‹ La Duchesse de Fallary (1697-1782), d'après des documents inéditsChapitre 78 sur 92 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

embrasser les jeunes gens, et sous le prétexte de je ne sais quelle parenté, elle me fit cette faveur, dont on peut croire que je me serais bien passé. On l'appelait la mère Jézabel, et ce nom lui allait à merveille (0. »

Et Lemontey ajoute dans son Histoire de la Régence : « Plusieurs personnes vivantes ont connu la duchesse de Falari. Elle étalait dans une extrême vieillesse les fruits de Téducation de la Régence. Elle était si couverte de fard que, par une allusion aux beaux vers de Racine dans le songe d'Athalie, on la nommait vulgairement la reine Jézabel. Sénac de Meilhan nous apprend que, par un autre jeu de mots, les courtisans appelaient un autre gentilhomme provincial, qu'elle soldait pour le service de sa chambre, le taureau de Phalaris (2). »

Lemontey, historien sobre et consciencieux,

(1) Duc de Lévis : Souvenirs et portraits, publiés par Barrière. Paris, 1879

(2) Les neaf dixièmes des lecteurs auront oublié, comme je l'avais oubliée aussi, l'histoire du taureau de Phalaris; la voici, d'après Bouillet : Phalaris, tyran d'Agrigente, qui vivait vers 566 avant Jésus-Christ, était effroyablement cruel. Un habile mécanicien, nommé Pérille, inventa pour lai un fameux taureau d'airain destiné à enfermer les condamnés qu'on voulait brûler à petit feu. Phalaris en fit l'essai sur le créateur lui-même, manière répréhensible d*accorder un brevet d'invention.

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a manqué là de précision. Il est impossible de trouver dans les œuvres de Sénac de Meilhan trace de cette allégation; j'ai vainement parcouru de multiples volumes pour savoir quel pouvait être Fauteur de cette plaisanterie et je n'ai rien découvert. J'en suis donc réduit à supposer que le calme écrivain s'est laissé aller lui-même, dans un moment d'oubli, à un jeu de mots que son manque d'habitude l'a forcé à faire facile.

La chance ne m'a pas aidé lorsque j'ai voulu connaître le nom du gentilhomme provincial.

D'après M. le comte de Toulgoët (Revue des questions héraldiques, août-septembre 1902), Duclos aurait désigné le chevalier de Beringhen; j'ai donc lu Duclos et j'ai constaté qu'il n'en soufflait mot. Que penser? Pendant ses deux dernières années, M"* de Fallary habita en commun avec Vauvray, leur intimité ne se descella point, ils se voyaient à chaque instant, vivaient de la même vie; Girardin de Vauvray fut un homme actif, remuant, laborieux, infatigable au plaisir, infatigable à l'ouvrage, il travailla comme un bœuf, mais de là à en faire un taureau!.... Je laisse à d'autres le soin d'éclairer cette question nébuleuse.

Comme dernier témoignage, je citerai La-

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