CHAPITRE XIII
mothe-Langon, dont Timagination a guidé la plume dans les lignes ci-dessous. Il fait parler Louis XVIII W :
« En 1779 (-) mourut une fem.me galante qui avait survécu à son siècle, dont, à part sa décrépitude, elle était demeurée la représentation vivante. J'ai peu vu autant de déraison, de laisser aller, d'effronterie; c'était une vieille avec toutes les passions de la jeunesse, une folle à Tair pétillant de malice, hardie, impudente même, ne rougissant plus et ayant toute honte bue; depuis longtemps ne pouvant plus être galante pour son compte, Tàge y ayant mis bon ordre, elle Tétait pour autrui; on la voyait exciter les jeunes personnes à mal faire, les désigner aux hommes et puis jouir des scènes d'éclat lorsqu'on le lui reprochait.
« Que voulez-vous, répondait-elle, à chacun ses humeurs, il faut que je continue à me battre d'une façon ou d'une autre; je prétends mourir sur le champ de bataille. »
« Le duc d'Ayen, à qui on répéta ceci, dit alors : « Elle aura le regret que ce ne sera pas les armes à la main. »
(1) Soirées de S. M. Louis XVIII, par le duc de *" (Laraothe-Langon), t. I. Paris, 1835.
{2j On verra plus loin que M™* de Fallary mourut en 1782.
230 L\ DUCHËSSK DE FALL/lRY.
« Cette dame était la duche«se de Phalaris, duchesse non de France, non de fait royal, mais du pape; c'était de ces duchés qu'on faisait ronfler à la ville et qui étaient siffles à Versailles où ils ne donnaient ni rang, ni considération, ni agrément.
« Venue de je ne sais où, mariée à un d'Entraigues, elle avait débuté brillamment dans les fastes de Cythère et obtenu, bien jeune encore, les honneurs du mouchoir de la part du duc d'Orléans.... Son trépas épouvanta la duchesse, mais ne la flt pas changer, et lorsqu'elle eut gardé le veuvage d'étiquette quinze jours ou trois semaines, elle reparut à la cour plus belle que jamais et surtout bien déter minée à marcher dans la route qu'elle s'était tracée d'aborder. Elle en flt tant qu'elle aurait eu beaucoup à dire. Sa conversation était très divertissante; je ne l'ai jamais vue, mais Montesquiou m'en a si souvent parlé que je la savais par cœur. Elle avait une haine plaisante pour M'"' de Pompadour et la du Barry, haine fondée non sur le rôle qu'elles jouaient, mais sur la bassesse de leur naissance.
« Un roi, prétendait-elle, ne doit pas plus déroger dans sa vie privée que dans sa vie publique. Louis XIV se montra grand jusque