SCÈNE III
LE DUC, PALAMOS, un livre à la main.
PALAMOS.
Votre seigneurie voudrait-elle me dire ce qu’elle pense de cette phrase de M. de Martens sur la position des neutres dans les guerres maritimes?
LE DUC
En ce moment, cher neveu, j’aimerais mieux vous parler de votre position à vous.
PALAMOS.
• De ma position !
Oui, votre santé me semble s’altérer sérieusement depuis votre arrivée en France.
PALAMOS, étonné.
Ma santé, à moi ?
LE DUC
Malgré vos études sérieuses vous vous ennuyez beaucoup, et vous finirez par tomber gravement malade. Ne pensezvous pas que le climat natal de l’Espagne vous rétablirait?
PALAMOS.
Mais^ mon oncle, je ne m’ennuie pas du tout, j’ai l’aspect grave, c'est vrai, mais-au fond...
LE D'JC, a.Tjcla l un grand sérLux.
Taisez vous ! Je connais la cause de cette souffrance mystérieuse et incurable si vous restez ici.
PALAMOS, à part.
Ah! ça, pourquoi \ eut-il me renvoyer?
LE DUC
Remarquez que je ne vous fais nul reproche. Vous. êtes jeune, vous n’avez pu voir sans admiration une personne dont la beauté, j'en conviens, excuse votre entraînement. Vous l’aimez, je le crois, sans vous l’avouer à vous-même ; mais les actions trahissent souvent ce qu’on n’ose penser.
PALAMOS. „
En ce cas, mon oncle, je serais heureux de connaître une seule de ces actions; cela me fera peut-être deviner la personne...