‹ La Duchesse de Fallary (1697-1782), d'après des documents inéditsChapitre 6 sur 92 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

sa fille. Celle-ci ne devait toucher cette somme qu'en dot et sa mère avait la charge de l'entretenir jusqu'à son mariage ou son entrée au couvent, vocation qui resta toujours à l'état fort embryonnaire chez la future soupeuse du Palais-Royal. Par une habile précaution capable de donner le change, il émettait le vœu, si ses enfants venaient à disparaître, que sa fortune allât aux d'Haraucourt d'Ocrain (0 de Lorraine, avec lesquels il n'avait nul lien de parenté. Peut-être était-ce, dans son esprit, la rançon du nom qu'il leur avait pris W.

. La tristesse n'est chez la jeunesse qu'une affliction passagère. Sous le manteau d'étamine noire auquel l'obligeait son deuil, M™» d'Haraucourt dut plus d'une fois sentir son cœur battre, moins de douloureux regrets que de souriants projets d'avenir. Elle estimait que son mariage sans amour avait été un simple contrat en vue de la continuation d'un nom, contrat engageant

(1) Ce nom de d'Ocrain, que d'Haraucourt donnait à une branche de sa soi-disant famille, n'existe dans aucune généalogie ; il y avait seulement les d'Haraucourt, seigneurs de Germiny, qui portaient le titre de baron de Lorquin. L aventurier devenu grand seigneur ignorait probablement le nom exact de ses parents I

(2) Aj^chives du département de VAin, E. 76. — Archives nationales» T 1130% Y 55. — Nobiliaire du département de VAin, par Jules Baux.

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la constance du mari — et pour cause — mais n'engageant pas la fidélité posthume de la femme. Elle avait donc mis ses fils au collège Louis-le- Grand à Paris et repris ses relations avec ses

amis de la province. A en croire Matthieu Ma-

rais, elle ne fut jamais une misanthrope; sa I nature des moins farouches la poussa à revoir à Grenoble la famille Tencin, avec laquelle les la Blache étaient liés depuis longtemps. Parmi les cinq représentants de cette maison, elle accorda son amitié, pour ne pas dire son aflfection, au président de Tencin (*), agioteur et débauché, frère aîné du futur cardinal et de M™* de Tencin, cette politicienne consommée qui avait tous les vices de Tàme et tous les dons de Tesprit.

Quoique M""* d'Haraucourt se contentât de donner à sa fille Marie-Thérèse l'éducation élémentaire, douce et sereine, du xviii® siècle, où les femmes semblaient faire leur esprit avec des fautes d'orthographe, leur bon sens avec de

(1) Dans la préface de son livre : Intrigues et missions du cardinal de Tencin, M. Maurice Boutry a écrit : « Son frôre, le président de Tencin, ent Tavantage de précéder le Régent dans les bonnes grâces de la dachesse de Phalaris. > Cette assertion n*est appuyée d'aucun témoignage contempoirain et je n'en ai trouvé nulle trace dans les Mémoires du temps.

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