ACTE CINQUIÈME
rougirait do voir la justice souiller les tapis de ses salons?... Il fait emporter par deux serviteurs le jeune officier trouvé mort chez sa femme, (c’était un officier) et ces serviteurs aveuglément dévoués vont le déposer non loin de son hôtel. Dans le temps où nous sommes, on attribuera l’événement aux suites d’une querelle de parti.. Mais, comme après tout, il était possible que l’amant vécût encore, ces serviteurs ont eu soin par précaution, et pour obéir à leur maître, de frapper le cadavre d’un coup de poignard !
LA DUCHESSE, se dressant toute droite avec un cri terrible.
Ah! je suis folle!!! (D'un bond elle s’élance au canapé ot soulève le manteau qui laisse voir sur un des coussins deux épées.) Frappé!...
frappé par vous 111 Et vous dites vous-même qu’il vivait peut-être!...
LE DUC
J’ai fini, vous voilà debout... Partons! madame!
LA DUCHESSE, saisissant une dos épées et accourant l’offrir au duc.
Monsieur, je suis coupable, vous devez me tuer, je veux mourir!.., Frappez!
LE DUC
Je ne vous crois pas coupable 1
Je le suis, vous dis-jo, frappez donc!
LE DUC, prenant l’épée mais abaissant la pointe vers la terre.
Non! vous calomniez madame de Montemayor. Je crois à votre serment d’hier.
Je no le ferais plus aujourd’hui! Je suis à Fernand, et je ne veux plus être à vous; je vous hais et je l’adore toujours. Tuez-moi donc ! vengez votre honneur!... (avec passion) j’appartiens à Fernand!
LE DUC, avec rage et lovant son épée.
Eh bien!...
ASPINVAL, qui guettait, la main sur l’autre épée, la saisit alors et vient se jeter l'arme haute entre le duc et la duchesse.
“ En instant, monsieur! vous oubliez le chevalier des femmes! C’est le moment d’écouter ce que j’accourais vous dire... Et vous, madame, ne mentez pas davantage.
LE DUC
Laissez-moi, misérable! sortez!
ASPINVAL.
Impossible !
LE DUC
Ne voyez-vous pas que mon épée refuse de toucher la vôtre! espion! valet!,,, sortez donc!
LA DUCHESSE DE MONTERA YOR x