, fille d'un conseiller du roi, qui était allée habiter son pays natal, Montpellier, en compagnie de sa fille unique Jeanne. Celle-ci avait épousé en 1747 messire Joseph de Gévaudan, duquel elle se sépara cinq ans plus tard; les deux femmes devaient donc parfaitement se comprendre.
D'une habileté très inférieure à celle de Vauvray, la Figarède avait pourtant avec lui deux points communs : il était prodigue et déréglé. jjnie ^Q Fallary ne lui en confia pas moins ses intérêts, lui donna son cautionnement pour des
(1) Archives du Ministère de la guerre. — Archives natioîiales, ZiA 507.
178 LA DUCUESSE DE FALLAHY.
emprunts et lui signa une procuration pour la gérance de ses domaines et de sa fortune mobilière. Quand elle établit avec les Chaulnes le contrat lui assurant une rente de 5,000 livres, elle n'eut garde d'oublier Ricome, ou bien celui-ci n'eut garde de se laisser oublier; la rente devait être partagée en deux ; la grosse partie, 4,500 livres, à la duchesse, et la petite, 500 livres, à la Figarède, celle-ci disparaissant à sa mortCO.
Par affection, et peut-être aussi par précaution, M"'® de Fallary força, en 1764, son ami-régisseur à venir loger à côté d'elle faubourg Saint-Honoré; elle habitait ;iu n° 20(2), il choisit le 18, où il prit au premier étage un appartement de 500 livres. Elle l'aida à meubler ce nouveau local et, comme elle y passait une partie de ses journées, fit peu à peu porter là des objets et des tableaux qui lui étaient familiers.
La mort interrompit cette intimité. Ricome de la Figarède expira le 20 avril 1766, laissant les affaires de sa cliente dans un état médiocre et les siennes dans un état déplorable. Les
(1) Étude de M" Legay, notaire à Paris.
(2) Ce fat plus tard l'hôtel Sébastiani, célèbre par le meurtre de la duchesse de Praslin.