CHAPITRE X
celle-ci écrivait à sa fille pour la remercier, lui donner de sages conseils et lui témoigner son amertume de la conduite de ses fils :
Saint-André, 20 avril 1754.
....Je ne vous fais pas mystère de vos frères; ils me font souvent la mine, surtout le chevalier. Peu m'importe.
Saint-André, 21 mars 1756.
....J*oublie vos ingrats de frères et les laisse tels, qu'ils sont. Par vos bontés, je me mets en peine des mauvais propos que le marquis tient de moi en disant que je les ai ruinés. Au contraire, je me suis mise presque à la misère pour leur éducation pendant dix années au collège comme des grands seigneurs. Cela vous donne plus de 6,000 fr., maig, comme vous êtes mon héritière, vous leur ferez bien rendre gorge des 45,000 fr. qu'ils vous ont volés. Je ne leur en fais pas mystère. Méprisez aussi les mauvais discours qu'ils tiennent de vous.... Ménagez- vous dans votre convalescence, surtout point de veillée et qu'à minuit vous soyez dans votre lit, et toujours vos parties de jeux!
Saint-André, 14 août 1756.
....Ne craignez rien, mes lettres ne nous sont point interceptées, par les sûretés que je prends. Je sens très bien que mes fils seraient curieux de
par le Suisse Paracelse. L'habile Garus et son élixir eurent une grande vogue sous la Régence. Ce médicament n'était ni meilleur ni pire que la plupart de ceux d'aujourd'hui.
savoir ce que nous nous écrivons; leurs affaires me sont très indifférentes du moment qu'elles ne me regardent pas directement. Soyez persuadée que je me fais tenir le respect qu'ils me doivent.... Si le marquis a cru se justifier auprès de moi de son mauvais procédé à votre égard, il s'est totalement trompé. Je l'ai toujours trouvé très ingrat à l'un et à l'autre. N'en parlons plus et laissons-les pour ce qu'ils sont.... Je vous avoue qu'ils me considèrent comme étrangère, me faisant mystère de toutes leurs affaires. Ils ont beau faire, tout le monde me regarde toujours comme la maîtresse absolue de Saint-André et vous la serez peut-être un jour. Mille actions de grâce pour les cent écus dont vous avez la bonté de me faire encore cadeau.
Saint-André, 13 juin 1761.
....Merci encore, ma chère fille, pour vos quatre bouteilles d'élixir de Garus. Vous voilà donc assiégée de quatre procès; je tremble que vos sollicitalions n'allèrent votre santé.... Je ne vous parle pas de vos frères.
Ce n'était plus la môme chanson qu'à Tépoque où elle terminait ainsi :
Le marquis chante conlinuellement vos louanges et le chevalier fait chorus.
Le temps est un habile homme d'affaires qui résout bien des difficultés. Il finit par rapprocher M""® de Fallary de Pàris-Duverney, de